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    Quand le Qatar rachète le football européen

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    Achats de footballeurs stars, acquisition de clubs et de droits de retransmission télévisée, sponsoring, depuis quelques années, le Qatar occupe une place de plus en plus importante dans le monde du football. Une stratégie adoptée par ce petit pays richissime du golfe persique pour s’assurer une image positive à l’échelle planétaire.

    C’est une recrue de choix que Lekhwiya, champion du Qatar en titre, vient de nommer au poste d’entraîneur. Pour remplacer le Franco-Algérien Djamel Belmadi, limogé en raison d’un début de saison mitigé, le club a mis la main sur Eric Gerets, ancien coach du PSV Eindhoven, du Kaiserslautern et de l’Olympique de Marseille. Le montant du contrat n’a pas été communiqué, mais nul doute que l’entraîneur belge, ancien sélectionneur du Maroc, bénéficie d’un salaire confortable.

    Car depuis quelques années, le Qatar attire d’anciennes gloires du football européen à grands coups de gazo-dollars. Gabriel Batistuta, Romario, Sonny Anderson, Marcel Desailly, tous sont passés par ce petit pays de la péninsule arabique pour une dernière pige avant une retraite dorée. Dernier en date, Raùl. L’ancien attaquant vedette du Real Madrid, âgé de 35 ans, s’est engagé en mai dernier avec le club d’Al-Sadd.

    Malaga et Paris

    Mais s’attacher les faveurs de pré-retraités ne suffit plus au Qatar. C’est carrément en rachetant des clubs qu’il investit désormais le football européen. A la fin de la saison 2009-2010, le Cheikh Abdallah Bin Nasser al-Thani fait l’acquisition de Malaga pour la somme de 36 millions d’euros. Grâce à l’argent injecté par son propriétaire, le club andalou recrute l’année suivante des joueurs de premier plan : Ruud van Nistelrooy, Santiago Cazorla, Jérémy Toulalan… Plus de 50 millions d’euros sont dépensés en un été pour sortir le club du ventre du classement. Sur le plan sportif, la recette semble fonctionner. A l’heure où cet article est publié, Malaga est troisième du championnat espagnol, à cinq points derrière le FC Barcelone et l’Athletico Madrid. Mais au niveau économique, c’est une autre histoire : le club est aujourd’hui au bord du dépôt de bilan.

    Un problème auquel le PSG ne risque pas d’être confronté. En mai 2011, Qatar Sport Investment, propriété du prince héritier Tamin ben Hamad al-Thani, rachète 70% des parts du Paris Saint-Germain au fonds d’investissement américain Colony Capital. En un an, le club explose le marché des transferts en recrutant 15 joueurs pour un montant total de 217 millions d’euros. Dauphin de Montpellier à la fin de la dernière saison, le PSG talonne actuellement l’Olympique de Marseille à la tête de la Ligue 1. Et cette manne financière n’est pas prête de se tarir. Car contrairement à Malaga, le club parisien n’est pas entre les mains d’un seul mécène, mais d’un Etat tout entier, représenté par QSI. Le PSG serait par ailleurs sur le point de conclure un accord avec une banque qatarienne autour d’un contrat de sponsoring de 400 millions d’euros sur quatre ans.

    Plus rien n’arrête l’émirat. L’année dernière à la même époque, il se murmurait que Qatar Sport Investment s’apprêtait à racheter Manchester United, le club le plus riche du monde. Rien que ça. Pour ce faire, QSI était même prêt à débourser 2 milliards d’euros.

    Le Qatar mouille le maillot

    Si le rachat de MU n’a finalement pas eu lieu, le Qatar s’est en revanche offert le FC Barcelone. Pas le club, non, du moins pas encore, mais le maillot, en y imprimant sur ses célèbres couleurs « azul y grana » quinze lettres d’or : Qatar Foundation. Jusque là, seul le logo de l’Unicef apparaissait. Et à titre gracieux. Pour devenir le premier sponsor du mythique club catalan, la Fondation du Qatar a signé un contrat de 162 millions d’euros, jusqu’en 2016.

    Les maillots, voilà l’autre vecteur utilisé par le Qatar pour pénétrer le marché du football européen. Depuis peu, un nouvel équipementier sportif essaie de trouver sa place sur les pelouses, entre Nike et Adidas. Son nom : Burrda. Créée en 2006, la marque est officiellement la propriété d’une société suisse, Sports Management SA, basée à Genève. Officiellement seulement, car l’entreprise possède également un bureau à Doha, au Qatar, et, d’après le site d’information Les Inrocks, elle est essentiellement financée par un fonds d’investissement qatarien. Burrda habille aujourd’hui la sélection nationale de Belgique, les équipes de Wolverhampton et de Leicester en Angleterre, et de l’OGC Nice en France.

    Et comme le football ne se joue pas que sur les terrains mais aussi à la télévision, le Qatar retransmet depuis juin dernier des matchs via sa nouvelle chaîne beIn Sport, filiale du groupe qatarien Al-Jazeera. La télévision qatarienne a décroché 80% des droits du championnat français et plus de 100 matchs de la Ligue des champions.

    « Diplomatie sportive »

    Toute cette stratégie mise en place par le Qatar pour s’approprier le football européen ne vise pas à flatter son ego de multimilliardaire, mais à contribuer à son existence. Car le Qatar est riche, très riche. Troisième réserve mondiale de gaz, il est également membre de l’Opep, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole. Mais le Qatar est aussi petit, très petit. Avec une population d’1,1 million d’habitants, dont seulement 300 000 nationaux, il ne fait pas le poids face aux géants voisins, l’Arabie Saoudite et l’Iran.

    N’ayant pas les moyens humains de se constituer une armée suffisamment puissante, le Qatar mise donc, entre autres, sur la popularité et le caractère fédérateur du sport – et du football en particulier – pour se faire une réputation à l’échelle mondiale. « Le Qatar incarne plus que tout autre Etat, ce qu’on pourrait qualifier de ‘diplomatie sportive’. C'est le produit d'une réflexion globale sur la mondialisation, d'une analyse astucieuse des nouveaux rapports de force internationaux et d'une farouche volonté nationale d'exister dans un environnement troublé », écrit sur son blog Pascal Boniface, directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques.

    La stratégie semble être gagnante. Le Qatar a remporté l’organisation du Mondial 2022. Le pays d’un peu plus de 11 000 km² sera alors au centre du monde.

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