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    Sports

    Dopage : l’athlétisme kényan est dans l’œil du cyclone

    media Lors du marathon de Nairobi, le 25 octobre 2015. REUTERS/Noor Khamis

    L’Agence mondiale antidopage (AMA) a dévoilé un rapport accablant pour l’athlétisme russe. Le Kenya, seconde nation mise en cause par de récentes enquêtes, n’a pas été inquiété par les révélations de l’AMA. Mais le dopage et la corruption restent toutefois répandus et préoccupants dans ce pays d’Afrique de l’Est, selon les spécialistes.

    « Si les Kényans n’obtiennent pas de résultats sur le [dopage], quelqu’un d’autre devra faire le travail à leur place. » Dick Pound, ex-président de l’Agence mondiale antidopage (AMA), a lancé un avertissement, ce 9 novembre 2015.

    Le Canadien présentait un rapport d’enquête accablant sur le dopage et la corruption au sein de l'athlétisme russe. Interrogé sur le Kenya, le second pays mis en cause par de récentes enquêtes, Pound a précisé sa pensée : « Il semble plutôt clair, à partir du reportage de l'ARD (chaîne de télévision allemande à l'origine de l'enquête de l'AMA, Ndlr) et d'autres développements, que le Kenya a un vrai problème. Et cela a pris beaucoup de temps pour reconnaître qu'il y en avait un. »

    Des résultats sportifs exceptionnels…

    Cette polémique dure depuis plusieurs mois. Mais les résultats de l’athlétisme kényan sont excellents, avec une domination toujours plus impressionnante en courses de fond et de demi-fond.

    En août dernier, le Kenya est ainsi devenu le premier pays d’Afrique à finir en tête du classement des médailles en Championnat du monde.

    La Kényane Pamela Jelimo pourrait par ailleurs récupérer la médaille d’argent olympique du 800 mètres, si les Russes Mariya Savinova-Farnosova et Ekaterina Poistogova, première et troisième des JO 2012, sont suspendues à vie, comme le préconise l’AMA.

    …mais une réputation ternie

    Reste que l’athlétisme kényan est dans l’œil du cyclone. La réputation du pays, où la course à pieds est une affaire presqu’existentielle, est déjà largement ternie.

    Depuis 2012, une trentaine de ses représentant(e)s ont été suspendu(e)s pour dopage, dont la marathonienne Rita Jeptoo.

    En août dernier, ARD et le quotidien britannique The Sunday Times assuraient que le dopage était monnaie courante chez les Kényan(e)s.

    Le Kenya veut contre-attaquer

    Nairobi se sait donc dans le collimateur de l’Agence mondiale antidopage et que la Fédération internationale d’athlétisme (Iaaf) va hausser le ton.

    La presse locale s’inquiète même d’une possible suspension de ses représentants pour les Jeux olympiques 2016.

    En septembre, les autorités kényanes ont tenté de répondre en annonçant un projet de loi pour punir pénalement le dopage.

    La prise de conscience est réelle, assure le Comité national olympique kényan (Nock). « Nous reconnaissons le sérieux des problèmes de dopage au Kenya et de ses conséquences sur l’avenir de nos sportifs et sportives, indique le Nock dans un communiqué. Le gouvernement du Kenya a déjà dépensé 150.000 dollars dans des programmes et activités antidopages. Il travaille à accélérer le processus de législation (sur le dopage) ».

    Un cas différent de celui de la Russie

    Pour le président de la Fédération française d’athlétisme, Bernard Amsalem, le cas kényan n’a toutefois rien à voir avec celui de la Russie. « Le Kenya, comme d’autres pays d’Afrique, n’a pas de gros moyens, rappelle celui qui siège au Conseil de l’Iaaf. Or, si on veut lutter efficacement contre les pratiques dopantes, il faut être équipé d’un laboratoire agréé, d’une autorité indépendante. Tout ça nécessite des moyens importants. A ce niveau, il faut faire preuve de solidarité pour les aider à mettre tout ça en place. Sans tout ça, des mafias s’installent autour de sportifs, qui sont exploités. Il y a ce type de dérives dans ce pays. Mais tout ça n’est pas lié à une volonté politique comme on a pu le noter au sujet de la Russie ».

    Propos de Bernard Amsalem recueillis par Olivier Pron,

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