GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Dimanche 15 Octobre
Lundi 16 Octobre
Mardi 17 Octobre
Mercredi 18 Octobre
Aujourd'hui
Vendredi 20 Octobre
Samedi 21 Octobre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Sports

    George Eddy: «Populariser encore davantage la NBA en Afrique»

    media George Eddy. ©Sebastien Gabriel

    Après trente années à commenter la NBA sur Canal Plus France, George Eddy va poursuivre sa mission pour les téléspectateurs en Afrique. Le consultant emblématique aborde avec ambition cette nouvelle tâche. Et il jette un regard bienveillant sur le basket-ball africain. Entretien avant la reprise du Championnat nord-américain, ce 27 octobre.

    RFI : George Eddy, que vous inspire le fait de commenter la NBA pour ces nouveaux téléspectateurs ?

    George Eddy : Je me rends compte que, durant mes trente années à Canal Plus, beaucoup de cassettes VHS, de DVD et de téléchargements des matches que j’ai commentés ont circulé, notamment dans les pays d’Afrique francophone. Je suis plus connu là-bas qu’on pourrait l’imaginer. J’ai déjà reçu pas mal de courriers, de messages sur les réseaux sociaux, de la part du public africain.

    Je vais me consacrer à eux maintenant, en essayant d’être aussi professionnel que pour mes commentaires en France. Et j’espère qu’on va réussir à populariser encore davantage la NBA sur ce continent. C’est un vrai défi pour nous.

    Globalement, comment jugez-vous le niveau du basket africain ? Est-il à la traîne par rapport à celui d’autres confédérations ?

    Oui, sans doute, comme l’Asie qui est aussi un peu à la traine. Mais ce sont des questions de culture basket et d’infrastructures. On sait que les infrastructures manquent terriblement sur le continent africain, notamment pour le basket.

    Au niveau du coaching, les Africains tentent de s’inspirer des grands entraîneurs américains et européens. Mais il faudrait encore davantage d’échanges.

    Il faut aussi créer une véritable culture basket, comme les Angolais ont réussi à le faire. Ce mélange de cultures européenne et africaine, avec des moyens consistants, est vraiment un gros succès.

    L’Angola est un peu le modèle pour les autres pays africains qui voudraient progresser.

    Le Nigeria a remporté pour la première fois le Championnat d’Afrique des nations (Afrobasket), cet été. Avez-vous été surpris par cette victoire ou est-elle logique selon vous ?

    C’est plutôt logique. Depuis une décennie, les Angolais dominaient le basket africain, parce qu’ils ont un jeu très soigné, en partie importé du Portugal. En Angola, il y a de belles infrastructures.

    Mais le Nigeria fournit énormément de joueurs NBA. Soit des Nigérians qui passent par les universités américaines. Soit des jeunes d’origine nigériane qui ont grandi aux Etats-Unis.

    Evidemment, Hakeem Olajuwon est le plus connu de tous. Il a été deux fois champion NBA et il est encore aujourd’hui une grande figure du basket mondial.

    Donc on ne peut pas dire que la victoire du Nigeria ait été une grosse surprise.

    De plus en plus de jeunes Américains semblent s’intéresser à l’équipe nationale du Nigeria. Ce vivier peut-il installer durablement les D’Tigers au somment du basket africain ?

    Pourquoi pas ? Le Nigeria est un pays avec une grosse population, où le basket est très populaire. Et puis il entretient de bonnes connexions avec les Etats-Unis. Certains Nigérians passent par les universités et d’autres arrivent même aux Etats-Unis avant le lycée.

    C’est le cas du Congolais Emmanuel Mudiay qui sera la star à suivre pour sa première saison en NBA. Il a grandi en RDC. Il brille depuis de nombreuses années dans le système scolaire américain. Il a joué chez les professionnels en Chine, à l’âge de 18 ans seulement. Et cette année, il est rookie (débutant, Ndlr) en NBA.

    Les deux Congo aussi sont des pays où on aime le basket et ils fournissent des joueurs NBA, comme Serge Ibaka (1).

    D’autres pays africains comme le Sénégal ou même le Cap-Vert peuvent se targuer de produire des basketteurs de très haut niveau.

    Plusieurs Africains pourraient faire leurs débuts en NBA cette saison, comme le Cap-Verdien Walter Tavares, le Tunisien Salah Mejri ou les Sénégalais Maurice Ndour et Youssou Ndoye. En-dehors d’Emmanuel Mudiay, est-ce que l’un d’entre eux a particulièrement les armes pour s’imposer dans la ligue selon vous ?

    Les deux Sénégalais risquent de peu jouer. Salah Mejri est un joueur que j’ai toujours adoré. C’est un énorme contreur. Lorsqu’il était dans le championnat d’Espagne, il faisait toujours partie des meilleurs joueurs en contre. Je pense qu’il aura sa chance à Dallas.

    Mais je pense que c’est Mudiay qui intéresse tout le monde. Avec son potentiel, il peut devenir un des meilleurs joueurs de la NBA d’ici 5 ans. Récemment, lors d’un match de pré-saison, il a inscrit 22 points avec les Nuggets. Denver est une équipe en pleine reconstruction, qui va beaucoup faire jouer les jeunes. Il va emmagasiner beaucoup d’expérience rapidement.

    Quand on pense à des Africains en NBA, deux vedettes des années 1980 et 1990, le Nigérian Hakeem Olajuwon et le Congolais Dikembe Mutombo, viennent immédiatement à l’esprit. Ce sont deux légendes certes, mais qui ont pris leurs retraites il y a plusieurs années… Est-ce que ça veut dire que la relève n’est pas là chez les basketteurs africains ?

    Les joueurs actuels n’ont pas le même niveau que ces deux méga-vedettes. Même si Serge Ibaka (1) se rapproche rapidement de ce très haut niveau.

    Il y a aussi le Congolais Bismack Biyombo qui est un bon joueur de rotation et qui va peut-être briller un peu plus avec Toronto.

    Le Sénégalais Gorgui Dieng a fait une très bonne saison avec Minnesota, une équipe en reconstruction. Donc il aura du temps de jeu. Il devrait pouvoir améliorer ses statistiques. […]

    On ne peut pas dire qu’on a un nouveau Hakeem Olajuwon. Mais il était tellement fort… Il a été pendant deux ans le meilleur joueur au monde.

    Mais peut-être que d’autres vont émerger. Je pense aussi à des garçons qui ont grandi en Europe et qui ont des origines africaines comme Giannis Antetokounmpo de Milwaukee, le « greek freek » (« monstre grec », Ndlr). Il a un potentiel inimaginable à mon avis.

    (1) Né au Congo-Brazzaville, l’intérieur du Thunder d’Oklahoma City défend les couleurs de l’équipe d’Espagne depuis 2011.

    Sur le même sujet
    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.