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Article publié le : vendredi 03 mai 2013 à 09:03 - Dernière modification le : vendredi 03 mai 2013 à 09:03

Objectif Tour d'Italie pour Vincenzo Nibali et ses rivaux

Vincenzo Nibali lors de la 7e étape du Tour de France, le 7 juillet 2012.
Vincenzo Nibali lors de la 7e étape du Tour de France, le 7 juillet 2012.
REUTERS/Bogdan Cristel

Par Farid Achache

La 96e édition du Tour d'Italie s'élancera de Naples ce samedi 4 mai pour se terminer à Brescia le 25 mai. Si le Canadien Ryder Hesjedal, vainqueur sortant, sera bien présent, tous les tifosis auront les yeux rivés sur Vicenzo Nibali, la coqueluche du pays. Il devra sans doute se défaire du Britannique Bradley Wiggins pour arriver à ses fins.

Qui succédera à Ryder Hesjedal, le Canadien qui avait créé la surprise en remportant le Giro 2012 devant l’Espagnol Joaquim Rodríguez pour une poignée de secondes ?

Vincenzo Nibali favori et Bradley Wiggins en embuscade

Il va falloir tout d’abord compter sur Vincenzo Nibali, troisième du Tour de France l’année dernière et nouveau leader de l’équipe kazakh Astana. « Le Requin de Messine » aborde ce Giro dans une forme étincelante. Pour la deuxième fois de sa carrière, dans les montagnes du nord de l’Italie, il s’est adjugé le Tour du Trentin (16-19 avril). L’homme qui est en pleine confiance a aussi remporté Tirreno-Adriatico en mars. Il a déjà terminé à deux reprises sur le podium du Giro (3e en 2010 et 2e en 2011) et s’est offert son premier Grand Tour en Espagne lors de l'édition 2010.

Mais pour arriver à ses fins, il devra se défaire de Bradley Wiggins, le vainqueur sortant du Tour de France. Durant leur dernière confrontation au Trentin, le Britannique termine à la cinquième place, à 1'40'' de l’Italien. « Mon objectif sera le Giro parce qu'il sera compliqué pour moi de viser le Tour de France 2013 », avait expliqué Wiggins lors de la présentation de la Grande boucle en octobre dernier.

Mais depuis, le champion olympique du contre-la-montre s’est ravisé et il a désormais l’intention de faire le doublé Giro-Tour de France. « J'ai déjà dit explicitement que j'avais en vue ce doublé, au moins sur le papier », a-t-il dit lundi dernier au journal italien Il Mattino. Une position qui pourrait avantager Nibali, tant le challenge paraît compliqué. Wiggins aura avec lui une garde rapprochée en montagne, formée des grimpeurs colombiens Sergio Henao et Rigoberto Uran. Wiggo vient de déclaré : « Sur le papier, c'est la menace principale (Nibali), pour moi c'est le favori, c'est lui qu'on doit tous battre. » Le message sera-t-il entendu ?

Michele Scarponi en outsider et Cadel Evans pour un baroud d’honneur

Si Ivan Basso (vainqueur en 2006 et en 2010) vient tout juste de déclarer forfait pour cause de blessure, il faudra aussi compter sur un autre Italien : Michele Scarponi. Ce dernier, vainqueur de l’édition 2011 (sur tapis vert après le déclassement de l'Espagnol Alberto Contador, ndlr) sera entouré pour l’occasion par trois grimpeurs de talent, le Polonais Przemyslav Niemiec, l'Italien Simone Stortoni et le Colombien Jose Serpa.

À 35 ans, Scarponi n’a toujours pas dit son dernier mot et 2013 semble déjà un bon cru pour lui, après sa troisième place au Tour de Catalogne et sa cinquième lors de la doyenne des classiques, Liège-Bastogne-Liège. Seule ombre au tableau du grimpeur de la province d'Ancône, une suspension de deux ans - de 2006 à 2008 -,  après avoir avoué s'être procuré des produits dopants auprès du docteur Eufemiano Fuentes (affaire Puerto), dont le procès assez ridicule vient de se terminer.

Il reste une énigme de taille avant le départ de cette 96e édition : Cadel Evans. L’Australien qui a remporté le Tour de France en 2011 a toujours eu en tête de renouveler l'expérience. Sauf qu’à 36 ans, il paraît inconcevable d’imaginer qu’il puisse le faire en courant un Giro la même année. Il est donc clair pour Cadel Evans que la concurrence au sein de l’équipe BMC, notamment Tejey Van Garderen (5e et meilleur jeune du Tour de France en 2012), l’a poussé à tenter de gagner un autre Grand Tour, mais de l’autre côté des Alpes. A moins que ce soit les managers de l’équipe qui ne lui ont pas laissé le choix ?

Une chose est certaine, il lui faudra un sacré coup de chance pour espérer l’emporter. En 2010, il avait terminé cinquième derrière Scarponi et Nibali. Et de toute évidence, le poids des années ne plaide pas en sa faveur.

Le Giro 2013 comporte six arrivées au sommet, en moyenne montagne (Altopiano del Montasio, contre-la-montre de Polsa) ou en haute altitude (Bardonecchia, Galibier, Val Martello, Trois Cimes de Lavaredo). Aucun col n'est classé « hors catégorie », à la différence du Tour de France. Les plus durs figurent en 1re catégorie et le sommet le plus haut, le Stelvio, cette année, hérite de la mention « Cima Coppi» en hommage au légendaire champion Fausto Coppi, décédé voici plus d'un demi-siècle.

Voici les étapes les plus sélectives de cette 96e édition du Tour d'Italie :

8e étape (Gabicce Mare - Saltara, 54,8 km) : Le premier chrono individuel, dans les Marches, est placé en fin de première semaine. C'est le plus long dans le Giro depuis le contre-la-montre des Cinque Terre en 2009.

10e étape (Cordenons - Altopiano del Montasio, 167 km) : Après le transfert et la première journée de repos, l'étape se conclut par une ascension finale inédite, près de la frontière avec la Slovénie.

14e étape (Cervere - Bardonecchia, 168 km) : La montée très roulante jusqu'à Sestrière précède la descente vers la vallée de Suse et le final au-dessus de Bardonecchia, 7,3 kilomètres très pentus (9%).

15e étape (Cesana Torinese - Galibier, 149 km) : Après le col-frontière du Mont Cenis, le Télégraphe sert de marche-pied au Galibier. Le grand col est escaladé par son versant le plus sévère (Plan Lachat).

18e étape (Mori - Polsa, 20,6 km) : Le second contre-la-montre individuel comporte une montée en deux temps, dans la vallée de Trente. Au total, un dénivelé de 1.000 mètres en une vingtaine de kilomètres.

19e étape (Ponte di Legno - Val Martello, 139 km) :
Un concentré de difficultés: le Gavia en hors d'oeuvre, le Stelvio, « toit » de la course à 2.758 mètres pour plat de résistance, et la longue grimpée dans le Val Martello pour finir.

20e étape (Silandro - Trois Cimes de Lavaredo, 203 km) : Montées et descentes alternent sans répit dans les 138 derniers kilomètres. Quatre cols sont à franchir avant l'ascension vers les « Tre Cime », où l'arrivée est jugée au refuge Auronzo.

tags: Cyclisme - Italie - Sports - Tour d'Italie 2013
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