JEUX OLYMPIQUES / LONDRES 2012 - 
Article publié le : dimanche 12 août 2012 à 19:20 - Dernière modification le : lundi 13 août 2012 à 11:12

JO 2012 : la délégation française, entre satisfactions et déceptions

Florent Manaudou a éclaboussé de sa classe la finale du 50m nage libre.
Florent Manaudou a éclaboussé de sa classe la finale du 50m nage libre.
REUTERS/Gary Hershorn

Par Grégoire Remund

Les Jeux olympiques cuvée 2012 touchant à leur fin, l’heure est naturellement au bilan dans le camp français. Si les nageurs (sept médailles dont quatre en or) et les judokas (sept médailles dont deux en or) ont fait mieux que remplir leur contrat, les athlètes engagés dans les épreuves de cyclisme (route et BMX), d’escrime et de voile, pour ne citer que ces disciplines, n’ont pas été à la hauteur de l’évènement. Revue d’effectif.

ATHLETISME

Enfin de l'or pour l'athlétisme français. Renaud Lavillenie remporte l'épreuve du saut à la perche et succède à Jean Galfione et Marie-Josée Perec, derniers médaillés d'or français à Atlanta en 1996. Une disette qui aura duré seize ans. Mahiédine Mekhissi s'offre l'argent sur le 3000 m steeple comme à Pékin en 2008. Tous les deux sauvent donc le bilan tricolore au terme de Jeux dont Christophe Lemaitre n'aura pu être le leader annoncé.

BASKET-BALL

C'est LA sensation de ces JO côté français ! L'équipe de France féminine a empoché, contre toute attente, la médaille d'argent du tournoi de basket-ball, la première de son histoire, après s'être inclinée en finale face à d'indétrônables Américaines (invaincues depuis les Jeux de Barcelone en 1992). Après un parcours sans faute en poule, les « Braqueuses », cornaquées par la révélation Céline Dumerc, se sont brillamment défaites des Tchèques en quart puis des Russes en demi. A n'en pas douter, une équipe est née.

CANOË-KAYAK

Le canoë-kayak français se porte bien, merci ! Les deux champions olympiques, Tony Estanguet (canoë slalom) et Émilie Fer (kayak slalom), ont marqué à jamais l'histoire du sport tricolore. Le premier pour avoir ravi sa troisième médaille d'or olympique (en quatre olympiades), ce qui en fait le seul Bleu à être sacré trois fois aux JO sur la même épreuve ; la seconde pour être devenue la première française à remporter un titre olympique en kayak.

La meneuse Céline Dumerc, véritable révélation de l'équipe de France féminine de basket-ball.
REUTERS/Sergio Perez

JUDO

Sept médailles dans leur escarcelle dont deux en or : le judo français a retrouvé de belles couleurs lors de ces Jeux londoniens. Pourvoyeuse coutumière de titres, l’équipe de France était attendue au tournant. Et elle a répondu présente. Les deux chefs de file Teddy Riner (+100kg) chez les hommes et Lucie Décosse (-70kg) chez les femmes ont tenu leur rang de favoris : comme annoncé, ils ont l’un et l’autre décroché l’or.
Les championnes du monde Gévrise Emane (-63kg) et Audrey Tcheuméo (-78kg) avaient fait le déplacement à Londres avec les mêmes ambitions que leurs compatriotes. Elles ne sont pas parvenues à monter sur le toit de l’Olympe mais se parent tout de même de bronze.
Un métal qui, en revanche, a suffi au bonheur de la jeune génération emmenée par Ugo Legrand (-73kg), Priscilla Gneto (-52kg) et Automne Pavia (-57kg). L'avenir semble assuré à quatre ans des JO de Rio de Janeiro.

HANDBALL

Les Experts l'ont fait : ils ont été sacrés champions olympiques pour la seconde fois consécutive, un exploit historique. Lors d'un parcours sans quasiment aucune fausse note - à l'exception d'une défaite en poule contre l'Islande -, ils grimpent sur le toit de l'Olympe et deviennent sans conteste la meilleure équipe de handball de tous les temps. En finale, les Bleus ont pris le meilleur sur la Suède (22-21), une équipe qui a connu sa période de règne dans les années 1990.

Florent Manaudou s'est fait un prénom

NATATION

Si la natation n’était pas une discipline olympique, le bilan des Français lors de ces Jeux olympiques serait nettement moins reluisant. Sept médailles dont quatre en or (contre trois de ce métal dans toute son histoire jusque-là), troisième meilleure nation, derrière les intouchables américains et chinois… N’en jetez plus ! La France joue désormais dans la cour des grands.

A seulement 20 ans, Yannick Agnel a profité des JO pour passer du rang d’espoir au rang de star à la faveur de deux très grandes performances en 200m nage libre et au relais 4x100m. Outre ses deux médailles d’or, il a aussi rapporté l’argent sur 4x200m.
Ses échecs en série ont fait long feu. Camille Muffat, 22 ans, est devenue la reine du 400m nage libre, s’offrant au passage le luxe de terrasser la championne olympique en titre, la Britannique Rebecca Adlington.

Mais la véritable révélation de ces Jeux dans le camp tricolore, au regard de la portée de son exploit, fut Florent Manaudou, qui s’est imposé sur 50m nage libre. Celui qu’on imaginait vivre à jamais dans l’ombre de sa sœur Laure, héroïne des Jeux d’Athènes en 2004, s’est fait un prénom.

L'épéiste Laura Flessel-Colovic, chef de file d'une équipe de France d'escrime aux abois dans ces JO 2012.
REUTERS/Max Rossi

CYCLISME

Laurent Jalabert, le sélectionneur de l’équipe de France masculine de cyclisme sur route, n’a qu’un mot à la bouche depuis plusieurs jours : « déception ». Inscrits dans les épreuves de la course sur route et du contre-la-montre, Sylvain Chavanel, Arnaud Démare et Tony Gallopin (Mickaël Bourgain, spécialiste du Keirin, a été sélectionné uniquement pour une question de règlement) n’ont pas donné en effet la pleine mesure de leur talent. Au contre-la-montre, beaucoup d’espoirs étaient placés en Chavanel, auréolé d’un titre de champion de France dans cette épreuve. Mais voilà, le Châtelleraudais réalise son plus mauvais chrono de la saison et termine à une surprenante 29e place.

En BMX, les chances de médailles étaient nombreuses dans les rangs tricolores. Mais que ce soit Joris Daudet, champion du monde en 2011, Quentin Caleyron et Moana Moo Caille chez les hommes ou Laetitia le Corguillé, médaillée d’argent aux JO de Pékin en 2008, et Magalie Pottier, championne de France et du monde en titre, chez les femmes, tous sont repartis bredouilles. Des chutes à répétition, des mauvais départs et tout simplement un manque de tonus sont autant de facteurs pouvant expliquer les contre-performances des Français.

Sur la piste, Grégory Baugé n'a rien pu faire en finale de la vitesse individuelle face au Britannique Jason Kenny. Triple champion du monde de vitesse, le Guadeloupéen n'a pas obtenu la consécration tant attendue.

La bonne surprise est venue de Julie Bresset qui a remporté la course dames de VTT (cross-country) qui se pare d'or. De quoi faire oublier l'abandon de Julien Absalon, double médaillé olympique (Sydney et Pékin).

L’épéiste Yannick Borel, seul tireur à avoir atteint les quarts de finale

ESCRIME

Tout compte fait, l’équipe de France d’escrime aura réussi une performance lors de ces JO 2012 : celle de ne décrocher aucune médaille, ce qui n’était pas arrivé depuis les Jeux de Rome en 1960… Un constat qui glace d’effroi, surtout quand on sait que l’escrime est la discipline la plus prolifique en médaille pour la France dans l'histoire des Jeux olympiques.

C’est simple, lors de cette édition, excepté l’épéiste Yannick Borel, aucun tireur n’a réussi à se glisser au-delà des 8e de finales. 

Plusieurs explications à cela : les équipes masculine de sabre et féminine d'épée étant incapables de se qualifier, les tricolores ont fait le déplacement à Londres en effectif restreint (onze sans compter les remplaçants). Parmi ce contingent, seuls quatre athlètes avaient déjà pris part à des Jeux olympiques. D’autre part, l’escrime a évolué au point d’attirer de nouvelles nations. Ce sport qui était essentiellement l’apanage des pays du Vieux continent, fait aujourd’hui florès en Corée du Sud et en Chine qui n’hésitent pas à mettre les moyens pour conquérir des titres olympiques.

VOILE

Alors que l’objectif était de revenir de Londres avec au moins six médailles - selon le DTN Philippe Gouard - l’équipe de France devra se contenter d’une seule breloque. Elle est en bronze et a été remportée par Jonathan Lobert en Finn. Un scénario qui n’est pas sans rappeler celui des Mondiaux de Perth, en Australie, d’où la France était repartie là aussi avec une médaille de bronze comme unique consolation.

tags: JO 2012 - Sports
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