Tour d’Italie : le défi de Sylvain Georges

Le Tour d’Italie s’élance ce samedi 4 mai depuis Naples. Tout le monde aura évidemment les yeux rivés sur le duel attendu entre l’Italien Vincenzo Nibali et le Britannique Bradley Wiggins. De son côté, le Français de l’équipe AG2R La Mondiale Sylvain Georges va tenter de se révéler au grand public. Un nouveau challenge pour ce coureur inclassable.
La plupart du temps, les coureurs cyclistes adorent les pâtes. Et des pâtes, Sylvain Georges va plus qu’en manger avec sa première participation au Tour d’Italie. Un épisode de plus pour cet Auvergnat à la carrière atypique.
Il faut dire que le parcours de Sylvain Georges est assez surprenant. Alors qu’il ne commence le vélo qu’à l’âge de 18 ans, il signe assez rapidement un premier contrat professionnel avec une équipe chypriote... en 2005 (A-Style Somn). Mais la mayonnaise ne prend pas. Quelques années plus tard, l’équipe française BigMat-Auber 93 le rattrape par le col, puis il intègre sa première équipe World Tour (première division, ndlr), AG2R la Mondiale en 2012. Il est repéré par Vincent Lavenu, le manageur général.
« J’ai toujours donné ce que j’ai pu pour mes leaders »
Entre temps, ce grimpeur au caractère bien trempé avait profité de son BTS commercial pour vendre des voitures, tout en étant redescendu dans les rangs amateurs. « Il a travaillé avant de passer pro et il est plus mature, il sait vivre dans un groupe et il est plus entreprenant que la moyenne des coureurs. J’aime son côté jovial et sa générosité », dit de lui Samuel Dumoulin, vainqueur d’une étape sur le Tour de France en 2008. Les deux coureurs se retrouvent autour d’une même passion, l’automobile. Ils sont aussi considérés comme les deux « boute en train » du groupe. Mais d'après son entourage, Sylvain Georges tient le haut du pavé.
« Il a toujours la banane, même dans les moments difficiles. On a besoin d’avoir des coureurs comme ça qui apportent autre chose au vélo. C’est agréable de travailler avec lui. L’année dernière il s’est vite intégré », raconte Julien Jurdie, l'un de ses directeurs sportif.
« Il faut faire ses preuves en tant qu’équipier, se donner à fond, et je pense que c’est ma principale qualité », répond en écho Sylvain Georges qui s’est offert une étape du Tour de Californie l’an dernier. « J’ai toujours donné ce que j’ai pu pour mes leaders. Voilà les conditions pour s’intégrer au sein de la structure ».
La boule au ventre
Mais le Giro ce n’est pas l’Amérique, et Sylvain Georges n’est pas au bout de ses peines. « C’est le grand Tour le plus difficile qui existe. Il y a énormément de dénivelé et le Giro reste mythique car l’Italie, c’est le pays du vélo », reconnaît le coureur qui attend ce départ avec impatience.
« Je suis très heureux. C’est un mélange d’euphorie et de peur en même temps. Pour moi, trois semaines de course c’est un peu l’inconnu. Je ne sais pas comment mon organisme va réagir et c’est vrai que j’ai un peu la boule au ventre », lance Sylvain Georges. Il continue : « Là-bas, tout le long du parcours, je vais trouver des tifosis passionnés de vélo qui vont nous encourager. Même si cela ne va pas être évident tous les jours, mon rêve était de faire un grand Tour. J’espère le finir dans de bonnes conditions. C’est mon baptême du feu et j’espère en sortir grandi ».
Sera-t-il à la hauteur dans une course aussi exigeante aussi bien physiquement que moralement ? « Il va venir avec du stress compte tenu de son manque d’expérience à ce niveau de la compétition. Les premiers jours, il risque d’être plus discret et il va certainement arriver sur la pointe des pieds. Mais le naturel reviendra au galop », commente Julien Jurdie. Tout en ajoutant : « Je ne serais pas surpris de le voir gagner une étape. Il a les qualités physiques pour. Même s’il sera là pour le collectif, il aura peut-être l’occasion de jouer sa carte. »
« Attention à la déprime mentale », prévient son coéquipier Samuel Dumoulin. « Trois semaines, j’imagine que c’est éprouvant sur le plan psychologique. Je vais tenter d’amener de la rigolade, ça va aider mes leaders », dit Sylvain Georges. Derrière cet objectif avoué, il y en a un autre, moins avouable, pour ce garçon que l’on surnomme « l’Auvergnat » au sein du peloton - il adore sa région - : refaire le coup de la Californie. Entre deux plats de pâtes, il a trois semaines pour le concrétiser.
Le programme du Giro 2013 : |

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