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    JO 2016: Kate Foo Kune et le badminton, une histoire de famille

    media La badiste mauricienne Kate Foo Kune. IMBC92 / Frédéric Gandard

    A 23 ans, Kate Foo Kune s’apprête à disputer ses premiers Jeux olympiques, à Rio. C’est une première étape pour la double championne d’Afrique, dont la famille est féru de badminton. Rencontre avec la porte-drapeau de Maurice aux JO 2016.

    Chez les Foo Kune, le badminton est une histoire de famille. Le père, Jacques, et la mère, Cathy, se sont rencontrés sur un terrain, durant les années 1970. La fille aînée, Karen, a représenté Maurice aux Jeux olympiques 2008, tandis que la cadette, Kate, s’apprête à disputer les JO 2016.

    « Mes parents sont des anciens champions, raconte cette dernière, avant un entraînement dans son club de région parisienne. Ils ont gagné la médaille aux Jeux des Iles de l’océan Indien, pour l’Ile Maurice, en compétition mixte, ensemble. Du coup, le badminton c’est un peu leur histoire d’amour ».

    Princesse de sa petite île

    Avec une telle famille, difficile donc d’échapper au badminton. « Lorsque j’étais plus jeune, je me désintéressais un petit peu du sport, explique-t-elle. Mais ma mère m’a poussée un peu. Et plus tard, j’ai pris la décision de continuer ».

    Kate Foo Kune se révèle vite comme « la princesse du badminton » à Maurice. Trop forte pour ses catégories d’âge, la fillette est systématiquement surclassée. Elle intègre même l’équipe nationale à 12 ans.

    « Mais à Maurice, on ne peut pas vraiment progresser en badminton, soupire-t-elle. C’est une petite île où il n’y a pas assez de joueurs et de tournois ».

    Un voyage initiatique en Malaisie

    A 18 ans, Kate Foo Kune quitte donc son pays, son confort, et part en Malaisie. Dans cette nation phare du badminton, elle ne reste toutefois que six mois. « Je ne m’y suis pas trop plu, explique-t-elle. Là-bas, si tu te blesses, il y a tellement d’autres bons joueurs partout, qu’ils s’en fichent de toi. C’est la loi du plus fort ».

    Elle ajoute, sans regret : « A Maurice, j’avais une assez grande notoriété que j’ai perdu en voyageant. Mais je me suis vite habituée à cette situation. J’ai compris que je devais travailler dix fois plus pour avoir la même notoriété que sur mon île. »

    Quelques mois plus tard, la Mauricienne tente sa chance en Angleterre. Mais l’expérience s’avère également décevante, pour des raisons totalement différentes. « Lorsque je partais en compétitions, je ratais des cours que je n’avais pas la possibilité de rattraper, raconte-t-elle. Du coup, je cherchais un endroit où il était à la fois possible d’étudier et de préparer la qualification aux JO ».

    L’épanouissement en France

    Kate Foo Kune pose alors ses sacs en France, pour y suivre un bachelor en management du sport. Elle se cherche aussi un nouveau club et jette son dévolu sur celui d’Issy-les-Moulineaux. Le réputé IMBC92, récent vainqueur du Championnat d'Europe, a déjà vu passer plusieurs Mauricien(ne)s, dont Martine de Souza qui y avait préparé les JO 1992.

    « L’Ile Maurice et Issy-les-Moulineaux, c’est une histoire d’amour et ça ne fonctionne pas trop mal », sourit Frédéric Gandard, le directeur technique de ce club de référence. « Kate est venue nous voir directement, raconte-t-il. C’était le seul endroit où elle pensait pouvoir progresser suffisamment pour aller aux Jeux. […] Chez nous, elle est passée de la 150e à la 60e place au classement mondial. On est ravi pour elle et pour nous ».

    Une remise en cause

    Mihail Popov, ex-champion et actuel entraîneur à l’IMBC92, a accompagné cette ascension. « Lorsqu’elle est arrivée, elle avait de bonnes bases mais il lui manquait certaines qualités techniques et d’endurance physique, indique celui qui a disputé les JO de Sydney. Kate peut encore beaucoup progresser. Elle est jeune. Si elle continue sur cette voie, elle peut intégrer le top 60, voire le top 50 mondial d’ici un an et demi. […] C’est quelqu’un qui est très à l'écoute. Même durant les périodes plus difficiles pour elle ».

    Pour parvenir à décrocher sa qualification aux JO 2016, Kate Foo Kune a dû hausser son degré d’exigence et de travail. « Ça s’est fait un petit peu du jour au lendemain, assure-t-elle. Je n’avais pas une très bonne hygiène de vie. Pour être honnête, j’étais même un peu grosse. Je me laissais souvent aller. Un jour, je me suis dit que j’avais le choix entre me faire plaisir tout le temps avec mes amis ou faire carrière dans le badminton. J’en eu marre d’être un peu entre ces deux logiques ».

    Sur les traces de sa sœur

    Cette dernière s’entraîne désormais deux fois par jour et marche sur les traces de sa grande sœur, Karen. « Elle a arrêté le badminton en 2010 et elle m’a passée le flambeau, glisse Kate Foo Kune. Comme il y a une grosse différence d’âge entre nous, il n’y a jamais eu de compétition avec elle. Lorsqu’elle était en début de carrière, moi, je commençais la mienne ».

    L’aînée partage ainsi son vécu des Jeux de Pékin. « Elle m’a dit que c’était l’expérience la plus unique qu’on puisse vivre, s’enthousiasme Kate Foo Kune. Elle m’a conseillée de rester durant les trois semaines des JO, même si le tournoi de badminton ne dure qu’une semaine et demi, parce que je vais vivre à Rio une expérience que je ne revivrais nulle part ailleurs ».

    Porte-drapeau de Maurice à Rio

    Kate Foo Kune n’ira pas au Brésil pour faire de la figuration, même si ses chances de décrocher la deuxième médaille olympique de l’histoire de Maurice (1) sont faibles. « Les meilleurs au monde seront là et, en tant qu’Africaine, on ne part pas favorite, lâche la jeune femme. Et lorsqu’on n’est pas favorite, on est presque sûr d’affronter une tête de séries dès le premier tour. […] Mais je suis une compétitrice. Donc, même si j’ai une faible chance de passer plusieurs tours et de gagner une médaille, je vais me donner les moyens d’y parvenir ».

    Kate Foo Kune vivra quoiqu’il en soit son moment de gloire lors de la cérémonie d’ouverture des JO 2016. « C’est presque inimaginable, lance-t-elle. Lorsque tu portes le drapeau, presque toutes les caméras et tous les regards sont braqués sur toi. Cette situation je l’appréhende et j’ai envie de la vivre, à la fois. Parce que ces JO vont être la consécration d’un an de sacrifices. Ça va peut-être être l’un des meilleurs moments de ma vie ». Et le nouveau chapitre d’une histoire familiale pas banale.


    (1) Le boxeur Bruno Julie a décroché la médaille de bronze aux JO 2008.

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