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    Sports

    Rio 2016: Zelimkhan Khadjiev lutte pour la France

    media Zelimkhan Khadjiev (d) sera à Rio en 2016 pour les JO. Photo: FFL

    Zelimkhan Khadjiev a validé son billet pour les Jeux olympiques de Rio 2016 lors des derniers mondiaux de lutte à Las Vegas il y a quelques semaines. Cet enfant de réfugiées Tchétchènes, arrivé en France à l’âge de dix ans, est un des nombreux lutteurs français né dans le Caucase. La France est devenue sa patrie. Portrait.

    Il dévale l’escalier du centre d’entraînement de l’Insep pour nous rejoindre. Sourire aux lèvres et main ferme au moment de saluer, c’est dans la bonne humeur et pile à l’heure que le juvénile Zelimkhan Khadjiev se présente à nous. Jean, baskets et pull couleur crème, le lutteur de 21 ans nous propose de nous installer dans la salle vide où, quotidiennement, du lundi au vendredi, il fait « souffrir » son corps. Et la souffrance, il en connaît un rayon. « C’est là que je passe la plupart de mon temps et c‘est là que j’essaye de progresser chaque jour », lance ce garçon aux origines tchétchènes, arrivé sur le territoire français à l’âge de 10 ans.

    Pas de papier, mais la lutte dans le sang

    Photo: FFL

    Zelimkhan Khadjiev est issu d’une famille qui a fui la deuxième guerre de Tchétchénie. Un conflit qui a débouché sur un exode massif. Arrivé en France avec ses parents, son frère et sa petite sœur, il a, comme pas mal d’enfants tchétchènes, continué la lutte. La famille s’est installée à Nice où son père connaissait des gens. « Je me souviens on devait aller en Norvège. Comme sur la route on a eu des problèmes, on s’est arrêté en France », raconte Khadjiev en se tordant les doigts. C’est grâce à Sébastien Giaume, président du Lutte Club de Nice, aujourd’hui décédé, que la famille obtient la possibilité de régulariser sa situation. Sur la Côte d’Azur, Zelimkhan Khadjiev a été pris sous son aile par Sébastien Giaume qui présentait toujours Khadjiev comme le prochain grand lutteur français et futur médaillable aux JO.

    Ali Toumi son entraîneur à Nice, se souvient très bien du petit « Zelim ». « On a tout de suite décelé chez lui un talent rare. On a vite compris qu’il avait un don. Ce qui m’a frappé le plus chez lui c’était sa détermination. Je n’avais jamais vu cela ».  À l’époque, il y avait pas mal d’enfants d’origine Tchéchène et pour qu’ils s’intègrent le plus vite possible, il était strictement interdit de parler autre chose que le Français. Sinon, c’était une série de pompes à faire… Mais rien à voir avec les souvenirs de Zelimkhan Khadjiev lorsqu’il était au pays : « Si tu arrivais en retard, tu te faisais frapper », murmure-t-il. « Si tu ne souffres pas, tu ne gagnes pas. Tu n’as qu’à regarder les gueules déformées de certains lutteurs pour comprendre », concède-t-il maintenant.

    Il faut dire qu’en Tchétchénie, la lutte est le sport national. Les entraînements sont difficiles et la discipline est plus que rigoureuse. « Là-bas, on n’avait pas besoin d’argent pour faire ce sport. Un short et un tee-shirt suffisent », avoue-t-il. Alors, lorsqu’il a commencé en France, il a été impressionné par les installations. Et par le pays. « Tous ces grands immeubles, c’était super beau ! C’est ce que je voyais à la télévision », dit-il tout en retenue. Tout cela était tellement loin de son « petit » village natal du Caucase.

    La Marseillaise, c’est magique

    Entre Zelimkhan Khadjiev et la France, c’est devenu une vraie histoire d’amour. Il la « kiffe ». « Avec tous les voyages que j’ai faits, je dis que mon nouveau pays, c’est le top ». Khadjiev a parcouru avec la lutte une grande partie de la planète. Mais c’est revenir dans l’Hexagone qui lui plaît le plus. Dans le déclinisme ambiant que traverse la France, ses propos détonnent : « Va faire un tour en Europe de l’Est et tu vas voir le bordel ! C’est là que tu te dis que la France c’est super ». Quand il rentre à Paris, il se sent comme à la maison. D’ailleurs, il n’est retourné en Tchétchénie qu’une seule fois pour voir sa famille. « Ça me manque, mais pas trop. Ici, je vis ma passion et je suis très occupé ». Cela relève presque d’une idylle amoureuse. Zelimkhan Khadjiev a avoué à son entraîneur niçois que s’il avait atterri autre part, il n’aurait peut-être pas fait carrière. Il est reconnaissant de ce que la France lui a apporté.

    Photo: FFL

    Zelimkhan Khadjiev et ses proches ont vécu des moments terribles et sa pudeur l’empêche de tout raconter. Mais c’est bien de misère dont il s’agit. Alors maintenant, il est heureux d’avoir eu une seconde chance et compte bien en profiter. «J’ai obtenu un titre de champion du monde junioravec les couleurs tricolores et j’ai envie de continuer ». Sur le podium, il se souvient de cette Marseillaise qui lui a fait un bien fou et il voudrait bien remettre le couvert pour Rio 2016. « C’était magique avec le survêtement tricolore, le plus beau truc que l’on puisse avoir ». « Après toutes ces années difficiles, il nous rend fiers et heureux », raconte son père dans un documentaire diffusé sur France 2. « Ils sont graves derrière moi (sic) », enchaîne Zelimkhan Khadjiev qui explique que son père était vétérinaire et sa mère enseignante en Tchétchénie. Aujourd’hui, lui est maçon et elle femme de chambre dans un hôtel. « Ils m’ont donné la possibilité de réussir et je réalise maintenant que c’est beaucoup. C’est grâce à eux que je vais aux JO », confesse-t-il, désolé que ses parents ne puissent faire le métier qu’ils pratiquaient dans leur pays. « Il a des parents extraordinaires, très à cheval sur les valeurs et cela a accéléré sa bonne intégration », raconte Ali Toumi.

    « Zelimkhan Khadjiev a encore une grosse marge de progression. Mais quand on fait un bon tournoi aux championnats du monde, on peut espérer faire une médaille aux JO, avance Didier Païs, son entraîneur à L’Insep. C’est quelqu’un qui est prêt à faire des concessions pour atteindre le meilleur niveau. La lutte lui apporte un statut social et c’est important pour lui de se mettre dans ce projet d’athlète de haut niveau. »

    Zelimkhan Khadjiev a souvent le sourire, il attire la sympathie, mais il est aussi très orgueilleux. Et « c’est ce qu’il faut pour un lutteur de haut niveau », concède Didier Païs. Si la lutte est une discipline qui peine à se renouveler en France, elle peut compter sur les enfants de réfugiés tchétchènnes.

    Zelimkhan Khadjiev en quelques dates :
    Né le 20 mai 1994 en Tchétchénie
    Champion du monde junior en 2014
    Club actuel : Lutte Club de Nice
    Médaillé de bronze aux championnats d’Europe juniors en 2013.
    Champion de France junior 2012, 2013 et 2014
    Champion de France cadet 2010 et 2011
    Sportif préféré : Buvaisar Saitiev

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