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    Priscilla Gneto: championne de judo, fille de sportifs, fan de Drogba

    media La judokate française Priscilla Gneto. R.BURZA/FFJDA

    A 23 ans, Priscilla Gneto s’apprête à disputer ses troisièmes Championnats du monde seniors de judo. La Française, médaillée de bronze aux Jeux olympiques 2012, rêve d’un titre en moins de 52 kg, en Russie (25-31 août). Portrait d’une championne joviale et ambitieuse, fille d’un ancien footballeur ivoirien et d’une ex-handballeuse.

    A 23 ans, la judokate Franco-Ivoirienne Priscilla Gneto n’est pas encore la reine incontestée des tatamis. Mais celle que son amie et coéquipière Automne Pavia qualifie affectueusement de « petite princesse » s’est déjà taillée une solide réputation, avec une médaille de bronze aux Jeux olympiques 2012, notamment.

    A quelques jours des Championnats du monde 2014 (25-31 août en Russie), elle affiche ses ambitions : « Ramener l’or est vraiment mon objectif. Si je ne gagne pas, je serais dégoûtée. Après, je ne cracherai sur aucune médaille, que ce soit sur l’argent ou même le bronze. Par contre, si je reviens sans rien, je serai très déçue ! »

    Deux années difficiles

    Priscilla Gneto a vécu deux années difficiles depuis les JO. Elle a été mise en cause dans une affaire de bagarre entre judokates françaises, avant d'être récemment relaxée. Surtout, elle a souvent été blessée.

    La pétillante jeune femme aurait pu craquer suite à ses grosses blessures à l’épaule gauche et à un ligament du genou droit. Mais elle s’est accrochée, renforçant l’admiration de son partenaire en club Teddy Riner. « Même quand Priscilla a eu sa blessure au croisé (genou, Ndlr), elle a toujours gardé le sourire, souligne la star incontestée du judo français. C’est quelqu’un qui a sa place en équipe de France de part ses résultats et de part son courage et sa détermination ».

    Automne Pavia, elle, a souffert pour son amie : « Je me suis mise à sa place. Ça a dû être très dur pour elle. Mais elle s’est toujours accrochée. Elle a gardé le sourire, même durant la rééducation. Quand on partait en compétition, elle m’envoyait plein de messages d’encouragement. Alors que ça a dû être très difficile de regarder les autres avancer. »

    Priscilla Gneto a pu compter sur un soutien de poids. « Les conseils de mon père m’ont fait du bien, explique-t-elle. Quand je me posais des questions, il a répondu présent et a su trouver les mots pour me remotiver. Et quand il fallait me laisser seule, il a su me laisser dans mon coin et ne pas trop en faire ».

    Des parents sportifs de haut niveau

    Le père en question n’est pas n’importe qui. Il s’agit de Gneto Kpassagnon, ancien footballeur international ivoirien. Cet ex-défenseur de l’Africa Sports d’Abidjan a disputé la Coupe d’Afrique des nations 1996 avec les « Eléphants ». La mère de Priscilla Gneto n’est pas en reste. Elle a joué en équipe nationale ivoirienne de handball.

    Avec de tels parents, difficile d’échapper aux anecdotes et conseils, confirme une Priscilla Gneto hilare. « Quand je dis à mon père que je vais me reposer un peu, il me répond : "Ah non ! Quand tes adversaires dorment, toi, tu dois t’entraîner. Parce que moi, quand j’étais footballeur, pendant que mes adversaires dormaient, j’étais en train de courir.»

    Ce n’est que quand Priscilla Gneto avait 7 ans que son père a enfin posé son sac de sport. Et c’est à Porto-Vecchio, en Corse, que la native d’Abidjan a débuté le judo, à l’âge de 11 ans. « Je suis restée dans ce sport parce que j’avais des facilités, au début, dit-elle. Je gagnais des compétitions et je battais les garçons. Tout s’est enchaîné vite. »

    La judokate française Priscilla Gneto. R.BURZA/FFJDA

    A 13 ans, Priscilla Gneto intègre ainsi le Pôle Espoirs de Corse, début d’une grande aventure qui la conduit ensuite à l’Institut national du sport, de l'expertise et de la performance, puis à une médaille de bronze en Championnats du monde juniors 2010. La suite est plus connue, avec le même métal gagné le 29 juillet 2012 à Londres.

    Un voyage avec Hollande et une rencontre avec Ouattara

    Des succès qui lui valent une reconnaissance en France et dans son pays d’origine. A tel point qu’elle est conviée à un voyage diplomatique du président François Hollande en Côte d’Ivoire, en juillet dernier. « Quand j’ai reçu un appel sur le sujet, j’ai été très surprise, s'amuse l’intéressée. J’ai même cru que c’était une blague ».

    Elle s’envole dans la foulée vers Abidjan avec une cohorte de personnalités politiques, économiques, sportives et culturelles. « J’étais vraiment très honorée, s’enthousiasme-t-elle. Mais le moment venu, c’était vraiment bizarre, très spéciale. Je n’aurais jamais imaginé me retrouver avec des ministres ; et encore moins avec le président, même si on avait déjà rencontré François Hollande après les Jeux ». Elle poursuit : « Et puis, aller en Côte d’Ivoire, rencontrer le nouveau président (Alassane Ouattara), c’était vraiment énorme ! »

    Pas sûr, en revanche, qu’elle serait allée saluer Hervé Renard, le nouveau sélectionneur de l’équipe de Côte d’Ivoire de football. Les célèbres chemises blanches de ce dernier ont en effet du souci à se faire. Supportrice inconditionnelle de Didier Drogba et des « Eléphants », Priscilla Gneto estime que l’entraîneur français a poussé l’attaquant vedette à prendre sa retraite internationale. « Que le nouveau sélectionneur prenne une telle décision, qu’il ait des mots aussi durs par rapport à l’âge de Drogba (36 ans), je trouve ça d’un ridicule ! Tu ne peux pas te passer d’un Didier Drogba. Même à son âge, ce qu’il réalise est énorme. Et il est l’emblème sportif de la Côte d’Ivoire. » Hervé Renard est prévenu : on peut beaucoup plaisanter avec Priscilla Gneto. Mais sûrement pas au sujet de Didier Drogba.

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