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    Dopage: le Comité international olympique riposte à 80 jours des JO

    media Le président du CIO, Thomas Bach, en mars 2016. FABRICE COFFRINI / AFP

    Le Comité international olympique (CIO) s’est lancé dans une campagne de communication contre le dopage, à 80 jours des JO 2016. Le CIO a ainsi indiqué avoir décelé 31 cas positifs après réexamen d’échantillons des JO 2008. Il s’apprête aussi à étudier des prélèvements effectués aux JO 2012. Le but : éviter de nouveaux scandales à Rio, en août.

    Les Jeux olympiques d’été 2016, prévus du 5 au 21 août à Rio, seront-ils ceux du grand ménage ? C’est ce qu’assure le Comité international olympique (CIO), depuis deux jours.

    A moins de trois mois des JO 2016, le CIO s’est en effet lancé dans une campagne de communication sur le dopage.

    Ce 17 mai, l’institution basée en Suisse a annoncé avoir décelé 31 nouveaux cas positifs, après réexamen de 454 échantillons (de sang et/ou d'urine) prélevés aux JO 2008. Le CIO n’a donné aucun nom, ni précisé s’il s’agissait de médaillés à Pékin. Il s’est borné à expliquer que douze pays et six disciplines différentes étaient concernés.

    Le Comité international olympique a aussi procédé au réexamen de 250 échantillons des JO 2012. Les résultats de ces tests, également réalisés avec des nouvelles méthodes de détection, devraient être connus avant les JO 2016. « L'objectif est d'empêcher tous les tricheurs de venir aux Jeux olympiques de Rio », martèle le CIO dans un communiqué.

    Réaction à la polémique sur les Jeux d’hiver 2014

    Les Jeux d’été ne sont toutefois pas les seuls à préoccuper le Comité international olympique. Les récentes allégations formulées par l’Agence mondiale antidopage (AMA) au sujet du laboratoire de Sotchi (Russie), durant les JO d’hiver 2014, ont poussé Thomas Bach à réagir.

    Ces accusations « sont très détaillées et par conséquent très inquiétantes », indique le patron du CIO dans un communiqué, ce 18 mai. « Nous avons donc demandé à l’AMA de mener une enquête approfondie et d’envoyer un rapport complet au CIO, ajoute-t-il. En conséquence, le CIO va donner pour instruction au laboratoire antidopage de Lausanne, où les échantillons de Sotchi sont conservés pendant dix ans, de procéder, en collaboration avec l’AMA, à leur analyse avec les moyens les plus efficaces et les plus modernes à disposition ».

    Le 8 mai dernier, dans un entretien accordé à la chaîne de télévision CBS, Vitali Stepanov, ancien employé de l’Agence russe antidopage (Rusada), avait accusé quatre athlètes russes dopés d’avoir remporté des médailles à Sotchi. Le 12 mai, c’était au tour de Grigori Rodtchenkov d’enfoncer son pays dans le New York Times. L’ex-patron de Rusada y expliquait que des « douzaines d’athlètes russes, dont 15 médaillés » aux derniers Jeux d’hiver avaient profité d’un système de couverture, avec l’implication des services secrets locaux (FSB).

    « Si l’enquête devait confirmer la véracité de ces allégations, cela révélerait une nouvelle dimension choquante du dopage, assortie d’un degré de criminalité sans précédent », a souligné Thomas Bach, ce 18 mai.

    Du côté de la Russie, on fait profil bas, constate notre correspondante à Moscou, Muriel Pomponne. Le pouvoir russe est bien obligé de se montrer coopératif, car les menaces de sanctions sont très lourdes : des Jeux olymiques sans la Russie seraient inimaginables. Le ministre des sport Vitaly Moutko affirme ainsi que son pays est « prêt à apporter son concours total » à l'enquête de l'agence mondiale anti-dopage. Mais s'il fait profil bas, s'il approuve le fait que « les sportifs dopés, quel que soit leur pays, doivent être sanctionnés », il estime aussi que la responsabilité doit être « personnalisée », « les sportifs propres ne [devant] pas être privés de participer aux compétitions ».

    L’Afrique également dans la tourmente

    La Russie, qui concentre l’essentiel des critiques et des enquêtes en matière de dopage, n’est pourtant pas le seul pays dans la tourmente. Le Kenya et, dans une moindre mesure, l’Ethiopie et le Maroc, ont été récemment épinglés par la Fédération internationale d’athlétisme (Iaaf).

    La Fédération marocaine d’athlétisme a annoncé ce 17 mai l’arrestation de plusieurs athlètes et personnes soupçonnées d’alimenter un réseau de produits dopants.

    Le 12 mai, l’AMA avait déclaré non-conforme les mesures prises par le Kenya pour mettre ses lois en harmonie avec le code mondial antidopage.

    Le 17 juin, le Conseil de l’Iaaf pourrait donc décider d’interdire la participation des athlètes kényans aux JO 2016. Una acte qui s’inscrirait dans la « politique de tolérance zéro » autour de laquelle le CIO communique.

     

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