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    Rugby: Aristide Barraud, chroniques d'une renaissance

    media Aristide Barraud, ancien joueur de rugby, victime des attentats de novembre 2015 à Paris. Editions Du Seuil

    Ancien rugbyman du Stade Français et de l'équipe de France des moins de 20 ans, Aristide Barraud était sur la terrasse du Petit Cambodge avec sa sœur et des amis le soir des attentats de novembre 2015 à Paris. Grièvement blessé par balles au pied, à la jambe et au poumon, il s'en sort in extremis mais doit tirer un trait sur le rugby. Aujourd’hui, il publie Mais ne sombre pas, le journal de bord d'une longue et douloureuse reconstruction. RFI l’a rencontré.

    Par Thomas de Saint Leger  avec Frédéric Gassmann,

    Sa première vie, celle d’un joueur de rugby formé à Massy (région parisienne), transformé au Stade Français puis épanoui en Italie, ne l’a pas laissé sans héritage. Plus de deux ans après son dernier match officiel, Aristide Barraud garde l’œil vif et le regard malicieux du demi d’ouverture, son poste de prédilection. Surtout, il n’a pas perdu sur les terrains le fil rouge de son parcours : un mental de fer.

    Quand il découvre le rugby, à l’âge où d’autres découvrent l’école buissonnière, le coup de foudre est réciproque. Enfin presque. A l’époque, le petit Aristide n’est pas au-dessus de la mêlée, mais c’est un acharné. Les années passent, les efforts paient : centre de formation, premier contrat professionnel, équipe de France des moins de 20 ans, une progression linéaire freinée au Stade Français, où il ne s’impose pas, puis reprise en Italie, au club de Mogliano, près de Venise. Avant le 13 novembre 2015, Aristide Barraud, joueur accompli, en quête de performance, est aux portes de la Squadra Azzura, la sélection nationale italienne (en rugby, le règlement est assez souple sur la question, ndlr).

    Un homme au corps détruit

    Depuis l'attentat, le natif de Saint-Cloud est un homme au corps détruit. Alors, forcément, les objectifs quotidiens sont différents : « Ces deux années ont été une recherche de normalité avant tout, explique-t-il d'une voix chaude et posée. J'ai retrouvé mes jambes après 5 ou 6 mois. Même en béquilles, je me suis démultiplié, j'allais quasiment à un concert par soir. » Il le sait, « c'était une folie », mais il avait « besoin de rattraper le temps perdu ». « Ari », son surnom, voulait « affronter les peurs » pour qu'elles ne s'ancrent pas en lui. « Je me suis fatigué, j'étais dans un sale état, mais j'ai ressenti le besoin de le faire. Ce n'était peut-être pas une bonne idée, mais c'était ma manière de résister ».

    Combat(s)

    « Résister », « renaître », « repartir »... Il y a beaucoup de verbes en -r dans la voix d'Aristide Barraud. Il y a aussi ce slogan : « Mais ne sombre pas ». Clin d’œil à la devise de la ville – de sa ville – de Paris. Un slogan qui est devenu « son mantra ». « Un message qui donne de la force. Pas seulement pour moi, mais pour tout le monde ».

    « Mais ne sombre pas » est aussi le récit de son combat pour survivre d'abord, pour vivre, ensuite, et même pour rejouer au rugby. Au courage, et après de nombreux passages à l'hôpital, il gagnera les deux premiers. Jamais le dernier.

    Sa deuxième vie, c'est aussi une deuxième peau, une peau en fils de fer, vis et plaques de titane, pas vraiment compatible avec la pratique du sport de haut niveau. Très vite, les médecins sont catégoriques. Lui reprend la course, s'accroche, « s'aveugle » comme il le dit, puis se rend à l'évidence.

    « J'ai commencé à comprendre en novembre 2016 et un matin de mars 2017, j'ai finalement accepté l'inévitable, avoue-t-il. J'avais fait tout ce chemin avec ma force mentale, avec cette détermination folle qui brûlait en moi pour retrouver ma vie d'avant, pour ne pas avoir de regrets, par orgueil aussi. » Mais Aristide Barraud a eu peur pour sa santé. « Mon corps m'envoyait des signaux trop importants pour les ignorer : migraines à répétition, insomnie, la moindre petite maladie se transformait en désastre ». La lucidité est revenue de manière progressive. « Depuis que j'ai réalisé que je ne rejouerais plus, je suis dans une sorte de deuil du rugby ».

    Plus de rugby mais des projets

    La vie sans le rugby, et sans l'espoir de rechausser des crampons, Aristide Barraud assure la vivre « plutôt bien ». Très récemment, il a regardé les matches du XV de France contre la Nouvelle-Zélande et l'Afrique du Sud, ses premiers depuis des mois.

    Désormais, d'autres passions occupent ses journées ou ses projets : la musique, qu'il écoute en boucle, le cinéma, qu'il avait un temps étudié et bien sûr l'écriture. « J'espère écrire d'autres livres mais sur des sujets totalement différents. L'écriture c'était en moi avant les événements du 13 Novembre, avant tout cela ». La plume est son nouveau ballon, il en joue, fait rebondir les mots, ne s'interdit pas l'humour ni les « punchlines » à la manière de rappeurs inspirés dont on devine l'écoute assidue.

    Dans les cartons, aussi, un retour sur les bancs de la fac, et surtout un mot d'ordre : profiter de la famille. La famille au sens large : les parents et les amis très proches, ceux qui l'ont armé pour ses combats, ceux qui l'ont fait tenir. D'ailleurs, c'est l'heure d'y aller. Ce soir, à Lannion, en Bretagne, sa sœur Alice, acrobate de métier, donne un spectacle. Elle aussi était là, ce 13 novembre 2015, sur la terrasse du Petit Cambodge. Elle aussi a été blessée, elle aussi s'est relevée. C'est sa première représentation depuis cette dramatique soirée d'automne.

    Aristide Barraud, Mais ne sombre pas, Editions Du Seuil. 17 euros

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