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Article publié le : samedi 13 juillet 2013 à 19:03 - Dernière modification le : dimanche 14 juillet 2013 à 10:52

Tour de France 2013: Julien Simon passe à deux doigts de l’exploit

Le Français Julien Simon a été désigné le plus combatif du jour, le 13 juillet 2013.
Le Français Julien Simon a été désigné le plus combatif du jour, le 13 juillet 2013.
AFP PHOTO / JEFF PACHOUD

Par Farid Achache

Julien Simon est passé très près de la première victoire française de cette 100e édition de la Grande Boucle. Repris sous la flamme rouge par le groupe de poursuivants, le coureur de Sojasun termine finalement 11e de l’étape qui arrivait à Lyon. Si la déception était palpable à l’arrivée du côté de l’équipe française, une chose est certaine: Julien Simon a fait vibrer les spectateurs, un jour avant la fête nationale.

De notre envoyé spécial à Lyon,

La foule était venue en nombre sur la ligne d’arrivée à Lyon. Et près du stade Gerland, tout le monde retenait son souffle. Depuis quinze kilomètres, le Français Julien Simon faisait la course en tête. Pour la première fois depuis le départ de Corse, la France tenait peut-être son premier vainqueur d’étape. Sauf que le sort en a décidé autrement. Julien Simon a vu ses compagnons d’échappée revenir sur lui à moins d'un kilomètre du but.

« Je n’ai rien à me reprocher »

« Je suis déçu. Qui ne tente rien n’a rien. Même si j’ai une bonne pointe de vitesse, je ne voulais pas attendre le sprint car je savais que c’était trop aléatoire. Quand Albasini me rattrape, j’ai même pensé que je pouvais gagner. Je me suis mis dans sa roue. Mais toute la troupe est revenue », raconte, le visage marqué, le courreur désigné combatif du jour. « J’ai tenté, je suis content. C’est là que je voulais gagner. Je n’ai rien à me reprocher, il n'a manqué presque rien. C’est ma deuxième année sur le Tour et il faut que j’apprenne. Dans les 10 derniers kilomètres, je me suis dit que je devais gagner. Sinon ça ne sert à rien de faire tout ça», continue Julien Simon.

Les yeux rouges et la voix tremblante, Stéphane Heulot, son directeur sportif, commente volontiers le fait du jour : « Il ne fallait pas attendre le sprint. Je savais que la ligne droite était compliquée. Julien avait la fraîcheur qui fallait et il n’y a rien à dire ». Pour l'équipe Sojasun qui a plus petit budget du Tour, cette journée assortie d'une victoire aurait pu être un exemple pout tous.

Stéphane Heulot, qui a porté le Maillot jaune en 1996, sait que le Tour de France est une caisse de résonance incroyable. « Tout le monde mérite une victoire dans le Tour. Pour nous, c’était un moment très fort. Je vis une course extraordinaire. On gagne ensemble et on perd ensemble ». Au moment où ses protégés reviennent dans le bus, il glisse : « C’est bien les gars ».

Dommage pour le copain

« C’est mon meilleur copain et c’est mon compagnon de chambre », raconte Anthony Delaplace. « C’est dommage pour lui. C’est un de mes meilleurs potes en dehors du vélo et je croisais les doigts pour qu’il gagne. J’attendais et les derniers kilomètres ne passaient pas vite...»

Dans l’équipe Sojasun, le plan était en place. Avec la journée d’hier et cette étape de folie qui a vu Alejandro Valverde descendre du podium, tous étaient persuadés qu’il pouvait y avoir une ouverture.

« On n’entendait plus rien dans l’oreillette. J’ai vu sur la ligne qu’il avait perdu en voyant son nom sur le panneau. Dommage. Mais c’est bien pou nous car nous sommes une petite équipe. Ça ne se joue à rien. J’avais dit aux gars, si jamais on apprend qu’il a gagné, on se met derrière le peloton et on passe la ligne en levant les bras. J’aurai tellement aimé faire ça », relate Brice Feillu. En 2009, il avait eu le privilège de connaître l’ivresse d’une victoire sur le Tour entre Barcelone et Andorre-Arcalis.

« Je connais bien Julien Simon est c’est un bon coureur. Malheureusement je crois qu’il est parti de trop loin… », analyse Patrick Lefevere, le directeur sportif du vainqueur du jour : Matteo Trentin.

Julien Simon a compté plus de 25 secondes d'avance dans la Croix-Rousse, la dernière bosse du jour. Mais il a dû s'avouer vaincu à seulement 700 mètres de la ligne. Il avait déjà raté le Maillot jaune pour une petite seconde en Corse. Décidemment...

tags: Cyclisme - France - Sports - Tour de France 2013
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