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    Sports

    Football: neuf mois de scandales à la Fifa

    media Le Suisse Joseph Blatter, président déchu de la Fifa, sous une pluie de faux dollars, lancés par un comédien britannique. REUTERS/Arnd Wiegmann

    Arrestations de plusieurs dirigeants du football, soupçons de corruption autour de l’attribution de plusieurs Coupes du monde, suspensions pour six ans de Joseph Blatter et de Michel Platini… Du 27 mai 2015 au 26 février 2016, la Fédération internationale (Fifa) aura connu une série de scandales sans précédent. Rappel.

    27 mai 2015. Le « Fifagate » commence au petit matin, à Zurich, dans un hôtel de luxe. Sept hauts dirigeants du foot, majoritairement venus des Amériques, sont arrêtés par les autorités suisses, à la demande de la justice américaine. Quatorze personnes au total sont mises en cause, à la veille d’un Congrès de la Fifa et à deux jours de l’élection de son président. Parmi elles, figurent notamment Jeffrey Webb, vice-président du Comité exécutif (le gouvernement) de la Fifa, et Jack Warner, ex-patron de la Confédération de d'Amérique du Nord, d'Amérique centrale et des Caraïbes (la Concacaf, dont le siège est à Miami), qui est déjà la cible de nombreuses allégations de corruption. L'acte d'accusation parle alors de quelques 150 millions de dollars de pots-de-vin et de rétro-commissions qui ont circulé dans le monde du foot le début des années 1990, notamment en Amérique du Nord, centrale et du Sud.

    • La ministre américaine de la Justice, Loretta Lynch, assure par ailleurs lors d’une conférence de presse que l'attribution du Mondial 2010 à l’Afrique du Sud, en 2004, a été entachée de fraude.

    • La justice suisse fait procéder à des perquisitions au siège de la Fifa, à Zurich, dans une procédure ouverte contre X, pour soupçons de blanchiment d'argent et de gestion déloyale autour de l'attribution en décembre 2010 des Mondiaux 2018 et 2022 à la Russie et au Qatar. La Fifa révèle de son côté avoir déposé plainte le 18 novembre 2014, dans ce dossier.

    28 mai. Le président russe Vladimir Poutine accuse les Etats-Unis de vouloir empêcher la réélection de Joseph Blatter.

    29 mai. Blatter, au pouvoir depuis 1998, est réélu pour un cinquième mandat de quatre ans à la tête de la Fifa, malgré le gigantesque tollé suscité par les nombreux scandales qui ont émaillé ses 17 années de règne. Il bat son unique rival, le Jordanien Ali Ben Al Hussein, qui s’est retiré au second tour. « Les fautifs, s'ils sont reconnus coupables, ce sont des individus, pas l'ensemble de l'organisation. Commençons tout de suite à réparer les dégâts », lance le Suisse. Il ajoute sur la Radio Télévision suisse : « Il y a des signes qui ne trompent pas. Les Américains étaient candidats à la Coupe du monde de 2022 et ils ont perdu […] Cette affaire ne sent pas bon. »

    1er juin. La justice brésilienne ouvre une enquête contre Ricardo Teixeira, président de la Confédération brésilienne de foot de 1989 à 2012, pour blanchiment d’argent et fraude entre 2009 et 2012.

    • Le New York Times assure que Jérôme Valcke, le Secrétaire général de la Fifa et bras droit de Blatter, a versé 10 millions d’euros provenant d’Afrique du Sud, en 2008, sur un compte appartenant à Jack Warner, dans le cadre de l’attribution du Mondial 2010. La Fifa reconnaît la transaction mais nie son caractère illégal. Du côté sud-africain, on interroge. « Comment aurions-nous pu payer un pot-de-vin pour des voix, quatre ans après avoir été choisis ? » argumente Danny Jordaan, président de la Fédération sud-africaine de foot.

    2 juin. Stupeur : quatre jours après sa réélection, Joseph Blatter annonce sa future démission, lors d’une conférence de presse : « Il semble que je ne sois pas soutenu par tous dans le monde du football. C’est pourquoi je vais convoquer un congrès extraordinaire et remettre mon mandat à disposition. » Le Suisse appelle à l'élection d'un nouveau président, qui sera plus tard fixé au 26 février 2016.

    3 juin. La presse américaine dévoile la transcription partielle d’une audition de Chuck Blazer. L’Américain, ex-numéro 2 de Jack Warner à la Concacaf, servait de taupe au FBI depuis 2011 au sein du Comité exécutif de la Fifa. Blazer affirme l’existence de pots-de-vin de la part du Maroc lors du processus d’attribution du Mondial 1998 et de la part de l’Afrique du Sud pour le Mondial 2010.

    4 juin. La police sud-africaine annonce avoir ouvert une enquête préliminaire sur les présumés pots-de-vin versés pour obtenir le Mondial 2010.

    • L’ancien ministre des Sports égyptien, Aley Eddine Helal, assure avoir été approché en 2004 par Jack Warner. Ce dernier lui aurait proposé 7 voix en faveur de la candidature égyptienne pour le Mondial 2010 en échange de 7 millions de dollars.

    8 juin. Le Sunday Times sud-africain assure détenir un enregistrement audio prouvant que le Maroc, battu par l’Afrique du Sud pour l’organisation du Mondial 2010, aurait dû accueillir cette première édition sur le sol africain.

    10 juin. La Fifa annonce le report du processus d’attribution de la Coupe du monde 2026, qui devait avoir lieu en 2017 à Kuala Lumpur.

    14 juin. Après plusieurs jours de flottement, le Maroc dément avoir versé des pots-de-vin pour obtenir l'organisation du Mondial 1998.

    17 juin. Les banques suisses « ont signalé 53 relations bancaires suspectes à l'autorité suisse anti-blanchiment » dans le cadre du dossier Fifa, annonce la justice suisse.

    21 juin. La Fédération japonaise de foot rejette des allégations de la presse espagnole selon lesquelles elle aurait versé un pot-de-vin à la Fédération sud-américaine (Conmebol) pour la récompenser de son soutien au Japon, en 1996, lors de l’attribution du Mondial 2002, co-organisé avec la Corée du Sud.

    2 juillet. La Suisse annonce avoir reçu des demandes d’extradition des Etats-Unis pour sept personnalités du monde du football, dont Jeffrey Webb.

    6 juillet. Harold Mayne-Nicholls, ancien président du comité d’évaluation des Mondiaux 2018 et 2022, est suspendu sept ans de toute activité liée au football, par la Fifa. Le Chilien faisait l’objet d’une enquête dans le cadre de l’attribution des deux tournois à la Russie et au Qatar.

    9 juillet. Sans surprise, l’Américain Chuck Blazer est suspendu à vie de toute activité liée au football.

    20 juillet. L’élection du président de la Fifa est fixée au 26 février 2016. Joseph Blatter annonce qu’il ne sera pas candidat à sa propre succession. Lee Nelson, un comédien qui a perturbé le début de la conférence de presse, jette une pluie de faux dollars sur le Suisse.

    29 juillet. Le Français Michel Platini, président de la confédération européenne (UEFA) et adversaire numéro un de Blatter, annonce sa candidature à la présidence de la Fifa.

    11 août. La Fifa désigne l’avocat suisse François Carrard pour diriger une commission des réformes. Ce spécialiste du droit du sport a été directeur général du Comité international olympique (CIO) de 1989 à 2003. Il avait travaillé à réformer le CIO, englué dans des scandales de corruption, suite à l’attribution controversée des Jeux d’hiver 2002 à Salt Lake City (Etats-Unis).

    17 septembre. Jérôme Valcke est démis de ses fonctions. Le Secrétaire général de la Fifa est soupçonné d'avoir trempé dans une affaire de revente au marché noir de billets pour les matches du Mondial 2014.

    24 septembre. Michel Platini, accusé par Blatter d’avoir soutenu le Qatar pour le Mondial 2022, à la demande de l’ex-président français Nicolas Sarkozy, admet qu’il avait « peut-être » promis de voter pour la candidature américaine.

    25 septembre. La justice suisse entend Michel Platini comme témoin assisté concernant un paiement de 1,8 million d'euros reçu en 2011 de la part de Joseph Blatter. Ce dernier est, lui, mis en examen dans cette affaire, mais aussi pour la signature d’un contrat de droits télévisés présumé déloyal envers la Fifa. Le Suisse aurait en effet bradé à certains pays les droits de retransmission des Mondiaux 2010 et 2014.

    29 septembre. Sans surprise encore, le Trinidadien Jack Warner, mis en cause dans plusieurs scandales de corruption depuis une décennie, est suspendu à vie de toute activité liée au football.

    2 octobre. Coca-Cola, McDonald's, Visa et Budweiser, quatre des plus gros sponsors de la Fifa, réclament un départ immédiat de Joseph Blatter et des réformes en profondeur à la Fifa.

    7 octobre. Joseph Blatter martèle une nouvelle fois qu’il restera à son poste jusqu’au 26 février 2016.

    8 octobre. La commission d'éthique de la Fifa frappe fort. Elle suspend 90 jours Blatter, Platini et Valcke pour diverses infractions supposées aux règlements de l’institution. Le Sud-Coréen Chung Mong-joon, ancien vice-président de la Fifa et autre candidat à la présidence, est, lui, suspendu six ans de toute activité liée au foot.

    • Issa Hayatou, patron du foot africain depuis 1988, est propulsé président par intérim de la Fifa pour les cinq prochains mois, en sa qualité de vice-président le plus âgé. Le Camerounais, qui avait échoué à la présidentielle de 2002 face à Blatter, succède au Suisse. « On suspend le président de la Fifa, on suspend le président de l'UEFA (Michel Platini, Ndlr); n'importe qui, qui ''déconnera'', sera suspendu », prévient-il dans Radio Foot Internationale. Ce dernier conduira l’institution jusqu’à l’élection d’un successeur.

    16 octobre. Der Spiegel relance des accusations de corruption dans l’obtention, en 2000, de la Coupe du monde 2006. Selon l’hebdomadaire, le comité de candidature allemand, alors présidé par le champion du monde 1974 Franz Beckenbauer, aurait versé 6,7 millions d’euros afin d’acheter des votes.

    20 octobre. La Fifa annonce que la candidature de Platini à l’élection est gelée jusqu’à la fin théorique de sa suspension, le 5 janvier 2016.

    3 novembre. La police allemande procède à des perquisitions au siège de la Fédération allemande de foot, dans le cadre de l’obtention controversée du Mondial 2006.

    • L’ancien président de la Confédération brésilienne de foot, José Maria Marin, est extradé vers les Etats-Unis. Il est l’un des sept dirigeants ou ex-dirigeants de la Fifa arrêtés et placés en détention à Zurich, fin mai. Un des autres accusés, Jeffrey Webb, avait déjà accepté d’être extradé vers les Etats-Unis et remis aux autorités américaines le 15 juillet.

    9 novembre. Suite au tollé suscité par l’attribution controversée du Mondial 2006, Wolfgang Niersbach, le patron de la Fédération allemande de foot, annonce sa démission.

    12 novembre. La Fifa annonce avoir validé cinq candidatures pour sa présidentielle : celle du Secrétaire général de l’UEFA Gianni Infintino, celle du patron du foot asiatique le Bahreïni Cheikh Salman, celle du président de la Fédération jordanienne Ali Ben Al Hussein, celle du Français Jérôme Champagne, et celle de l’homme d’affaires sud-africain Tokyo Sexwale. Le dossier du Libérien Musa Bility, lui, est retoqué pour des irrégularités. Le cas de Michel Platini reste en suspens.

    18 novembre. Les appels de Platini et Blatter, concernant leur suspension provisoire, sont rejetés en interne par la Fifa.

    3 décembre. L’histoire se répète à Zurich. Deux vice-présidents de la Fifa sont arrêtés au petit matin, toujours à la demande des Etats-Unis. Il s’agit du Paraguayen Juan Angel Napout et du Hondurien Alfredo Hawit Banegas. Dans la soirée, la ministre américaine de la Justice évoque un total de 16 nouveaux responsables du foot, tous latino-américains, inculpés ce jour là. Et ce seraient désormais 200 millions de dollars qui auraient été détournés, depuis 1991, selon Loretta Lynch. Une nouvelle vague d’arrestations au Pérou, en Equateur ou au Guatemala, s’ensuit le lendemain.

    11 décembre. Le Tribunal arbitral du sport (TAS), instance suprême en matière de litiges sportifs, maintient la suspension provisoire de Platini à la Fifa, estimant qu'elle ne cause pas un dommage irréparable au Français.

    21 décembre 2015. Ultime déflagration en 2015 : Blatter et Platini sont suspendus huit ans de toute activité liée au football par la Commission d’éthique de la Fifa. Celle-ci les condamne pour abus de position, conflit d'intérêt et gestion déloyale, concernant 1,8 million d’euros versés par Blatter à Platini, en 2011. Les deux hommes affirment depuis plusieurs semaines qu’il s’agit d’un reliquat de salaire du Français, pour un travail de conseiller effectué entre 1999 et 2002 ; un salaire négocié sur la base d’un contrat oral. Une explication pas convaincante pour la justice interne de la Fifa. Dans la foulée, Blatter annonce qu'il fera appel devant la chambre des recours de la Fifa, puis devant le TAS et la justice civile suisse. Le clan Platini indique qu'il en fera de même. Il dénonce une machination visant à l’empêcher d’être candidat à la présidentielle.

    7 janvier 2016. Michel Platini annonce qu'il retire sa candidature pour la présidence de la Fifa. « C’est une question de calendrier, mais pas seulement, assure-t-il. Comment remporter une élection quand on est empêché de faire campagne » ? Il ajoute : « En me retirant, je fais le choix de me consacrer à ma défense. »

    13 janvier. La Fifa annonce le licenciement de Jérôme Valcke.

    23 janvier. Le FBI enquête sur le versement de 6,7 millions d'euros effectué par la Fédération allemande à la Fifa dans le cadre de l'attribution de la Coupe du monde 2006, assure le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung.

    26 janvier.
    Le Paraguayen Alejandro Dominguez est élu président de la Confédération sud-américaine de football (Conmebol). « Il est temps de changer et de ramener le football sur le chemin de la gloire » lance celui qui veut tourner « une des pages les plus tristes de notre histoire ».

    5 février. La Confédération africaine de football, plus gros réservoir de voix pour l'élection du président, apporte son soutien au Cheikh Salman.

    12 février. Jérôme Valcke est suspendu 12 ans par la Fifa de toute activité liée au football.

    24 février 2016. La chambre d'appel de la Fifa réduit les suspensions de Michel Platini et Joseph Blatter de 8 à 6 ans. Platini dénonce une « décision insultante, honteuse et un déni de droit », et se tourne vers le Tribunal arbitral du sport, tout comme Blatter.

    26 février 2016. Le Suisse Gianni Infantino est élu président de la Fifa au 2e tour du scrutin, après que le Congrès de la Fifa aie adopté plusieurs réformes dont la limitation des mandats. « Nous allons restaurer l'image de la Fifa, lance l'ex-Secrétaire général de l'Uefa. Le monde entier respectera la Fifa ».

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