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    Mondiaux de karaté : pari réussi pour la France

    media Emily Thouy, Tiffany Fanjat, Alexandra Recchia et Lolita Dona, championnes du monde par équipe, le 25 novembre 2012. Denis Boulanger / FFKDA

    Pour la France, les Mondiaux de Karaté s’achèvent dans la joie et la bonne humeur avec sept médailles d'or. L’équipe de France féminine a remporté un nouveau titre face à la Croatie et l'équipe de France masculine a fait de même face à la Turquie ce dimanche 25 novembre. Au-delà du bilan sportif, ces Championnats du monde devaient convaincre le Comité international olympique que le karaté a sa place aux JO de 2020.
     

    Envoyé spécial à Paris-Bercy,

    S’il y avait du soleil au-dessus du Palais Omnisport de Paris-Bercy, à l’intérieur, la ferveur était aussi présente. Une nouvelle fois, pour la plus grande joie des athlètes du monde entier, le public du karaté a répondu présent et la délégation française a régalé ses convives.

    « L’épreuve par équipe est toujours significative du niveau d’une nation »

    Tiffany Fanjat. Denis Boulanger / FFKDA

    Ce public a donc pu savourer deux nouvelles médailles d’or françaises. Pour la deuxième fois consécutive, l’équipe de France féminine a été sacrée championne du monde (après Belgrade en 2010). Depuis la création des Mondiaux de karaté, aucune nation n’avait réalisé cet exploit. Tiffany Fanjat, Lolita Dona, Alexandra Recchia et Emily Thouy ont battu la Croatie. « On est heureuses de rentrer dans l’histoire. On ne réalise pas encore », avoue Tiffany Fanjat. « Nous n'avons pas eu peur et aujourd’hui nous avons été fortes », ajoute Lolita Dona. « Ce qui est génial dans ce sport, c’est qu’un petit gabarit peut gagner contre un grand. C’est aussi cela la beauté du karaté », enchaîne Alexandra Recchia. Trop émue, la jeune Emily Thouy, 19 ans, n’arrive pas à décrocher un mot.

    En fin d'après midi, une nouvelle fois, la Marseillaise a retenti pour l'équipe de France masculine. Les garçons sont allés chercher le titre suprême tant espéré. « L’épreuve par équipe est toujours significative du niveau d’une nation », explique Thierry Masci, le directeur technique national adjoint. « Depuis les Championnats du monde à Belgrade il y deux ans, nous avons beaucoup travaillé », concède-t-il. Il ajoute : « Nous avons confirmé tout ce que nous avions mis en place avec les filles et les garçons. »

    Marquer les esprits

    Au-delà du bilan sportif, il faut aussi s’intéresser à ce que cette compétition a apporté à la discipline. Dans quelques mois, la Fédération internationale de karaté défendra pour la troisième fois son souhait de devenir sport olympique. Deux représentants du Comité international olympique (CIO) étaient présents pendant la compétition.

    « Le plus important, c’était de marquer les esprits de nos licenciés et de réussir cette organisation », déclare Thierry Masci. « Mais si le CIO a pris compte de cette belle réussite, c’est tant mieux ». Cet avis est partagé par beaucoup de protagonistes. « J’ai ressenti une communion avec le public durant ces cinq jours et je suis très fier. C’était un climat de fraternité et de camaraderie. Je veux aussi remercier nos 250 bénévoles », lance Francis Didier, le président de la fédération française de karaté. « Nous disons au CIO : "regardez-nous, nous sommes prêts." Maintenant la décision leur appartient. »

    Le président de la Fédération internationale de karaté, Antonio Espinos, attendait aussi beaucoup de cette semaine parisienne. Il a d’ailleurs félicité la France pour le travail accompli. « Paris-Bercy a été un endroit magnifique pour notre sport. Je veux souligner le grand effort que la Fédération française a fait dans cette organisation pour que ce soit une réussite », déclare le président. Antonio Espinos, ancien karatéka, connaissait l’importance de ce dernier grand rendez-vous avant de défendre son dossier pour devenir sport olympique.

    « Les représentants du CIO vont repartir avec une idée très claire »

    Antonio Espinos, président de la Fédération mondiale de karaté, le 25 novembre 2012. Denis Boulanger / FFKDA

    « Il fallait montrer le meilleur de nous même et je pense que l’objectif est accompli. Les représentants du CIO vont repartir avec une idée très claire de ce que sont les karatékas, le karaté, et de ce que la Fédération mondiale est capable de faire », assure l’Espagnol. Le karaté qui est un sport universel ne devrait pas laisser insensible les membres du CIO. Et le continent africain, qui a été représenté pour la première fois en nombre, pourrait peser dans la balance lors de la décision finale. Le CIO a souvent coutume de choisir une discipline pratiquée partout dans le monde.

    « Sans l’Afrique, nous ne sommes pas une fédération mondiale. Je suis très heureux de voir que plus de 20 pays africains ont réussi à faire le déplacement. Nous dédions une grande partie de nos fonds de développement aux pays de ce continent. J'ai été  réuni, ici, à Paris avec plusieurs représentants du karaté africain et nous allons tenter de maintenir cette participation pour les prochains mondiaux en Allemagne », commente Antonio Espinos. En ajoutant : « L’Egypte a un karaté très fort et je suis heureux de voir émerger le Sénégal, le Maroc, l’Algérie et la Tunisie. Je souhaite aussi que l’Afrique du Sud revienne à son meilleur niveau. »

    Le bilan global de ces Mondiaux de karaté à Paris-Bercy est plus que satisfaisant pour la France. Avec sept médailles d'or, une organisation de qualité, c'est la preuve que ce sport peu médiatisé est en bonne santé. En 2020, Emily Thouy, n’aura que 26 ans. Après un titre mondial, la jeune fille pourrait espérer monter sur un podium olympique.

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