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    Sports

    Vitali Moutko, qui incarne la politique sportive russe, banni à vie des JO

    media Vitaly Mutko lotrs du tirage au sort de la Coupe du monde au Kremlin, le 1er décembre 2017. Alexander NEMENOV / AFP

    Vitali Moutko, ministre des Sports en Russie pendant les JO d'hiver de Sotchi en 2014, vient d’être banni à vie des Jeux olympiques. Personnage haut en couleur, le vice-président du gouvernement de la Fédération de Russie est accusé d'avoir participé à l'organisation d'un système de dopage institutionnalisé, notamment en athlétisme et dans les sports d'hiver.

    Le 1er décembre dernier, la Russie organisait le tirage au sort de sa Coupe du monde de football. Au Kremlin, Vitali Moutko était invité en compagnie de Gianni Infantino, le président de la FIFA, à répondre en conférence de presse aux questions sur l’organisation de l’événement du jour.

    Au lieu de cela - des journalistes principalement anglo-saxons - l’ont assailli de questions concernant le dopage institutionnel en Russie. La séquence était presque surréaliste, tant l’attitude de l’homme, lui-même accusé d’avoir piloté le programme de dopage de Sotchi, était étonnante. Face à des questions dérangeantes, dont il n’a visiblement pas l’habitude, il aurait pu botter en touche.

    Bien au contraire, il fit deux réponses longues de quinze minutes chacune, avec véhémence. Infantino, gêné aux entournures, tentait de détendre l’atmosphère en indiquant qu’il avait « trouvé plus bavard que lui ! ». Moutko dénonçait un complot visant à présenter la Russie comme un « axe du mal ».

    Un homme au cœur du scandale de dopage qui ébranle la Russie

    Désormais, Vitali Moutko, vice-Premier ministre de Vladimir Poutine, Monsieur Sport de la Russie, est encore dans la tourmente. A 58 ans, celui qui est au cœur du scandale de dopage qui ébranle la Russie depuis près de trois ans, vient d'être banni à vie des JO, une première dans l'histoire olympique pour un dirigeant de cette importance.

    Cette décision est un nouveau camouflet pour un homme qui a pourtant conservé le soutien sans faille de Vladimir Poutine, son ami. Pour sa défense, Motko nie toute allégation sur le dopage en disant qu’il n’y a « aucune preuve ». Il a même invité le Royaume-Uni à balayer devant sa porte et à s’intéresser au dopage dans le football.

    « Suspendre la Russie est une décision subjective, politisée et sans fondement juridique », avait-il déjà commenté lorsque la Fédération internationale d’athlétisme avait décidé de suspendre les athlètes russes aux Jeux de Rio 2016 pour cause de dopage étatisé. Plus tard, il était revenu sur ses propos. Dans le Sunday Times, Moutko, l'ex-apprenti matelot-mécanicien, déclarait : « de sérieuses erreurs ont été commises par nos fédérations, avec des athlètes et des coaches qui ont violé les règles antidopage et négligé les principes de fair-play ».

    Cité dans le rapport McLaren de l'Agence mondiale antidopage

    Vitali Moutko apparaît dans le rapport de l'Agence mondiale antidopage (AMA) rédigé par le juriste canadien Richard McLaren, qui met en évidence un dopage supervisé par les autorités lors des JO 2014 de Sotchi. Mais son implication directe n'est pas établie. La Russie avait décroché 33 médailles à Sotchi. Mais selon Grigori Rodtchenkov, ancien patron du laboratoire antidopage russe, aujourd'hui exilé aux Etats-Unis, près de 50% de ces médailles seraient illégitimes. Grigory Rodchenkov, assure avoir discuté à plusieurs reprises avec le ministre Vitali Moutko du dopage des sportifs russes à Sotchi et de sa dissimulation.

    En revanche, Vitali Moutko est clairement mis en cause pour onze cas de dopage dissimulés par les autorités russes entre 2012 et 2015 concernant des joueurs de football. Ces derniers ont bénéficié de son attention particulière, alors qu'il préside également la Fédération russe de football et chapeaute l'organisation de la Coupe du monde 2018 en Russie. Malgré des appels internationaux à sa démission et la promesse russe de suspendre tous les responsables mis en cause dans le rapport, Vitali Moutko est toujours là.

    Son vice-ministre des Sports Iouri Nagornykh, présenté comme « l'homme de liaison » du ministère qui indiquait au laboratoire antidopage de Moscou quels échantillons d'athlètes dopés il fallait conserver ou supprimer, a en revanche été suspendu après ces révélations. Vitali Moutko, qui a présidé le Zénith Saint-Pétersbourg pendant dix ans et que l’opinion publique déteste, n’est toujours pas sorti du jeu. Président fondateur de la Ligue professionnelle russe de football, il a été sénateur, ministre des Sports, représentant de la Russie au gouvernement de la FIFA et patron de la Fédération russe de football. En octobre 2016, il est promu au poste de vice-premier ministre, une nomination en forme de paratonnerre.

    Vitali Moutko, l'homme des scandales liés au sport

    Vitali Moutko, pur produit de l’administration russe, n’en ai pas à son premier scandale. Ces notes de frais accumulées lors des jeux Olympiques de Vancouver de 2010, au cours desquels il occupa pendant 20 jours une suite à 1 000 euros et engloutit pas moins de 97 petits-déjeuners, avaient déjà défrayé la chronique. Vitali Moutko a eu aussi à affronter le scandale des jeux Olympiques d’hiver de Sotchi en 2014, les plus chers de l'histoire. Il fut l'un des dirigeants chargés de superviser les travaux qui atteignirent la somme pharaonique de 51 milliards de dollars sur fond d'accusations de corruption.

    Mais il a toujours eu le soutien de Vladimir Poutine, son ami de longue date. Les liens de Moutko avec Poutine remontent au début des années 1990, quand les deux hommes travaillaient à Saint-Pétersbourg, au sein de l’administration d’Anatoli Sobtchak.

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