GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Mardi 6 Décembre
Mercredi 7 Décembre
Jeudi 8 Décembre
Vendredi 9 Décembre
Aujourd'hui
Dimanche 11 Décembre
Lundi 12 Décembre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    France

    JO 2016: Samir Aït-Saïd, des anneaux et de l’or

    media Samir Aït-Saïd lors des Championnats d'Europe de gymnastique en 2015. AFP PHOTO / PASCAL GUYOT

    Le Français Samir Aït-Saïd a gouté à l’or durant les Championnats d’Europe de gymnastique en 2013. L’année précédente, il n’avait pas pu se rendre à Londres pour les JO à cause d’une blessure grave. Cette fois, c’est à Rio que ce jeune homme d’origine kabyle, un ambitieux qui s'intéresse à tout, compte décrocher le Graal. Rencontre.

    « Viser la lune me fera toucher les étoiles », a fait tatouer sur son bras Thomas Bouhail, son ancien coéquipier et pote en équipe de France. Assis dans la salle d’entraînement de l’Insep*, Samir Aït-Saïd attend impatiemment son étoile. Et il y croit plus que tout. Dans un coin, trois jeunes filles s’exercent à la poutre. Face à lui, un jeune garçon transpire et grimace sur son cheval d'arçons. A sa droite, un autre gymnaste fait des soleils à la barre fixe.

    « J’ai la hargne et je veux prendre ma revanche »

    Cette salle, c’est son univers, là où il vient travailler d’arrache-pied pour s’offrir cette étoile au firmament des Jeux olympiques de Rio en août prochain. Mais l’échéance paraît si lointaine en ce jour de janvier où le vent et la pluie rappellent que nous sommes encore en hiver et loin de l’Amérique du Sud. Sauf que Samir Aït-Saïd a toutes les chances d’arriver à ses fins tant la détermination est un trait de son caractère.

    Il faut dire que lorsque les gymnastes français avaient traversé la Manche pour les JO de Londres en 2012, lui était resté chez lui à cause d’une blessure grave au genou droit, contractée lors des Championnats d'Europe à Montpellier. « J’ai la hargne et je veux prendre ma revanche, dit-il en soupirant. Je n’ai vraiment pas digéré ce qui m’est arrivé il y a quatre ans ».

    Samir Aït-Saïd a l’intention de prouver à son monde qu’il est capable de décrocher l’or olympique. « Voilà ce qui me fait rester dans la salle », lance le champion d’Europe 2013 aux anneaux (bronze en 2014 et argent en 2015), son agrès de référence depuis sa chute au saut de cheval qui avait brisé son rêve olympique. Samir Aït-Saïd, 26 ans, fait partie de ces athlètes qui peuvent s’entraîner jusqu’à plus soif, et même à en devenir saoul.

    La Kabylie dans le cœur

    Mais à qui cet étudiant en kinésithérapie veut-il prouver qu’il est capable de briller au Brésil ? Tout d’abord à son père, amateur de sport de combat qui aurait bien vu son fils embrasser une carrière de judoka. Mais le petit Samir en a décidé autrement. Enfant, il aimait la gym à l‘école et en a fait son sport de prédilection, ce qui ne l’empêche pas par ailleurs de faire de la boxe thaïlandaise et apprécier le MMA*. Samir Aït-Saïd affectionne les sports de contacts. « C’est un peu ce qui fait ma force dans la gymnastique », raconte celui qui veut s’entraîner uniquement pour « la médaille ».

    D’origine kabyle, Samir Aït-Saïd pense souvent à sa famille, au sourire de sa mère et à la joie de son père chauffeur de bus, qui, à 50 ans, va passer sa ceinture noire de karaté. Il n’oublie pas non plus sa grand-mère paternelle, avec qui il a appris le kabyle, et qui vit toujours dans la cité populaire où il a grandi à Champigny-sur-Marne, un fief communiste du Val-de-Marne dans la banlieue parisienne. Alors qu’il signait des autographes dans les travées du palais omnisports de Bercy lors des internationaux de France de gymnastique, il la croise et lui « claque » la bise. Elle lui lance : « C’est aujourd’hui que tu joues au foot ». Il en rigole encore. Le jour où il a été invité sur le plateau de Berbère Télévision, il n’a pas manqué d’emmener la grand-mère qui était aux anges.

    Entendre la Marseillaise

    Plus jeune, Samir Aït-Saïd allait souvent en Algérie. « Je me souviens de mon arrière-grand-mère qui ne parlait pas un mot de français. C’est pour causer avec elle que j’ai appris la langue maternelle de mes parents », se remémore-t-il. « La seule fois où je la voyais essayer de comprendre le français, c’est quand elle se mettait devant la télé pour regarder la série Colombo. Moi, j’hallucinais ». Samir Aït-Saïd, fier de ses origines, veut entendre la Marseillaise à Rio. Il est aussi très fier d’être Français et le crie à qui veut bien l’entendre. En plein débat sur la déchéance de nationalité pour les binationaux, il avoue son désarroi : « La Kabylie c’est la terre de mes ancêtres, mais moi je suis fier de porter les couleurs tricolores ». Sa famille, la France, c’est son moteur. Avec son visage juvénile, sa coupe de cheveux à la mode, ses deux oreilles percées, Samir Aït-Saïd incarne une grande partie de la jeunesse française, celle que l'on croise à chaque coin de rue.

    En avril, l’équipe de France sera à Rio pour le Test Event de gymnastique et jouera les qualifications. Ensuite, il y aura les Championnats d’Europe. « Je suis dans l’état d’esprit de ne faire de cadeau à personne. La place pour les JO est très chère. Je voudrais rapporter deux médailles du Brésil ». Mais pour le moment, Samir Aït-Saïd vit au jour le jour, ne se projette pas et ne se réveille pas la nuit. « Je fais attention à tout ce que je fais et j’essaye d’être le plus intelligent possible dans ma préparation ». Il sait que tout peut basculer et que rien n’est acquis. Les vieux démons de 2012 sont encore là...

    Les anneaux, c’est une histoire de force et aussi une histoire de perfection. « Je suis un peu une tête de mule et je ne veux pas faire les choses à moitié », explique-t-il. Le Samir Aït-Saïd de la vie de tous les jours est un garçon pressé, qui vit entre le gymnase de l’Insep et ses cours de kinésithérapie. Et qui rêve de décrocher sa bonne étoile au Brésil.

    * Institut national du sport, de l'expertise et de la performance

    * MMA - sport de combat associant pugilat et lutte au corps à corps

    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.