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    Sports

    Le sport français muscle sa diplomatie

    media Denis Masseglia , Valerie Fourneyron, Guy Drut et Bernard Lapasset , le 5 décembre 2012 à Paris. Franck Fife / AFP

    Après quatre candidatures infructueuses successives à l’organisation des Jeux olympiques, la France a décidé de se doter d’une stratégie et d’une organisation à l’international. Bernard Lapasset en sera le maître d’œuvre. Et si tout le monde a en tête la prochaine candidature – peut-être pour les Jeux de 2024... –, pour la ministre des Sports Valérie Fourneyron, il est urgent de ne pas se presser.

    Réformer la politique internationale du mouvement sportif français, c’est l’une des seize propositions du rapport sur les échecs des candidatures françaises aux Jeux olympiques et paralympiques rédigé par la société Kénéo et en partie dévoilé mercredi 5 décembre 2012 à Paris (lire encadré ci-dessous).

    C’est aussi l’ambition de la ministre des Sports, Valérie Fourneyron, qui, le même jour, a présenté la nouvelle organisation des relations internationales françaises dans le sport. « Le sport est, et plus que jamais dans le temps mondialisé d’aujourd’hui, médiatisé à l’extrême, un irremplaçable outil de relations internationales. Je dirais même plus, un outil stratégique d’influence et de géopolitique », a déclaré la ministre devant un parterre de présidents de fédération et entourée de Denis Masseglia, président du Comité national olympique et sportif français (Cnosf), Guy Drut, membre du Comité international olympique, et Bernard Lapasset, président de l’Internnational rugby board et maître d’œuvre de la future organisation.

    « L’Etat ne doit pas s’attacher à des compétences qui ne lui sont pas naturelles »

    Pour Valérie Fourneyron, les enjeux sont multiples : diplomatie, rayonnement international et économie. « Les grandes épreuves en France contribuent au dynamisme de nos territoires, à notre économie touristique, à l’emploi, à la mise en valeur des savoir-faire français », a-t-elle déclaré. Voilà justifiée, à ses yeux, la mise en route « d’une stratégie de relations internationales sportives structurée, active, pérenne et surtout efficace ». Elle aurait pu ajouter : indépendante.

    Car cette nouvelle structure va clairement profiter au mouvement sportif, qui en avait depuis longtemps formulé la demande. « L’Etat ne doit pas s’attacher à préserver coûte que coûte des compétences qui ne lui sont pas naturelles, a justifié Valérie Fourneyron. Le mouvement sportif international, du CIO aux fédérations internationales, a une organisation qui lui est propre, et qui reconnaît comme interlocuteur naturel les mouvements sportifs nationaux. En ce sens, il est contreproductif et surtout inadéquat de penser que ce sont les Etats qui ont la maitrise des relations avec le mouvement sportif. »

    Exit donc le comité stratégique international, mis en place par David Douillet, le précédent ministre, et implanté au sein du Centre national pour le développement du sport (Cnds), jugé « inadapté ».

    Pour 2024, Valérie Fourneyron botte en touche

    La mission conduite par Bernard Lapasset disposera d’un budget annuel de 500.000 euros et du renfort du jeune retraité Tony Estanguet. Elle mobilisera le « puissant réseau diplomatique français dans la durée » et visera à renforcer la présence de la France au sein des instances sportives internationales, à accompagner les fédérations sportives dans leurs démarches de candidature à l’organisation de grandes compétitions internationales, à promouvoir les échanges d’expertises et de savoir-faire sportifs entre notre pays et les pays tiers, à assurer la transmission acquise lors de grandes manifestations organisées en France, et à faire une analyse et des propositions sur l’ambition olympique de la France.

    A ce propos, Valérie Fourneyron n’a pas annoncé de prochaine candidature, par exemple pour les Jeux olympiques d'été de 2024. La ministre s’est contentée de s’abriter derrière les propos de François Hollande, tenus lors de sa visite aux Jeux de Londres l’été dernier : « Et si le mouvement sportif français s’organise, porte un beau dossier et capable de mobiliser toutes les énergies et de susciter un grand engouement dans le pays, alors nous pourrions aussi organiser les Jeux. »

    Rapport Kénéo : les raisons de quatre échecs

    Avec la défaite d’Annecy à l’organisation des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2018, en juillet 2011, la France subissait un quatrième échec successif à une candidature olympique française en quinze ans. Pour analyser ces échecs et en tirer les enseignements dans l’éventualité d’une candidature future, un rapport a été commandé à la société Keneo.
    De ce travail, il ressort des situations différentes mais des carences communes. Pour les rapporteurs, « la candidature de Lille 2004 n’avait objectivement que très peu de chances de victoire ». Elle se situait « en-deçà des attentes du CIO en matière d’infrastructures notamment d’hébergement ».
    Face à Pékin « qui s’imposait comme une évidence », la candidature de Paris 2008, « malgré un dossier qui présentait des atouts », a été handicapée par la règle tacite de l’alternance des continents.
    Paris 2012 avait en revanche « toutes les cartes en main », mais s’est fait souffler la victoire par Londres. Parmi les raisons de ce revers, l’étude note que « Paris n’a pas été en capacité de réagir face aux remontées pourtant palpables de ses principales concurrentes Londres et Madrid et de capitaliser sur une avance qui semblait pourtant réelle ».
    Enfin, Annecy 2018 avait très peu de chances face à Pyeongchang, à qui la victoire semblait promise. Mais le faible score obtenu a souligné le manque d’unité et de vision partagée entre les principaux acteurs du projet.

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