Tour de France: Navarro redonne le sourire à l’équipe Cofidis

Si le Tour de France est un rêve pour tous les coureurs, ces trois semaines de folie peuvent vite devenir un calvaire. C’est un peu ce qu’a vécu l’équipe Cofidis lors de cette centième édition. Mais l’Espagnol Daniel Navarro, désormais à la 8e place du classement général, a redonné le sourire à ses coéquipiers.
Le Grand-Bornand, envoyé spécial
Cette année, le Tour de France de l’équipe française Cofidis a très vite tourné au cauchemar. Dès le départ en Corse, les deux leaders de la formation, Jérôme Coppel et Rein Taaramäe, se sont retrouvés pris dans une chute. Le deuxième jour, ils perdaient trop de temps pour espérer faire un bon classement à Paris.
Ce vendredi 19 juillet, l’équipe Cofidis a néanmoins retrouvé des couleurs. S'il n'y a plus de Français dans le top 10 depuis l'abandon de Jean-Christophe Péraud (AG2R La Mondiale), l'un de leur coureurs pointe désormais à la 8e place au classement général.
« Mon meilleur jour sur le Tour »
Avant l'étape du jour, Daniel Navarro n'était que 13e. Mais l'ancien équipier d'Alberto Contador a réussi à se glisser dans la large échappée qui a abouti à la victoire du Rui Costa. Il termine cinquième de l'étape à 1'55" du Portugais.
« Je suis heureux aujourd’hui, confie le natif de Gijón (Asturies). C’était mon meilleur jour sur le Tour de France. Je savais que cela allait être difficile de battre Rui Costa. Mais je suis heureux de rentrer dans le top 10. Demain, je vais lutter pour garder cette place même si l’étape ne sera pas une partie de plaisir. » L’avant-dernier rendez-vous risque d’être compliqué : six ascensions sont au programme, sur 125 kilomètres.
« Pour moi, le rêve ultime, c’est de gagner une étape, explique Navarro. Mais pour l’équipe, placer un coureur dans les dix premiers est une bonne chose. » Au pied du bus de son équipe, alors que la pluie redouble d’intensité, l'Espagnol sait au fond de lui-même que la prestation du jour est déjà une délivrance.
« Ce sont des bosseurs »
« C’est une juste récompense pour notre travail, considère Yvon Sanquer, le manager ravi des Cofidis. On ne baissera pas les bras, on a tourné la page des chutes du début de Tour. Il faut être positif. » Si la malchance n’a pas été simple à gérer, ce sont les critiques qui ont le plus affecté Yvon Sanquer. « Egoitz Garcia est allé faire cinquième à Lyon. Luis Angel Mate a été présent dans des échappées. Ce sont des bosseurs, des gars qui donnent beaucoup pour nous », lâche-t-il.
Et d'ajouter : « Il y a eu des moments délicats. Le sport professionnel, ce n’est pas quelque chose de facile. Nos coureurs ont beaucoup d’énergie mais certaines fois, il faut être présent pour leur donner un coup de pouce. »
« Pris par l'enjeu »
Après l'étape, alors que beaucoup de coureurs sont déjà au chaud dans les bus, Rein Taaramae arrive. Son regard vers Yvon Sanquer en dit long. Les deux hommes se prennent dans les bras. Pour le manager, « Rein vit une situation difficile. Il est déçu. Il est conscient qu’il est loin de son meilleur niveau. Il faut qu’il retrouve la sérénité. Il a un potentiel énorme. »
Ce vendredi soir, Daniel Navarro - qui a débuté chez les professionnels en 2005 - a réconforté son équipe avec cette bonne prestation. « C ‘est un mec facile à vivre, calme et peu bavard. Il est parfois pris par l’enjeu », commente Yvon Sanquer.
Par son classement, Navarro va peut-être permettre à l'équipe Cofidis de terminer cette centième édition du Tour de France en traversant les Champs-Elysées la tête haute. C’est déjà beaucoup.

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