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Sandy Casar, une vie dédiée au cyclisme
À 34 ans, Sandy Casar s'attaque à l'un de ses rêves, prendre part aux trois grands Tours du calendrier pour la première fois de sa carrière. En ce moment, le coureur de la Française des Jeux est engagé en Italie pour son cinquième Giro. Fidèle à son équipe comme à ses convictions, Sandy Casar est l'incarnation de valeurs devenues de plus en plus rares dans le cyclisme moderne. Rencontre.
Envoyé spécial à Naples,
Voilà trois jours que Sandy Casar tournait en rond dans un hôtel de la banlieue de Naples, presque au milieu de nulle part. Alors, il était temps pour lui que le Tour d’Italie s’élance pour donner le coup d’envoi de son aventure : participer aux trois grands Tours la même année.
Dix-sept grands Tours à son actif et un seul abandon
« Le Tour d’Italie, c’est celui que je préfère », lance d'emblée Sandy Casar. « Mon plus beau souvenir c’est en 2003 lorsque j’ai couru mon premier Giro. Je bats Marco Pantani qui fait 14e en me classant 13e. Je garde aussi en mémoire ma 6e place au classement général en 2006 ».
L’an dernier, Sandy Casar n’est pas passé loin de son jour de gloire à l'italienne. Lors de la 12e étape qui arrivait à Sestri Levante, il se classe deuxième et rate de peu le maillot rose qu’il aurait pu porter au moins une journée. « J’ai participé à beaucoup de grands Tours mais je n’ai jamais eu l’occasion de porter un maillot distinctif. Ce serait un plaisir de le porter juste une journée », avoue ce Poulidor des temps modernes, qui compte sept places de deuxième sur les étapes du Tour de France et qui en a remporté tout de même trois.
Deuxième, c'est d'ailleurs devenu presque une marque de fabrique pour ce grimpeur qui s’était révélé au grand public lors du Paris-Nice 2002. Il s'était classé derrière Alexandre Vinokourov … « Quand on est professionnel on veut des victoires et la cerise sur le gâteau, c’est de lever les bras sur un grand Tour », concède le coureur qui n’a jamais changé d’équipe depuis ses débuts professionnels en 2000.
Des valeurs et des convictions
Sandy Casar fait partie des fidèles à leur équipe depuis le début. Pour lui, c’est celle de Marc Madiot, présente dans le peloton depuis 1997. « Une relation de confiance et d’amitié s’est installée entre nous, il fait partie de la famille », raconte le manager de la FDJ. « C’est un garçon tranquille qui a ses habitudes avec une certaine liberté au niveau de la course », ajoute Marc Madiot. S'il est une valeur sûre, Sandy Casar est aussi une valeur patrimoniale pour cette formation.
Enfant, Sandy Casar suivait son père, coureur amateur. Et l'ambiance lui plaisait tellement qu’il a tenu absolument à l’imiter. « Tout ce qui tourne autour du vélo a beaucoup changé. C’est un sport qui s’est beaucoup professionnalisé ces dernières années, c’est moins familial. Le Pro Tour a pris beaucoup d’importance et ça gâche un peu le plaisir », regrette-t-il. Lui est toujours attaché à ce « cyclisme de terroir » et à cette idée de partage dans un sport ingrat et laborieux. C’est vrai, Sandy Casar semble être à des années lumière de ce nouveau cyclisme, qui affiche désormais des signes extérieurs de richesse, comme cette équipe Sky de Bradley Wiggins qui roule en…Jaguar et qui possède le plus gros budget du circuit. Mais pour lui, peu importe.
Encore là malgré tout...
Après tant d’années de professionnalisme, on pourrait penser que Sandy Casar se sent plus serein avant d’aborder un tel événement. Pas vraiment. « II y a toujours autant de stress », avoue le coureur qui dit avoir toujours peur d’être ridicule. « On se met la pression soi même, mais quand le départ est donné, on finit par se sentir mieux », commente Sandy Casar, qui dit volontiers ne pas savoir faire autre chose. « Souvent on nous demande comment on fait pour courir trois semaines de course. Mais on est les premiers à se poser la question ».
Pour supporter trois semaines de course, il faut une sacrée dose de courage et un bon « pote », comme le champion de France de cyclo-cross, Francis Mourey, avec qui il partage sa chambre sur le Giro. « On passe quasiment quatre semaines en groupe, alors c’est important de se sentir bien quand on rentre dans sa chambre et d’être avec quelqu’un que l’on apprécie », dit Sandy Casar. « Parfois on se motive même sans se parler ».
En dépit des affaires qui ont émaillé le cyclisme depuis plus d’une décennie, Sandy Casar a toujours gardé la tête haute. « Le cyclisme a perdu toute crédibilité. Qu'on soit honnête ou pas honnête, plus personne ne nous croit », avait-il avoué il y a peu de temps. Alors crédible ou pas, peu importe. L'important reste le sentiment d'avoir bien fait son travail, de s'être dépassé. Un bonheur un peu particulier que le cycliste recherche à chaque fois. Et Sandy Casar en sait quelque chose.

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