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    Basket: le Congolais Viny Okouo poursuit son apprentissage

    media Le Congolais Viny Okouo. Unicaja B. Fotopress

    Viny Okouo ne se présentera finalement pas à la session de recrutement annuelle (draft) de la Ligue nord-américaine de basket-ball (NBA). Ce pivot âgé de 20 ans aurait pu être le deuxième brazzavillois de l’histoire à jouer en NBA. Mais le Congolais a décidé de poursuivre son apprentissage en Espagne, à Malaga. Portrait.

    Serge Ibaka devra attendre encore un peu avant de voir débarquer un compatriote dans la prestigieuse ligue nord-américaine de basket-ball (NBA). Ce joueur réputé, né à Brazzaville et naturalisé espagnol, aurait bien volontiers accueilli Viny Okouo, né au Congo comme lui, dès cet été. Mais ce dernier a finalement décidé de ne pas se présenter à la draft, cette session annuelle qui permet aux équipes NBA de recruter les basketteurs les plus prometteurs.

    A 20 ans, celui qui porte actuellement les couleurs de l’Unicaja Malaga, dans le championnat espagnol (Liga ACB), a en effet choisi de rester une année de plus en Europe, avant de sauter le pas. « A un moment, durant la saison, je ne jouais plus, raconte ce pivot qui mesure de 2 mètres 14. Alors que la NBA, ce n’est pas donné à n’importe qui ! Je ne peux pas aller là-bas sans avoir rien fait ici. » Il ajoute : « Au niveau du physique, je pense que j’ai les qualités pour la NBA. Mais le problème, c’est le manque d’expérience. »

    « Je ne connaissais rien du tout au basket »

    De fait, Viny Okouo a débuté le basket-ball très tardivement, à l’âge de 15 ans. « On m’a appelé pour participer au camp de détection de Serge Ibaka, en 2012. C’est là que ça a commencé. » Viny Okouo rentre alors temporairement chez lui, laissant Pointe-Noire et l’école de côté, avec la bénédiction de son père, policier à Brazzaville. Une expérience décisive mais un peu blessante sur le coup.

    « Je ne connaissais rien du tout au basket. J’étais là juste parce que j’étais grand de taille. Je ne savais rien sur les lancers francs ou les paniers à trois points, se remémore-t-il. Je savais juste prendre le ballon et dunker. Lorsque les entraîneurs nous demandaient de montrer les fondamentaux du jeu, je me cachais toujours derrière les autres. Les autres se moquaient de moi en disant : "Regarde, il ne connaît même pas ça !" J’avais vraiment honte… »

    L’essai n’est pas concluant, mais Viny se prend de passion pour le ballon orange et décide de se trouver un club au Congo. Il s’est aussi fait un ami durant le camp de Serge Ibaka, Romaric Belemene.

    Un ami le recommande en Espagne

    En 2013, Belemene, qui est parti en Espagne, recommande Viny à son club, Malaga. Les dirigeants d’Unicaja, intrigués par ses qualités athlétiques, convainquent alors la famille Okouo de laisser l’adolescent passer un test en Andalousie. Ce dernier quitte donc sa mère, commerçante, son frère et sa sœur, direction le deuxième meilleur championnat au monde, après la NBA.

    « Tout est allé très vite », reconnaît aujourd’hui l’intéressé. Peut-être même un peu trop vite. « Ça a vraiment été difficile pour moi. Au début, mon père était avec moi, donc j’étais vraiment content. Je parlais lingala avec lui et avec mon ami. Mais mon père est ensuite rentré au Congo et je n’étais pas dans le même lycée que mon ami. Les autres parlaient l’espagnol et je ne comprenais rien. Certains amis essayaient de parler avec moi grâce au traducteur de google. Mais je me sentais vraiment seul. Parfois, dans ma chambre, je ne faisais que pleurer ».

    La première année est difficile mais la deuxième se révèle plus épanouissante question adaptation. En 2014, Okouo participe en outre aux rencontres d’un club de division inférieure (Clínicas Rincón) avec lequel il peaufine son apprentissage des bases du basket-ball. En 2015, lui et Romaric Belemene sont ainsi progressivement intégrés au groupe professionnel. En 2016, le jeune Viny commence même à disputer des bouts de matches en Liga ACB.

    Une progression constante

    Toutefois, c’est seulement en 2017 que le Congolais commence à s’imposer, à force de volonté. « C’est un peu compliqué, ici, pour qu’un entraîneur laisse sa chance à un joueur de 18 ou 19 ans, expose-t-il. Parce que les entraîneurs veulent vraiment gagner avant tout ».

    En mars, la blessure du pivot Serbe Dejan Musli lui permet de passer quelques minutes supplémentaires sur les parquets. Le temps de jeu reste aléatoire mais Viny Okouo ne baisse pas les bras. Fin mars/début avril, il prend ainsi activement part à la finale de l’Eurocup, une coupe d’Europe des clubs. Trois matches face à une autre équipe espagnole, Valence, que le Brazzavillois vit avec fougue, à quelques jours de son vingtième anniversaire. « Je voulais vraiment laisser ma peau sur le terrain, lance-t-il. Je savais que je pouvais devenir le premier Congolais à gagner l’Eurocup ! »

    Le tout jeune champion d’Europe dispute enfin, deux mois plus tard, la demi-finale du championnat d'Espagne, perdue face au Real Madrid. « Je me suis vraiment senti à l’aise, analyse-t-il aujourd’hui. Je m’entraîne dur. Je donne tout ce qu’un jeune joueur peut donner à une équipe. On n’a pas besoin qu’un jeune marque des points mais qu’il apporte son énergie. Mon coach m’a dit que c’était ce que je faisais. Il m’a félicité. Donc je crois que l’année prochaine, si tout va bien, il va m’accorder plus de minutes de jeu ».

    Un été sans Championnat d’Afrique

    Seule ombre au tableau, Viny Okouo espérait vivre le Championnat d’Afrique des nations (Afrobasket 2017) à domicile. Mais, à la surprise générale, le Congo-Brazzaville a renoncé à organiser l’Afrobasket 2017, entraînant ainsi sa disqualification du tournoi. « J’ai vraiment été surpris, lâche Okouo. J'en parlais avec les autres joueurs congolais. Je leur disais qu’on devait rentrer au Congo parce que l’Afrobasket allait avoir lieu chez nous, que ça allait être une bonne chose de jouer devant la famille. […] On voulait vraiment faire quelque chose. Ça devait vraiment être cool ».

    « Mais lorsque j’ai appris la mauvaise nouvelle, pour moi, c’est comme si ma carrière était finie, poursuit-il. J’étais vraiment démotivé ». De quoi le pousser à faire comme Serge Ibaka, qui a choisi de défendre les couleurs de l’équipe nationale d'Espagne ? « C’est peut-être parce que le pays ne manifeste pas un grand intérêt pour le basket que des joueurs changent de nationalité, souligne Okouo. Des gens vont dire : "Regardez-le celui-là, il est devenu espagnol, français ou belge !" Mais cette situation-là, ce n’est pas de notre faute. C’est de la faute du pays ! » Les fans de basket congolais n’ont plus qu’à croiser les doigts pour qu’Okouo suive uniquement les pas d'Ibaka en ce qui concerne la NBA.

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