Cyclisme: l'Afrique accède au haut niveau

Pour la première fois dans l’histoire du cyclisme, une équipe africaine, MTN-Qhubeka, basée en Afrique du Sud accède au haut niveau. Elle pourra donc prétendre à courir un des trois grands Tours ou encore des classiques. Composée de coureurs sud-africains, érythréens, rwandais, d’un Ethiopien et d’un Algérien, elle est dirigée par Douglas Ryder qui se bat depuis plusieurs années pour concrétiser ce projet.
La roue continue de tourner dans le bon sens pour le cyclisme africain. Pour la première fois, une équipe sud-africaine, MTN-Qhubeka, dirigée par Douglas Ryder, va prendre place l’an prochain dans le peloton de haut niveau*. Déjà le mois dernier, l’équipe nationale d’Erythrée était venue se faire les dents sur le continent européen en participant au Tour de l’Avenir. Natnael Berhane, nouvelle recrue de l’équipe Europcar (France) pour la saison 2013 a terminé 18e au classement général.
70% de coureurs africains dans l’équipe
L’équipe MTN-Qhubeka a été créée il y a quelques années et rejoint donc la deuxième division, forte d’un budget de 3 millions d’euros et surtout de coureurs d’expérience comme l’Allemand Gerald Ciolek (champion du monde espoir en 2006) et du Lituanien Ignatas Konovalovas. Ce dernier, en provenance de l’équipe Movistar (Espagne) s’est illustré en remportant entre autres une étape du Tour d’Italie en 2009 et a couru les trois plus grands Tours de la planète (France, Italie, Espagne). Un atout majeur pour encadrer les dix coureurs sud-africains, les trois Erythréens, l’Ethiopien Tsgabu Gebremarian Grmay et l’Algérien Youcef Reguigui. Ce dernier, passé par le centre mondial du cyclisme basé en Suisse, a été sacré champion d’Algérie en 2012.
« C’est une chose unique et 70 % des coureurs seront issus de notre continent. Nous allons courir en Europe avec, par exemple, le Tour de Grande-Bretagne, mais aussi en Malaisie, en Turquie, en Chine ou encore aux Etats-Unis. Nous allons donc pouvoir donner de la visibilité à l’Afrique », se félicite Douglas Ryder. Interrogé par RFI, il ajoute : « Les coureurs érythréens et rwandais se sont très bien intégrés dans notre équipe et c’est une grande satisfaction de les voir évoluer avec leurs coéquipiers sud-africains. Ce sont des athlètes qui s’entraînent beaucoup, qui ont conscience qu’ils sont en train de vivre quelque chose d’exceptionnel. Le cyclisme a changé leur vie et la plupart d’entre eux ont pu s’acheter une maison dans leur pays et subvenir aux besoins de leur famille. Je suis heureux d’avoir relevé ce challenge avec eux ».
Un sponsor de taille
Pour 2013, l’équipe MTN-Qhubeka s’est dotée d'un encadrement expérimenté et disposera du soutien du géant sud-coréen Samsung. Elle portera le nom de son premier parraineur, la firme de télécommunications sud-africaine MTN, et d'une organisation à but non lucratif, Qhubeka, un mot signifiant « progresser » en zoulou. Qhubeka a pour but d'aider les enfants des communautés rurales en leur fournissant des vélos. « Depuis le début, nous avons toujours tenté de faire progresser des coureurs africains et de les amener au plus haut niveau. C’est une chance pour nous d’avoir comme sponsor Samsung qui nous permet d’intégrer la division continentale pro. Cela n’est jamais arrivé dans une équipe africaine auparavant et nous avons signé jusqu’en 2015 », explique Douglas Ryder.
Comment le cyclisme africain peut-il continuer à progresser ? « C’est une question d’argent mais aussi une question de culture. Les coureurs africains doivent progresser sur la route et apprendre à être à l'aise dans un peloton, comprendre ce que l’on attend d’eux en fonction des consignes d’avant course. Ils ont déjà des bases importantes car ils participent au calendrier cycliste sud-africain », analyse Douglas Ryder.
« Nous aimerions courir un grand Tour »
Avec des résultats très satisfaisants en 2012, notamment la victoire de Reinardt Janse van Rensburg au Tour du Maroc et au Tour de Bretagne, MTN-Qhubeka ne devrait pas passer inaperçu en 2013. « Dès l’année prochaine, nous aimerions courir un grand Tour. Cette année, nous avons participé au Tour du Portugal qui est déjà une grande course pour nous et nous avons gagné deux étapes. Nous voulons définitivement montrer au monde que le cyclisme africain peut aussi s’illustrer dans les plus grandes courses », commente le manager de l’équipe.
« Dans l'athlétisme, les coureurs de fond africains sont les meilleurs du monde. Pourquoi pas dans le cyclisme ? », souligne Douglas Ryder. La roue n’a pas fini de tourner pour le cyclisme africain.
* Seules les équipes classées en Pro et Continental Tour peuvent participer aux classiques et aux grands Tours

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