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    Mixed Martial Arts: Francis Ngannou le Lion indomptable en cage

    media Le Camerounais Francis Ngannou. Xavier Revuelta / MMA Factory

    Francis Ngannou participera au Festival des arts martiaux le 26 mars 2016 à l’AccorHotels Arena de Paris-Bercy. Le Camerounais viendra y présenter le Mixed Martial Arts (MMA), une discipline qui a  mauvaise réputation en France. Un MMA auquel cet ex-boxeur est venu après bien des galères et où il s’est rapidement imposé comme un grand espoir. Portrait.

    Il ne faut pas réveiller un lion qui dort, dit le dicton. Surtout lorsque le lion en question mesure 193cm, pèse 113kg et est une des nouvelles coqueluches du Mixed Martial Arts (MMA), un sport de combat partiellement interdit en France.

    Seulement voilà, Francis Ngannou, 29 ans, ne semble pas coller exactement à la mauvaise image véhiculée par sa discipline. Et ce n’est sans doute pas un hasard s’il a été choisi, avec plusieurs autres membres de la MMA Factory, un club parisien réputé dirigé par Fernand Lopez Owonyebe, pour assurer une démonstration au Festival des arts martiaux, ce 26 mars 2016 à Bercy.

    « C’est pour faire en sorte que les gens voient ce sport d’une manière plus positive, que les choses avancent dans la légalisation en France du MMA », glisse doucement le Camerounais, qui émerge à peine d’une sieste sur un des tapis de la MMA Factory.

    Un amoureux de la boxe poussé vers le MMA

    Recroquevillé sur une chaise trop petite pour lui, Francis Ngannou raconte comment il est venu au Mixed Martial Arts, alors qu’il ne jurait que par la boxe. « Ça ne fait même pas trois ans que je fais du MMA, raconte-t-il. J’ai compris que ce n’était pas forcément le truc violent qu’on voit à la télé, où l’on se tape dessus n’importe comment. C’est très structuré avec des règles bien précises. Avant, je ne connaissais pas ça. Je voyais ça à la télévision et je me disais "c’est quoi ce sport ?!" Ce n’était pas mon truc. Je n’avais d’yeux que pour la boxe anglaise ».

    Des proches insistent tout de même pour que Francis Ngannou tente sa chance. Nous sommes en 2013, et la carrière du boxeur, qui vient alors tout juste de quitter le Cameroun pour l’Europe, stagne désespérément. « J’étais tout nouveau en France, personne ne me connaissait, soupire celui qui s’entraîne parfois avec son compatriote Carlos Takam. Et le MMA n’est pas un cercle fermé comme celui de la boxe anglaise ».

    A la Factory, le natif de Yaoundé commence par pratiquer les deux disciplines. Puis il délaisse progressivement le ring pour la cage de combat. « J’ai commencé à aimer ça, à participer à des compétitions, explique Francis Ngannou. C’est allé assez vite, jusqu’à ce que je me retrouve un matin, au bout de deux ans, à signer avec l’UFC ».

    Une première victoire spectaculaire en UFC

    En août dernier, Francis Ngannou décroche en effet le gros lot en s’engageant avec l’Ultimate Fighting Championship, la plus prestigieuse ligue de MMA au monde. « C’est venu combler un manque, confie l’intéressé. J'attendais ça : le fait d’avoir l’opportunité de s’exprimer, de me faire valoir, la chance de me présenter ».

    Et Francis Ngannou ne manque pas ses grands débuts en UFC, à Orlando aux Etats-Unis. Le 19 décembre, celui qui gagne le surnom « Predator » terrasse le Brésilien Luis Henrique avec un enchainement de coups de poings aussi dévastateur que spectaculaire. Un héritage de ses années de pugiliste. De quoi, en tout cas, nourrir ses ambitions : « J’ai un seul objectif : avoir la ceinture de champion dans ma catégorie et la garder aussi longtemps que possible. »

    Développer la boxe et le MMA au Cameroun

    Avec sa première victoire en MMA, le Camerounais gagne d’un coup des milliers de suiveurs sur Twitter, y dépassant en popularité son compatriote Luc Mbah a Moute, basketteur en NBA. S’il devient une star outre-Atlantique, Francis Ngannou attire aussi un peu l’attention en Afrique. « Si j’en crois les messages reçus sur les réseaux sociaux, on y a plutôt une bonne image du MMA. Ce n’est pas encore très développé au Cameroun. Mais il y a plusieurs bons projets pour ça ».

    Francis Ngannou esquisse un sourire timide : « Pour moi, c’est très important, car ce sont mes terres et mes racines. […] Si nous, qui avons déjà la connaissance de ce sport, pouvons contribuer à son développement là-bas, ce sera avec plaisir. » Il ajoute, au sujet d’un projet de salle de boxe anglaise: « Après mon prochain combat (1), je vais d’ailleurs aller au Cameroun. […] Je vais essayer de donner aux enfants, malgré mon manque de moyens, ce que je n’ai pas eu, il y a presque 20 ans. »

    Une enfance difficile

    De fait, Francis Ngannou n’a pas eu une enfance facile. « Je sais où je suis né mais je ne pourrais pas dire où j’ai grandi, expose-t-il. Quand j’avais 6 ans, mes parents ont divorcé. Pendant qu’ils réglaient leur différent au tribunal, j’ai été obligé de vivre à gauche et à droite chez des membres de la famille, jusqu’à ce qu’ils se lassent. Au final, il a fallu attendre que ma mère retourne dans son village pour s’occuper de nous ».

    Malgré toutes ces difficultés, le gamin, puis l’ado s’accroche. Grâce notamment au sport. Mais une hépatite B vient le clouer durant plusieurs mois. « Etant en Afrique, c’était très inquiétant d'un point de vue médical, lâche-t-il. J’étais seul à me prendre en charge. Ça s’est arrangé, heureusement. Mais psychologiquement, j’ai gardé les séquelles de cette période. Parce que les épreuves s’étaient enchaînées ».

    Plus que de la rage, ce fan de Mike Tyson tente alors de puiser de la volonté dans ses tourments passés. « J’ai pris du recul, conclut-il. Il n’y a pas si longtemps, j’ai fait le bilan de ma vie et je me suis dit qu’elle n’avait pas été juste, que tout ce que j’avais fait n’avait pas réussi. Puis j’ai réalisé que, si j’étais tombé plusieurs fois, c’est que je m’étais relevé autant de fois. J’ai développé cette capacité à me relever sans m’en rendre compte. Plus aucun obstacle ne m’effraie ».

    (1) Francis Ngannou affrontera l’Américain Curtis Blaydes le 10 avril 2016 à Zagreb en Croatie.

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