Tour de France 2013 - 
Article publié le : jeudi 11 juillet 2013 à 19:25 - Dernière modification le : jeudi 11 juillet 2013 à 19:25

Tour de France 2013: le baroudeur, un coureur en voie de disparition

Juan Antonio Flecha (d) lors de son échappée entre Fougères et Tours, jeudi 11 juillet.
Juan Antonio Flecha (d) lors de son échappée entre Fougères et Tours, jeudi 11 juillet.
REUTERS/Jacky Naegelen

Par Farid Achache

Malgré une longue échappée de plus de 200 kilomètres, Juan Antonio Flecha est rentré bredouille à son hôtel. Encore une fois, c’est un sprinteur, Marcel Kittel, qui s’est imposé à Tours ce jeudi 11 juillet. Quel que soit le scénario, l'issue semble toujours être la même. Depuis le départ en Corse, aucune échappée n'a réussi à aller au bout.

Tours, envoyé spécial

Décidément, les baroudeurs n’ont pas de réussite sur cette centième édition. Très peu de longues échappées réussissent. Et Juan Antonio Flecha n’a pas eu l’occasion de mettre une nouvelle flèche dans le mille. L’Espagnol de l’équipe Vacansoleil attend depuis dix ans une nouvelle victoire sur la Grande Boucle. En vain. La faute à ces satanés sprinteurs qui ont encore fait la loi entre Fougères et Tours. Pourtant, sur les 218 kilomètres au menu ce jeudi, l’Espagnol a pédalé plus de 200 kilomètres avec le peloton à ses trousses.

« Un jour ça marchera »

À 16 kilomètres de l'arrivée, Flecha, qui n’avait plus que 200 mètres d’avance sur la meute, a abdiqué. Il était le dernier à vouloir jouer les fortes têtes. Francesco Gavazzi (Astana), Anthony Delaplace (Sojasun), Romain Sicard (Euskaltel-Euskadi) et Manuele Mori (Lampre-Merida), ses compagnons de route, avaient abdiqué peu de temps auparavant.

« Avec Flecha, c’était un atout supplémentaire et je me suis dit que c’était possible. Mais quand l’écart a diminué, j’ai compris. Souvent, il n’y pas beaucoup d’échappées qui vont au bout, mais cette année c’est encore pire. Un jour ça marchera. Qui ne tente rien n’a rien », explique le Français Anthony Delaplace.

« C’est le cyclisme moderne », raconte le visage couvert de transpiration, son coéquipier Jean-Marc Marino. « Il ne va pas y avoir beaucoup de place pour les baroudeurs et les petites équipes comme nous. Il ne faut rater aucune journée, d’autant que les leaders qui n’ont plus d’espoir au classement général vont vouloir briller dans les Alpes. »

« Demain, on va recommencer ! »

Sur ce Tour, même lorsque tous les sprinteurs sont à la rue, il reste encore le Slovaque Peter Sagan. Contrairement à ses acolytes, il est capable de passer les bosses. Il a remporté l’étape d’Albi en franchissant sans encombre la dernière difficulté.

Aujourd’hui, et comme depuis le début du Tour, les équipes qui comptent sur un sprinteur n’ont laissé que très peu de marge aux fuyards. « Il ne veulent pas se faire avoir par l’échappée. Cette année, dans toutes les courses à étapes auxquelles j’ai participé, c’était toujours le même scénario. Ce sont eux qui ont raison. Et sur le Tour, il faut gagner des étapes. » Mais Jean-Marc Marino n’est pas résigné. « Demain, on va recommencer », prévoit-il.

Les équipes qui n’ont pas voulu faire la course en Corse doivent s’en mordre les doigts. Depuis le retour sur le continent, la possibilité de s’imposer est mince. Entre les envolées de Christopher Froome et la puissance de Marcel Kittel, les occasions sont rares.

« Demain est un autre jour et peut-être que les sprinteurs ont laissé beaucoup de jus aujourd’hui », espère Jérémy Roy, le régional de l’étape qui arrivait à Tours. « On pouvait se douter de cela vu le dessin du Tour. Je crois qu’il n’y aura pas plus de deux opportunités », avoue le rouleur de la FDJ.fr. Le super-combatif de l’édition 2011 connaît son sujet.

La foi de se lancer

« Il y a de moins en moins de courses pour les baroudeurs », dit Marc Madiot. Le manager de l’équipe FDJ.fr semble regretter ce cyclisme d’autant, où les coureurs qui prenaient la course en main étaient souvent récompensés. « Il ne faut pas se leurrer, c’est une espèce en voie de disparition. Quand on voit comment les équipes contrôlent derrière, c’est un peu voué au suicide. »

Alors, comment faire pour briller si on n’a pas la pointe de vitesse idéale ou que l’on n’a jamais apprivoisé la haute montagne ? Pas grand chose. Toutes les équipes cherchent désormais à recruter les prochains Kittel ou Cavendish…

Vendredi, la treizième étape présentera un profil similaire à celle d'aujourd'hui. La victoire pourrait une nouvelle fois se jouer au sprint, au terme des 173 kilomètres entre Tours et Saint-Armand-Montrond. Mais ils seront encore quelques-uns à vouloir jouer leur baroud d’honneur.

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