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    Le Malien Cheick Diallo grand espoir du basket-ball africain

    media Le Malien Cheick Diallo. Jamie Squire/Getty Images/AFP

    A 19 ans, Cheick Diallo s’est déjà fait un nom aux Etats-Unis. En avril 2015, le Malien a été élu meilleur joueur d’un tournoi entre les meilleurs lycéens d’Amérique du Nord, comme Shaquille O’Neal et LeBron James avant lui. Et l’ailier brille désormais dans le championnat universitaire, avant sans doute d’intégrer la NBA d’ici deux ou trois ans.

    Shaquille O’Neal, Kevin Garnett, LeBron James, Kevin Durant sont des noms fameux dans l’univers du basket-ball. Comme eux, un certain Cheick Diallo a été élu meilleur joueur du prestigieux All-American Game, une rencontre annuelle entre les meilleurs lycéens d’Amérique du Nord. Et comme Wilt Chamberlain, l’un des meilleurs basketteurs de l’histoire, le Malien porte les couleurs des Jayhawks de Kansas University, l’une des plus prestigieuses équipes du pays.

    L’ailier a pourtant eu du mal à intégrer le championnat universitaire (NCAA), cette saison, et ce pour de sombres raisons administratives. Mais Cheick Diallo et son entourage ont remporté leur bras de fer avec la National Collegiate Athletic Association, après plusieurs semaines de conflits. Le natif de Kayes peut donc poursuivre sa marche en avant, entamée en 2010.

    Trop grand pour jouer au football

    « J’ai commencé le basket-ball […] quand j’avais 13 ans, raconte le benjamin d’une fratrie de cinq garçons. Avant je jouais au football. Mon père m’a dit que j’étais devenu trop grand et que je devais trouver un autre sport ».

    Au début, le gamin n’est pas franchement accroc au gros ballon orange. Il lui faut un ou deux ans pour bien se prêter au jeu. « Chez moi, tout le monde faisait du football et personne n’aimait vraiment le basket-ball, explique-t-il. A Bamako, il y avait beaucoup de basketteurs. Mais à Kayes, pas vraiment ».

    Même regarder les matches NBA était compliqué, entre le décalage horaire avec les Etats-Unis et l’accès difficile aux retransmissions télévisées.

    La guerre au Mali a failli tout gâcher

    Un homme repère pourtant le potentiel de Cheick Diallo : un certain Tidiane Dramé, qui organise des stages de détection au Mali. Le jeune Cheick vient de porter le maillot de l’équipe nationale A pour la première fois et Tidiane Dramé insiste pour que le néo-Aigle traverse l’Atlantique. Sa mère n’est pas d’accord, mais son père si.

    Cheick Diallo part finalement pour New York le 14 février 2012. Il s’en souvient comme si c’était hier, car son voyage aurait pu ne jamais avoir lieu : « Quelques semaines plus tard, il y a eu un coup d’Etat à Bamako. » Avec l’instabilité diplomatique, le jeune Malien aurait pu être privé de visa. « J’ai eu beaucoup de chance quand même », sourit-il.

    L’adaptation n’est pas pour autant facile pour Cheick Diallo, qui n’a que 15 ans. « Venir aux Etats-Unis était un rêve », souligne-t-il. Mais la famille, le pays, lui manquent. L’adolescent a des coups de blues. « Les premiers mois étaient vraiment difficiles parce que je ne parlais pas anglais », narre celui qui maîtrise désormais mieux la langue de Shakespeare que le Français.

    La NBA d’ici deux ou trois ans

    Le jeune Africain s’accroche. Il prend confiance et des centimètres ; jusqu’à atteindre 2 mètres 10. Après trois années de cursus, il est ainsi élu meilleur lycéen du pays, en avril 2015. Une première pour un Africain. « C’était un gros truc », lâche-t-il, pas peu fier. « Mon ambition maintenant, c’est de gagner le titre universitaire », ajoute-t-il.

    Cheick Diallo vient à peine d’intégrer la NCAA que la grande NBA lui fait déjà les yeux doux. Le Malien fait actuellement partie des dix jeunes joueurs les plus convoités pour la prochaine Draft (1), en juin. Un honneur d’habitude réservé à des universitaires âgés de 21 ou 22 ans.

    Mais l’ailier fort des Jayhawks n’est pas pressé. « C’est vrai que peu d’Africains ont une opportunité comme celle-ci. Je suis tellement content, glisse-t-il. Mais je ne vais pas encore me lancer en NBA. D’ici deux ou trois ans, je pense ».

    Cheick Diallo serait alors le deuxième Malien à fouler les parquets de la meilleure ligue au monde, après Soumaïla Samaké au début des années 2000. « Beaucoup de gens me parlent de lui. Je ne connais pas Soumaïla. Mais je veux être le deuxième de mon pays à jouer en NBA ».

    D’ici là, le prodige n’exclut pas de disputer un Championnat d’Afrique avec l’équipe du Mali. Histoire aussi de montrer tout ce qu’il a appris depuis son départ de Kayes.
     

    (1) Session annuelle de recrutement des jeunes basketteurs par des équipes NBA. Chacune choisit un joueur à tour de rôle, après un tirage au sort.

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