JO 2012 / Athlétisme - 
Article publié le : vendredi 10 août 2012 à 23:43 - Dernière modification le : samedi 11 août 2012 à 01:48

JO 2012 : le perchiste Renaud Lavillenie tutoie les étoiles

Renaud Lavillenie, le nouveau champion olympique du saut à la perche, le 10 aôut 2012.
Renaud Lavillenie, le nouveau champion olympique du saut à la perche, le 10 aôut 2012.
Reuters / Phil Noble

Par Farid Achache

Le perchiste français Renaud Lavillenie est devenu champion olympique vendredi 10 août en réussissant son tout dernier essai à 5,97 m, alors que ses deux adversaires allemands l'avaient poussé dans ses retranchements. Seize ans après le sacre de Jean Galfione à Atlanta, le Français de 25 ans, décroche l'or pour l'athlétisme français.

Tutoyer le ciel de Londres et toucher de près les étoiles. Le rêve s’est concrétisé pour Renaud Lavillenie qui remporte l’or olympique du saut à la perche avec une barre à 5,97 mètres. Bjorn Otto et Raphael Holzdeppe complètent ce podium en sautant 5,91 m, le même que lors des derniers championnats d’Europe à Helsinki. Renaud Lavillenie, 25 ans, bat le record olympique (5,96 m).

Un bel hommage à Pierre Quinion

Bjorn Otto (g), Renaud Lavillenie et Raphael Holzdeppe, le podium olympique du saut à la perche, le 10 aôut 2012.
REUTERS/Phil Noble

Seize ans après Jean Galfione, le sauteur qui s’entraîne en Auvergne, stakhanoviste jusqu’à installer un sautoir dans son jardin, rend un bel hommage à Pierre Quinion, le premier perchiste français à remporter l’or olympique aux JO de Los Angeles, en 1984, qui s'est donné la mort il y a tout juste un an. Il met aussi fin à une attente interminable en athlétisme, les derniers succès tricolores remontant aux JO d'Atlanta, avec Marie-José Pérec (200/400 m) et Jean Galfione pour qui Renaud Lavillenie « est un mec bien ».

Seul à avoir passé ses trois premières barres (5,65/ 5,75/ 5,85 m) au 1er essai, Lavillenie a ensuite tremblé. En effet, le vétéran allemand Otto et le jeune Raphael Holzdeppe ont franchi tous deux 5,91 m à leur première tentative, alors que lui-même échouait. Assuré de la médaille de bronze néanmoins, le Français décide de sauter directement à 5,97 m, avec deux essais à sa disposition. Il échoue au premier, avant de passer le deuxième. « J’étais dos au mur mais j’avais l’impression d’être en France. Il y avait une ambiance extraordinaire », avoue Renaud Lavillenie. Et il ajoute : « Il n'y a qu’avec l’adversité qu’on peut faire des choses extraordinaires. Franchir 5,97 m, c'est le moment le plus important de ma jeune carrière, c'est génial. »

Remettre les compteurs à zéro

Renaud Lavillenie.
REUTERS/Phil Noble

Avec un physique atypique pour un perchiste (1, 77 m et 69 kilos), mais une course d’élan extrêmement rapide, Renaud Lavillenie, doté d'une explosivité remarquable fait partie d’une famille où la perche est une religion. Le grand-père, le père et le frère ont tous gouté à la discipline. Renaud, lui, avait passé le niveau international fin 2008, en indoor, et l’excellence dès l'année suivante avec 6,01 m, le 21 juin 2009 à Leiria (Portugal).

Mais même s’il est l’un des meilleurs de sa discipline, Renaud Lavillenie est souvent passé à côté de l’or. A Doha en 2010, favori des Mondiaux en salle, il échoue dès les qualifications. A Berlin en 2009 puis à Daegu en 2011, aux Mondiaux en plein air, de nouveau favori, il sauve l'essentiel, avec à chaque fois une médaille de bronze. Forcément déçu de la couleur.

Dès lors, Renaud Lavillenie comprend que « dans un grand championnat, on remet tous les compteurs à zéro ».  Renaud Lavillenie qui refusait d’être considéré comme le favori numéro de ces JO 2012 a enfin trouvé la consécration. Cette ténacité lui offre une place au Panthéon de la perche mondiale.

 

tags: Athlétisme - JO 2012 - Sports
Sur le même sujet :
Réagissez à cet article
Commentez cet article en tapant votre message dans la zone de texte. Le nombre de caractères est limité à 1500 ou moins.
(0) Réaction

Fermer