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    Afrique

    Basket: le Béninois du Mans Mouphtaou Yarou rêve de MBA et de NBA

    media Le Béninois Mouphtaou Yarou. D. Breugnot/MSB

    Mouphtaou Yarou réalise un bon début de saison avec Le Mans, en championnat de France et en coupe d’Europe. Ce pivot de 25 ans, formé aux Etats-Unis et diplômé en finances, est pourtant un des rares basketteurs béninois de haut-niveau.

    Il collectionne les balles au rebond comme un Ecureuil – surnom des athlètes béninois – qui accumule frénétiquement les noisettes. Mouphtaou Yarou, 25 ans et 2 mètres 06, a encore réalisé un beau match, le 25 novembre, en coupe d’Europe de basket-ball (Eurocoupe). Face à Brindisi, le pivot du Mans (MSB) a compilé 16 points et 15 rebonds. Une performance dans la lignée de son début de saison avec le MSB.

    « Je suis un peu satisfait mais je sais que je peux mieux faire, expliquait le Béninois le veille de cette victoire 66-45 face au club italien. J’ai beaucoup progressé par rapport à ma première saison au Mans. Je me sens beaucoup mieux physiquement. Avec mes coéquipiers, tout va très bien ». Il ajoute : « Je peux encore progresser dans tous les domaines, mais surtout en attaque. Je dois être plus agressif. »

    Mouphtaou Yarou a signé en France, en Pro A, en juin 2014. Il sortait d’une première expérience européenne, en Serbie, qui avait très bien démarré mais qui s’est mal finie. Malgré de bonnes prestations, le KK Radnički Kragujevac l’a en effet écarté au bout de quelques mois ; officiellement pour des problèmes de « discipline ». « Mon contrat était fini et ils ne m’avaient pas payé, rétorque-t-il. Après, ils ont voulu s’excuser et l’ont écrit sur Facebook. Mais moi, je leur ai demandé de le faire via les médias. […] Ils ont dit que j’avais un problème avec la discipline mais rien n’est vrai ».

    Une éducation militaire aux Etats-Unis

    Avant son passage en Serbie, l’intéressé a vécu près de huit années aux Etats-Unis. Il y est parti à l’âge de 16 ans, malgré les appréhensions de ses parents. « Un ami de mon frère était coach dans une fac en Virginie, raconte Mouphtaou Yarou. Il m’a offert une inscription et j’y suis allé directement ».

    Le Béninois passe d’abord par un lycée militaire, chemin privilégié pour devenir marins dans l’armée américaine. Il y découvre les réveils à l’aube, la discipline de fer. Sans parler du froid, de la nourriture ou de la barrière de la langue. « J’étais là-bas pour la scolarité, même si je n’excluais pas de devenir militaire, explique le basketteur. C’était juste un tremplin pour quitter l’Afrique et aller aux Etats-Unis ».

    Mouphtaou Yarou atterrit ensuite à Villanova, dans la banlieue de Philadelphie, l’une des meilleures universités du pays pour le basket-ball. « J’ai beaucoup de bons souvenirs là-bas, sourit l’Ouest-Africain. J’y ai rencontré tous mes meilleurs amis. […] Mon ancien coach et mes ex-coéquipiers sont devenus ma deuxième famille. Villanova m’a appris à devenir un meilleur homme et un meilleur joueur ».

    La NBA, un rêve qui s’est éloigné

    Après un cursus de quatre ans et un diplôme en proche, Mouphtaou Yarou tente sa chance en NBA, en 2013. Mais il n’est pas retenu lors de la draft, la session annuelle de recrutement des jeunes joueurs. « Ça reste un gros regret, admet-il. J’ai subi beaucoup de blessures. Et puis, lors de cette draft 2013, il y avait beaucoup de candidats à mon poste. Les équipes ont choisi des joueurs plus jeunes ».

    Cet été là, les franchises NBA lui préférent des joueurs comme le Français Rudy Gobert ou le Sénégalais Gorgui Dieng. « Ils sont beaucoup plus grands et beaucoup plus athlétiques (1). Ils ont quelque chose que je n’ai pas, quelque chose que la NBA aime », concède-t-il.

    « Mais ce n’est pas encore fini, lance celui qui est venu s’aguerrir en Europe. Je continue à travailler. Je suis en Pro A. J’en suis content mais je veux dominer la Pro A. Et l’un de mes objectifs reste d’aller en NBA. […] Je n’abandonne pas ce rêve ». En fin de contrat cet été, Mouphtaou Yarou va encore tenter de devenir le premier joueur béninois de la ligue nord-américaine.

    L’équipe du Bénin entre parenthèses

    S'il y parvenait, ce ne serait pas un mince exploit. Au Bénin, pays davantage connu pour sa tradition universitaire que sportive, le basket-ball reste un sport très mineur. « Il n’y a pas beaucoup d’infrastructures, ni de terrains, explique celui qui a lâché le football pour le basket, sur les conseils de son frère. Le président de la fédération béninoise essaie de trouver des moyens et de motiver les jeunes ». Il souligne : « Le plus important désormais, c’est de créer un championnat local. »

    En attendant, l’équipe nationale peine à exister. Elle a disputé le Championnat d’Afrique (Afrobasket) une seule fois, en 1974. « S’il y a une véritable équipe nationale, je défendrais ses couleurs. Le Bénin est mon pays. […] L’année dernière,on m’a appelé pour les éliminatoires (de l’Afrobasket 2015) mais c’était en février, en plein championnat. Le Mans ne voulait pas me laisser partir. Mais la prochaine fois, je ferai parti de l’équipe ». Il ajoute : « Pour le prochain (Afrobasket), je suis convaincu qu’on va se qualifier. On en parle pas mal avec les jeunes qui jouent aux Etats-Unis. Dès qu’il y aura les éliminatoires, on y sera tous. On a beaucoup de potentiel. »

    Un MBA en préparation

    En parallèle à sa carrière, Mouphtaou Yarou garde un pied dans les études. Cet admirateur du financier ivoirien Tidjane Thiam, le patron du Crédit Suisse, prépare un Master of Business Administration (MBA). « J’aimerais être comme lui, s’enthousiasme le Manceau. Je voudrais devenir le directeur général d’une grande banque et donner de l’espoir aux jeunes, leur monter qu’on peut tout faire ».

    Loin toutefois des aspirations initiales de sa famille. « Mon père, qui est ingénieur agronome, voulait que je sois médecin. Mes parents voulaient que je continue à étudier. Je suis désolé mais ils n’ont pas eu de médecin ! », rit-il.

    (1) Rudy Gobert mesure 218cm et Gorgui Dieng 211 cm. En NBA, les pivots titulaires mesurent rarement moins de 2 mètres 10.

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