Pierre Rolland dompte les Alpes
Pierre Rolland (Europcar) s'est emparé de la 11e étape entre Alberville et La Toussuire jeudi 12 juillet. Parti très tôt dans un groupe d'échappée d'une vingtaine de coureurs, il s'est finalement débarrassé de ses trois derniers compagnons dans les dix derniers kilomètres. Il confirme ainsi sa belle victoire à l'Alpe d'Huez en 2011.
De notre envoyé spécial sur le Tour de France,
Fabian Cancellara n’aura pas eu le loisir de voir l’équipe Sky essorer le peloton de ce 99e Tour de France ou alors d’apprécier la victoire de Pierre Rolland. Le Suisse, premier Maillot jaune de cette édition, n’a pas pris le départ ce matin. Le soleil, la montagne, le bruit des hélicoptères et la ferveur des supporters n’a visiblement pas motivé « Spartacus ». Son épouse devait accoucher.
« Cette étape me hantait »
Motivé, c’est bien le terme qu’il faut employer pour parler de Pierre Rolland, vainqueur l’année dernière à l’Alpes d’Huez et qui souhaitait renouveler l'exploit. A dix kilomètres de l’arrivée à la Toussuire, dans le plus grand domaine cyclable du monde (vallée de Maurienne), le coureur de la formation Europcar a décidé de mettre le turbo en laissant sur place ses trois compagnons d’échappée, Nicki Sörensen (Saxo Bank), Robert Kiserlovski (Astana) et Vasil Kiryienka (Movistar), malgré une chute sans gravité à 26 kilomètres de l’arrivée.
« Cette étape me hantait », s’est empressé d’avouer Pierre Rolland. Il a ajouté : « Je n’ai pas vu mes amis depuis six mois, j’ai tout sacrifié pour revivre l’émotion de l’année dernière. » A Liège, deux jours avant le départ de la Grande Boucle, Pierre Rolland avait indiqué que depuis le mois d’avril, toute sa préparation était axée sur une nouvelle victoire. « Les émotions que j’ai eues l‘année dernière, on les a que lorsque l’on fait du sport », nous avait-il confié.
« Je suis surpris d’avoir vu Cadel attaquer si loin du but »
Malheureusement pour Cadel Evans, les émotions de sa première victoire dans le Tour (2011) semblent derrière lui. Du moins pour le moment. Accusant un retard de 1’53” au départ de l’étape sur Bradley Wiggins, l’Australien a tenté son va-tout dans le Col du Glandon, situé à plus de 50 kilomètres de l’arrivée. Ce qui a fait réagir Bradley Wiggins : « Je suis surpris d’avoir vu Cadel (Evans) attaquer si loin du but. Il restait tout de même deux autres cols à passer. » Mais le coureur australien n’aura pas réussi à déstabiliser le train bleu de l'équipe Sky. Il payera même l’addition de cet effort à 6,5 kilomètres du but. Il concède 1’26” de retard et quitte le podium provisoire du Tour.
L’Italien Vincenzo Nibali avait aussi décidé de pousser Wiggins dans ses retranchements. En vain. Le Sicilien, qui avait décidé de faire en sorte de reprendre un peu de temps au classement général, se hisse finalement à la troisième place au général. Bradley Wiggins n'avait pas du tout envie de montrer la moindre faiblesse en ordonnant à son coéquipier Christpher Froome d'aller chercher le Requin de Messine. Mais il a tout de même concédé : « Nibali était très fort, je suis soulagé que cette étape soit terminée. »
Demain, entre Saint-Jean-de-Maurienne et Annonay (226 km), il sera difficile de mettre en danger l’équipe Sky. Bradley Wiggins devrait à nouveau faire un défilé pour le plus grand bonheur des spectateurs britanniques, de plus en plus nombreux sur les routes du Tour.
Le classement de l'étape et le général.

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