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    Jean-Luc Barthès: «Il y a un public pour le rugby en Afrique»

    media Le rugbyman kényan Billy Odhiambo. Ethan Miller/Getty Images/AFP

    Jean-Luc Barthès est le responsable « Afrique » de la fédération internationale de rugby (World Rugby). Pour rfi.fr, le Français fait un point sur la place de cette discipline sur le continent, quelques jours après le coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des nations à XV et des éliminatoires pour le tournoi à VII des Jeux olympiques 2016.

    RFI : Jean-Luc Barthès, la Coupe d’Afrique des nations 1A, qui regroupe les quatre meilleures équipes du continent (Tunisie, Namibie, Zimbabwe, Kenya) hormis l’Afrique du Sud, se déroule pour la première fois sur plusieurs semaines et dans plusieurs pays. D’habitude le tournoi se disputait dans une seule ville et sur quelques jours. Pourquoi ce changement et que pensez-vous de ce mini-championnat à quatre ?

    Jean-Luc Barthès : […] Avec Rugby Afrique (l’ex-Confédération africaine de rugby, Ndlr), nous avons décidé de changer, pour deux raisons.

    La première, c’est que nous voulions offrir plus de matches à jouer aux équipes de ce groupe A. Sur un tournoi classique, les équipes ne jouaient que deux matches et elles ne se préparaient que pour ce tournoi. En rajoutant un match supplémentaire à leur calendrier, ça leur permet d’avoir trois matches et trois moments de préparation. On espère que cette formule va permettre d’élever le niveau des équipes.

    Deuxièmement, on voulait que les équipes puissent jouer dans leur pays à intervalle régulier et qu’elles puissent ainsi présenter le rugby aux spectateurs potentiels. Si les fédérations veulent essayer d’attirer quelques sponsors, il faut que les joueurs soient mis en avant.

    Cette formule est adoptée jusqu’à la saison 2018. Cette année-là, on passera à une formule avec six matches : trois matches aller et trois matches retour. La meilleure équipe de la Coupe d’Afrique 1A 2018 sera qualifiée pour la Coupe du monde (2019 au Japon, Ndlr).

    Pour le moment, il n’y a pas de matches aller/retour pour des questions de budget. Les moyens financiers de Rugby Afrique ne permettent pas de couvrir autant de matches supplémentaires.

    Les équipes africaines de rugby à XV sont réparties dans un système complexe de poules, avec des accessions et de relégations d’une division à l’autre. Y aura-t-il un jour une phase finale de Coupe d’Afrique des nations à 16 équipes, comme on peut en voir en football ?

    Je l’espère fortement ! Ça voudra dire que toutes les équipes ont progressé. Il nous semble que l’écart entre les meilleurs et les moins bons est encore trop important, pour le moment.

    Par exemple, il y a deux saisons, il y avait eu des matches entre le Maroc et l’Ile Maurice ou face au Nigeria. […] Chaque match s’est soldé par un écart de 70 à 80 points d’avance pour les Marocains. Ce n’était intéressant ni pour le public, ni pour les joueurs.

    Nous n’avons donc pas un groupe d’équipes suffisamment étoffé. On s’en rapproche. Pas pour une Coupe d’Afrique à 16. Mais à 8 équipes on devrait y arriver assez rapidement. Mais pour être aussi complet qu’en football, il faudra encore pas mal de temps. L’évolution du niveau des équipes est relativement lent.

    En-dehors de l’Afrique du Sud et de la Namibie, quelles sont les places fortes du rugby à XV en Afrique ?

    En termes de résultats, il s’agit du Zimbabwe et du Kenya. Le Kenya s’intéresse depuis trois saisons au rugby à XV et donc moins exclusivement au rugby à VII.

    La saison passée, les Kényans ont mal géré la Coupe d’Afrique qualificative pour le Mondial 2015, mais ils avaient les moyens, je pense, de se qualifier.

    Le Zimbabwe est aussi une place forte puisque le Zimbabwe a déjà disputé la Coupe du monde. Les Zimbabwéens ont aussi loupé la qualification pour la Coupe du monde 2015 de très peu.

    Ensuite, nous avons la Tunisie qui effectue un très bon retour au premier plan puisqu’ils ont réussi un bon match face à la Namibie en ouverture de cette Coupe d’Afrique des nations 1A 2015. A Nabeul, ils ont été proches d’accrocher des Namibiens qui préparent la Coupe du monde.

    L’Ouganda semble également revenir.

    Avec l’équipe de Madagascar, c’est plutôt cyclique. Ils sortent d’une bonne période avec une équipe de bonne qualité. Mais beaucoup de joueurs malgaches ont arrêté donc ils vont devoir reconstruire leur équipe.

    Et puis, il y a le Maroc et le Cameroun qui ont des problèmes internes. Mais dès qu’ils en seront sortis, ils devraient être compétitifs à un meilleur niveau.

    Enfin, l’Algérie, lorsqu’elle aura mis en place une fédération et des structures, devrait se positionner rapidement dans les meilleures équipes africaines, grâce notamment à l’apport des joueurs qui évoluent en France et qui peuvent porter les couleurs algériennes.

    Vous heurtez-vous parfois à du scepticisme de la part du monde professionnel vis-à-vis de votre mission, développer le rugby en Afrique ?

    Pas spécialement de la part du monde professionnel. Nous avons signé des conventions de partenariat avec la Fédération française et avec la Fédération sud-africaine. La Fédération française parraine les pays francophones et la Fédération sud-africaine s’occupe des pays anglophones. On dispose d’un soutien intéressant de la part de ces deux grosses machines.

    Le scepticisme, on le trouve plutôt chez les gens qui ne connaissent pas cette activité, qui pensent que le rugby est un sport violent et dangereux. Ils voient le rugby avec un œil réticent.

    C’est là que la pratique du jeu par des enfants nous aide beaucoup. Un enfant prend du plaisir et est donc très enthousiaste lorsqu’il rentre à la maison. Les parents s’y intéressent alors un peu, viennent au bord du terrain pour voir comment ça se passe. Ils se rendent alors compte que cette activité, lorsqu’elle est bien gérée, n’est pas plus dangereuse qu’une autre. C’est un long travail, mais on n’arrive un peu à faire changer les mentalités.

    Après, on se heurte au scepticisme de la part des pouvoirs publics, qui ne voient pas toujours l’intérêt de soutenir le développement du rugby. Mais c’est vrai pour la plupart des sports, hormis le football. […]

    Les Africains peuvent-ils s’intéresser à la Coupe du monde de rugby à XV qui débute dans 3 mois, si on exclut évidemment des pays comme l’Afrique du Sud ou la Namibie, qui sont des pays de rugby ?

    Je pense qu’il y a un public pour le rugby. Partout où je vais, je crois des gens qui me disent qu’ils ont regardé tel ou tel match. Ce n’est pas un raz-de-marée, évidemment.

    Notre grand souci, c’est la retransmission des matches. Ils ne sont pas diffusés partout. Il y a encore des progrès à faire pour que chaque événement de cette nature soit accessible à une grande majorité de la population de ces pays.

    Si on veut vaincre les réticences, c’est aussi un des outils à utiliser. Il faut montrer aux jeunes que ce sport est sympa, que ça bouge, qu’il y a de la couleur, qu’il y a de la musique, que c’est un spectacle qui vaut d’être vu.

    Mais, pour le moment, en Afrique, peu de personnes ont accès à ces matches.



    Coupe d’Afrique de rugby à XV : mode d’emploi

    La Coupe d’Afrique des nations de rugby à XV se déroule tous les ans.

    En 2015, les équipes sont réparties dans les trois groupes de niveau suivant :
    - la division 1A avec quatre équipes (Kenya, Tunisie, Namibie, Zimbabwe).
    - la division 1B avec six équipes (Madagascar, Côte d’Ivoire, Sénégal, Ouganda, Maurice, Botswana).
    - la division 1C avec trois équipes (Zambie, Nigeria, Zimbabwe B*)

    Chaque année, le premier de chaque division est promu tandis que le dernier est relégué à l’échelon supérieur.

    Il existe également une deuxième division avec trois sous-groupes régionaux (Nord, Sud et Sud-Est). Elle regroupe une douzaine de nations.

    Les années qui précèdent la Coupe du monde, le vainqueur de la Coupe d’Afrique 1A est qualifié pour la phase finale du Mondial.

    A noter que la Namibie est la nation la plus titrée (4) en Coupe d’Afrique, devant le Maroc et l’Afrique du Sud, trois fois champions du continent.

    * Les équipes du Maroc et du Cameroun étant actuellement suspendues, l’équipe bis du Zimbabwe participe à la division 1C.

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