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    La course à pied, un business florissant

    media Le marathon de Paris attire désormais plus de 50 000 persones. THOMAS SAMSON / AFP

    Dimanche 3 avril, ils seront plus de 50 000 participants à se lancer à l’assaut des rues de la capitale française pour la 40e édition du Marathon de Paris. Et pour accompagner les émules de Mimoun ou de Zátopek, l’industrie du running s’est vite mise à la page pour engranger des millions d’euros de chiffre d'affaires.

    « Tout le monde a pris conscience du fait que la course à pied est un sport facile d’accès. La course à pied, c’est une paire de baskets et on court le matin, le soir en rentrant du boulot, sans contrainte ». L’explication de Bob Tahri dans un supplément du quotidien L’Equipe est on ne peut plus claire. Le champion français, médaillé de bronze du 3 000 m steeple des championnats du monde 2009, assiste comme tout le monde à ce phénomène grandissant qui fait les beaux jours des équipementiers.

    Un hobby qui peut devenir coûteux

    Des participants au Marathon de New York en 2015. Mike Stobe / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

    Pour s’offrir son moment de gloire, le coureur à pied qui prend part, par exemple, au marathon de New York n’hésite pas à casser sa tirelire. A commencer par le prix du dossard qui s’élève à environ 400 dollars.

    Et il faut avoir de la chance pour être choisi parmi les 200 000 demandes annuelles. Aujourd’hui, toutes les grandes capitales du monde ont leur marathon, la vitrine du running.

    La course à pied est donc devenue un vrai business et tout le monde veut sa part du gâteau. L’époque consumériste n’échappe à personne. Fabricants de chaussures, de textile, de montres connectées, de produits diététiques, tous espèrent tirer profit de ce phénomène. Et ça marche !

    La marque française Isostar qui fabrique des boissons et des aliments énergisants, distribuée dans 30 pays, s’est intéressée à la course à pied au début des années 2000. Auparavant elle était principalement connue des cyclistes et des pratiquants de tennis. « Tous les ans, nos ventes progressent », raconte Emmanuel de La Teyssonnière, chef de marque international. Il précise que le marché français est un des plus gros en Europe avec un chiffre d’affaires de 80 millions d’euros. « Aujourd’hui on compte environ une cinquantaine de marques contre dix il y a quinze ans. La part du gâteau a certes augmenté, mais nous sommes désormais plus nombreux à vouloir la partager », concède-t-il.

    Explosion du running au féminin

    Selon une étude publiée en 2014 par Kantar Media et Uniteam Sport, la France compte 7,8 millions de runners et 1,56 million d’entre eux ont participé au minimum à une des 5 971 courses sur route organisées en 2013. Les 25-34 ans (près de 26%) et les 35-49 ans (28%) sont les plus nombreux. Le running au féminin a explosé de 70% entre 2013 et 2014 (3,4 millions de pratiquantes contre 2 millions). Selon l’étude « Le temps libre des Français » dédié aux sports éditée par TNS Sport en 2009, les femmes sont très proches du niveau global de pratique des hommes. Lors du dernier semi-marathon de Paris, environ 40% des partants étaient des… partantes.

    Une autre étude commandée en 2015 par la Fédération française d’athlétisme à l’agence SportlabGroup montre que 20 % des Français déclarent avoir pratiqué en 2014, « ne serait-ce qu’occasionnellement » la course à pied. Soit environ 9,5 millions de personnes. La course à pied est la troisième discipline la plus pratiquée en France derrière la natation et le fitness.

    Le marché français estimé à 1 milliard d’Euros

    Ces millions de coureurs dans l’Hexagone sont donc un potentiel énorme pour les entreprises du secteur. Dans le quotidien économique français Les Echos, le délégué général de la Fédération française des industries du sport & des loisirs, Virgile Caillet, chiffre « autour du milliard d’euros » le marché français. « Chaque année nous avons une croissance de 40 %. La course à pied a explosé en France. En 10 ans, c’est passé d’un sport de passionné à un style de vie », constate Cédric Thomas, responsable France de la marque de chaussures américaine Saucony qui existe depuis 1898 et qui a « démocratisé » sa gamme.

    Un coureur lors de l'Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB) en 2015. JEAN-PIERRE CLATOT / AFP

    Pour améliorer leurs performances, les coureurs n'hésitent plus à dépenser près de 170 euros dans une paire de running high-tech. Neuf millions de paires de chaussures ont été vendues en 2014. « La recherche de concept peut prendre 3 ou 4 années comme le système ISOFIT qui permet à la chaussure de parfaitement s’adapter à votre pied », précise Cédric Thomas. Comme pour la plupart des marques, il y a deux collections par an et chez Saucony, on présente environ 25 modèles.

    La communication passe parfois par des bloggeurs spécialisés qui sont devenus de « vrais leaders d’opinion » dixit Cédric Thomas. Les 69% de cadres supérieurs qui composent le cortège du marathon de Paris sont des cibles toutes trouvées pour les marques. Le seul marché de la chaussure de course en France atteint 405 millions. Pour un coureur assidu, la durée de vie d'une paire de chassures est limitée à 6 mois...

    « Le running, c’est devenu un sacré phénomène », lance Salvatore Corona, qui dirige la société BV Sport. Cette entreprise française fabrique entre autres des manchons de compression au niveau des mollets qui favorisent le retour veineux. L’équipe de France championne du monde de football en 1998 utilisait ce produit. Depuis 2007, les coureurs à pied se sont emparés de cette technologie et le chiffre d’affaires de BV Sport n’a cessé de croitre pour atteindre aujourd’hui cinq millions d’euros.

    Le trail pour sortir du bitume

    Il n’y a pas que sur la route que l’on croise des amateurs de l’effort. L’envie de nature a fait venir des gens au trail, une course ouverte à tous, dans un environnement naturel comme la montagne, le désert ou encore forêt. La surface goudronnée ne peut excéder 20% du parcours. Et chose surprenante, même dans la région parisienne, on s’est lancé dans l’exercice.

    En mars dernier, les Franciliens ont répondu présents lors du 9e Ecotrail de Paris Ile-de-France. « Nous avons multiplié par dix le nombre de participants », s’enthousiasme Jean-Charles Perrin, l’organisateur. Ils étaient plus de 11 500 à s’engager dans les différentes courses proposées sur quatre jours et 75 % des coureurs venaient de la région parisienne. « Les gens viennent changer de cadre en courant dans un milieu naturel et en abandonnant le bitume », raconte Jean-Charles Perrin qui confirme que les marques « ont perçu cette mutation qui s’opère dans la pratique du running ». Aujourd’hui, tous les grands équipementiers proposent une gamme destinée au trail.

    « Il y a une aspiration à être bien dans son corps et un besoin de rapport à la nature, la course à pied est pour cela un des sports les plus accessibles. Contrairement au tennis par exemple, on n’a pas besoin d’avoir de la technique, explique Jean-Charles Perrin. C’est ça la force du running. On est au début de l’histoire ».
     

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