Cyclisme / Tour de France 2012 - 
Article publié le : mardi 10 juillet 2012 à 21:04 - Dernière modification le : mardi 10 juillet 2012 à 23:38

Rémy Di Grégorio se trompe de route

Rémy Di Grégorio à Liège, le 28 juin 2012.
Rémy Di Grégorio à Liège, le 28 juin 2012.
AFP PHOTO / PASCAL PAVANI

Par Farid Achache

La première journée de repos du Tour de France 2012 a été marquée par une nouvelle affaire de dopage. Rémy Di Grégorio, grimpeur de l'équipe Cofidis, a été interpellé tôt ce matin à l'hôtel de Bourg-en-Bresse (Ain) où séjournait son équipe. Promis à un bel avenir, le cycliste semble avoir pris une mauvaise direction.

De notre envoyé spécial sur le Tour de France,

Cela devait être une journée de décontraction pour les coureurs et les suiveurs du Tour de France 2012. Mais cette matinée du mardi 10 juillet a été marquée par l‘annonce de l’arrestation de Rémy Di Grégorio, 26 ans, grimpeur de l’équipe Cofidis. Une équipe qui n’avait pas besoin de cette nouvelle publicité, après un début de saison catastrophique et le limogeage d’Eric Boyer, ancien manageur, juste quelques jours avant le départ du Tour.

Un coureur promis à un bel avenir

Rémy Di Grégorio lors du contre-la-montre entre Arc-et-Senans et Besançon, le 10 juillet 2012.
REUTERS/Bogdan Cristel

Rémy Di Grégorio a été interpellé dans une affaire présumée de dopage, à l'hôtel de Bourg-en-Bresse (Ain) où séjournait son équipe pendant la journée de repos du Tour. Le coureur a été placé en garde à vue dans le cadre d'une commission rogatoire ouverte en juin 2011, alors qu'il était membre de l'équipe Astana, pour trafic de produits dopants en bande organisée.

Le cyclisme renoue avec ses vieux démons et éclabousse encore une fois le Tour de France. L’acteur du jour se nomme donc Rémy Di Grégorio, un garçon très talentueux rapidement mis en avant après une grande échappée dans le Tour 2008. Sous les couleurs de la Française des Jeux, il avait fait une très belle étape en franchissant le col du Tourmalet (Pyrénées) en tête. On voyait déjà en lui un futur vainqueur du maillot à pois. L'année précédente, une chute et une fracture du coude l'avaient empêché de briller à Marseille, sa ville natale. Ce fût une grande déception pour lui.

« C’est un garçon attachant et sympa »

Mais le coureur n’a jamais réellement confirmé. Pourtant, les choses avant bien commencé pour le Marseillais. Amateur dans le vélo club de La Pomme Marseille, une institution dans le monde du vélo, il remporte en 2003 le titre de Champion de France du contre-la-montre junior. En 2005, il signe son premier contrat sous les couleurs de la Française des Jeux et s’offre une étape du Tour de l’avenir l’année suivante. Il réalise en 2007 un très bon Critérium du Dauphiné en s'adjugeant le maillot à pois de meilleur grimpeur. Marc Madiot, manageur de l'équipe FDJ-Bigmat s’est dit aujourd’hui déçu sur l’antenne de la radio RTL. « C’est un garçon attachant et sympa et je ne vais pas renier les bons moments passés avec lui », a-t-il avoué.

Après une saison chez Astana en 2011, Rémy Di Grégorio n’avait pas voulu resigner dans l’équipe Kazakhe. Avec eux, il avait retrouvé le goût de la victoire en gagnant une étape sur Paris-Nice. Il avait terminé 39e du Tour alors que le leader Alexandre Vinokourov avait quitté la course après une chute grave (fracture du fémur).

Fin avril 2012, avec Cofidis, Rémy Di Grégorio remporte la troisième étape du Tour des Asturies en Espagne et termine troisième du classement général. Il signe ainsi son premier podium sur une course par étapes depuis son passage chez les professionnels. Il obtient une nouvelle troisième place sur une course à étapes début mai, lors du Tour de la communauté de Madrid.

Un cas isolé selon Cofidis

Yvon Sanquer, le managuer de l'équipe Cofidis lors de la conférence de presse, le 10 juillet 2012.
REUTERS/Bogdan Cristel

« Il y a un coureur qui s'est égaré, à priori, c'est une démarche individuelle fort regrettable (...), mais ça ne remet pas en cause l'équipe en soi et la volonté de garder la ligne éthique qui est la sienne », a annoncé Yvon Sanquer, le manageur de l'équipe lors d'une conférence de presse mardi après-midi.

Depuis sa création en 1997, Cofidis a déjà été secouée par des affaires liées au dopage. La principale, qui touchait plusieurs coureurs, avait éclaté en 2004 (entre autres, Philippe Gaumont et David Millar) , provoquant un changement radical à la tête de la direction sportive. En 2007, le contrôle antidopage positif de l'Italien Cristian Moreni avait amené l'équipe à quitter le Tour de France dans les Pyrénées, bien que ce cas ait été avéré par la suite comme isolé. Suspendu à titre conservatoire par son équipe Cofidis, Rémy Di Grégorio risque d'être licencié si les faits sont avérés.

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