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    Sports

    PSG-Barcelone ou Qatar contre Qatar ?

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    Le choc entre le Paris Saint-Germain et Barcelone, ce mardi 2 avril en quarts de finale de la Ligue des champions, ce n’est pas seulement une confrontation entre deux des clubs les plus riches du monde. Les deux équipes ont en effet en commun l'argent que leur verse le Qatar. Peut-on parler de duel fratricide, voire de conflit d'intérêt, comme certains articles de presse l'affirment ? Et reste à savoir de quel côté penchera ce soir le cœur de la famille régnante à Doha... Le match sera retransmis en direct sur toutes les antennes de RFI de 18h40 TU à 21h.

    Qatar contre Qatar. La formule est séduisante mais ne reflète pas vraiment la réalité. Il est vrai que les deux clubs reçoivent de l'argent (et même beaucoup d’argent) du Qatar mais d'une manière bien différente. A Paris, le président du club est qatarien et les grandes décisions sont prises à Doha, qui a permis de recruter un effectif pesant environ 300 millions d’euros. A Barcelone, en revanche, le Qatar n’est qu’un sponsor qui paie pour avoir de la publicité sur le maillot, environ 30 millions d’euros chaque année, pour afficher le logo de la Fondation Qatar, qui sera remplacé la saison prochaine par celui de Qatar Airways.

    Ce sont deux facettes d'une même stratégie, estime Gilles Verdez, coauteur avec Arnaud Hermant du livre Le PSG, le Qatar et l'argent (éditions du Moment) : « Il n’y a pas de conflit d’intérêt en tant que tel, mais il y a la présence, l’omniprésence du Qatar. Dans ces deux clubs-là, il y a tout le Qatar. A Barcelone, le club déjà établi, il y a la magnifique vitrine, le club que tout le monde aime. Avant il n’y avait que l’Unicef, maintenant Barcelone vend son maillot pour la première fois et c’est au Qatar, c’est donc le symbole. Et puis au PSG c’est la prise du pouvoir, le contrôle absolu d’un club, parce que le Qatar a besoin d’avoir des vitrines et Barcelone et le PSG sont des vitrines de cette stratégie politique d’un petit pays, pas plus grand que la Corse, qui a besoin d’exister sur la scène internationale. »

    Carnet de chèques contre valeurs

    Pas de conflit d'intérêt donc, les deux clubs évoluant dans deux mondes différents. Le PSG s'inscrit dans un modèle dit du carnet de chèques, consistant à recruter à grand frais des joueurs dans l'espoir de monter rapidement une équipe de haut niveau, à la manière de Chelsea ou Manchester City par le passé. A Barcelone, qui s'appuie sur une tradition de formation, le président Sandro Rosell a dû convaincre les socios (supporters actionnaires du club) d'approuver l'accord avec les Qatariens. Pour cela, il a dû mettre en avant le mot « valeurs », tout en livrant une bataille politique très intense avec ses adversaires au sein du club catalan. « Nous vivons une étape historique dans le club en raison des valeurs que nous incarnons, a déclaré le président barcelonais dans le discours ayant précédé le vote de l’assemblée des socios en décembre 2011. Des valeurs qui font que nous sommes devenus un exemple à suivre dans le monde entier. Nos valeurs sont tout pour nous, et s'il y a quelque chose que nous ne devons pas perdre ce sont bien nos valeurs. »

    Une bataille remportée par Sandro Rosell, ce qui a permis pour la première fois dans l'histoire du club de vendre de la publicité sur les maillots aux Qatariens. Mais le FC Barcelone reste très clairement la propriété de ses membres, les socios. « Le Barça, au même titre que le Real Madrid, l’Athletic Bilbao et Osasuna, est un des quatre clubs espagnols qui restent la propriété de ses supporters, de ses socios, contrairement aux autres clubs qui sont devenus des sociétés anonymes, explique Paco Aguilar, journaliste espagnol d’El Mundo Deportivo, auteur de nombreux ouvrages sur le club catalan. Même si le maillot affiche désormais de la publicité, les statuts restent inchangés et les socios continuent d’avoir le dernier mot. Ce n’est que de la publicité. »

    Le cœur au Barça, la tête au PSG

    Nous sommes donc en présence de deux stratégies économiques au service d'un même objectif : faire rayonner le Qatar dans le monde. Des investissements qui répondent à un impératif de rentabilité et tout en constituant un rempart, une sorte d’assurance-vie, pour ce petit Etat sans armée entouré de grandes puissances. Reste à savoir de quel côté penchera ce soir le cœur de la famille régnante à Doha.

    Pour Gilles Verdez, le cœur irait spontanément du côté des Catalans mais la raison penche clairement pour les Parisiens. « Au niveau humain, il y a une proximité énorme entre les dirigeants de Barcelone et la famille régnante du Qatar. Il s’agit d’une proximité de connexion avec Sandro Rosell ou « Pep » Guardiola (ancien entraîneur du club, ndlr), qui n’est certes plus là mais qui avait des liens très étroits avec le Qatar. Les liens interpersonnels sont plus forts à Barcelone. Mais il y a l’intérêt économique, l’intérêt politique du côté du PSG, qui est propriété du Qatar. Et entre les relations humaines et l’aspect politique et économique, le Qatar devrait choisir la politique et l’économie. »

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