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    Coupe du monde 2018: les trois défis du Mondial russe

    media Zabivaka, la mascotte officielle de la Coupe du monde de football qui se tiendra en juin 2018 en Russie. AFP/Mladen Antonov

    Ce sera sans doute le plus grand évènement sportif de cette année 2018. Ultra-médiatisée, la compétition sera suivie par des centaines de millions de téléspectateurs et coûtera plusieurs milliards d’euros au pays d’accueil. Quatre ans après les jeux Olympiques de Sotchi, la Russie se prépare à accueillir une nouvelle fois une épreuve sportive majeure. Avec de grands défis logistiques et sportifs… Et une crainte, celle de voir le scandale du dopage ternir la compétition.

    De notre correspondant à Moscou,

    La Russie sera-t-elle prête à temps ? Officiellement, les autorités russes et la FIFA se disent optimistes. Pourtant, seuls cinq des douze stades prévus pour le Mondial étaient opérationnels au mois de décembre. Et au moins une enceinte, celle de Samara, ne sera livrée qu’en avril prochain. Il va donc falloir accélérer les cadences d’ici au match d’ouverture, le 15 juin prochain.

    « En termes de préparation je pense que tout est prêt. Et ce qui n’est pas encore prêt le sera très bientôt, déclarait cependant Gianni Infantino, le président de la FIFA, lors du tirage au sort organisé le 1er décembre dernier au Kremlin. Notre ambition bien sûr est d’organiser la plus belle des Coupes du monde. Et d’après ce que j’ai pu voir jusqu’à présent, je suis convaincu que Russie 2018 sera la plus belle des Coupes du monde ».

    L’optimisme de la FIFA ne fera pas oublier aux Russes que, pour organiser cette compétition, leur pays va débourser plus de 9 milliards d’euros. Une somme colossale, alors que l’économie russe est à la peine, et pour un retour sur investissement qui est loin d’être garanti. A cela s’ajoute la crainte d’hériter d’un ou de plusieurs « éléphants blancs », ces infrastructures sportives bâties spécialement pour un évènement et qui restent ensuite à l’abandon. Plusieurs villes accueillant des matchs n’ont à l’heure actuelle aucune équipe de football dans la première division du championnat russe, ce qui ajoute à ces craintes.

    Un mondial à l’ombre du dopage

    Le scandale du dopage qui poursuit depuis plusieurs années le sport russe ne manquera pas de hanter le Mondial 2018. En témoigne la conférence de presse quelque peu surréaliste donnée le 1er décembre dernier par Gianni Infantino et Vitaly Mutko, le vice-premier ministre russe.

    Alors que les responsables de la FIFA et du gouvernement russe espéraient répondre à des questions centrées sur le sport et le football, ce fut un barrage d’interrogations concernant les accusations de dopage, et la situation de la Russie, durement sanctionnée par le Comité international olympique (CIO) pour son attitude durant les Jeux de Sochi. « Nous sommes ouverts et sincères vis-à-vis de la FIFA, s’est alors défendu Vitaly Mutko. Nous répondons à chacune des questions qui nous sont posées. Il n’y a jamais eu de manipulations autour de notre équipe de football. Il n’en y a jamais eu et il n’y en aura jamais ».

    Pour sa part, la FIFA affirme qu’elle fait entièrement confiance aux autorités russes et aux footballeurs russes. « S'il y avait un problème sérieux de dopage dans le football, on le saurait, que ce soit en Russie ou dans n'importe quel autre pays du monde », a ainsi déclaré le président de la FIFA au cours de la même conférence de presse.

    Reste que le Mondial 2018 sera organisé dans un pays contraint de concourir sous drapeau neutre au cours des jeux d’hiver de Pyeongchang. Et dont le tiers des athlètes médaillés à Sotchi ont été disqualifiés pour dopage. Le sujet sera donc, forcément, dans tous les esprits.

    Ambitions sportives limitées

    Un élément peut sembler rassurant pour la Fifa et pour les amateurs de sport « propre » : les ambitions sportives de la Russie, pour ce Mondial 2018, sont bien moindres que pour les Jeux de Sotchi. En 2014, les autorités russes voulaient à tout prix que le pays termine en tête du classement de médaille. En 2018, l’objectif sera moins ambitieux : se qualifier pour les huitièmes de finale, si possible pour les quarts.

    Cette ambition limitée correspond aux moyens modestes de la « Sbornaya », l’équipe nationale russe. Bien loin des exploits de l’Euro 2008 - la Russie s’était alors qualifiée pour les demi-finales - les footballeurs russes n’ont cessé d’accumuler les contre-performances ces dernières années.

    Résultat : la Russie est l’équipe la moins bien classée du tournoi. Elle est 65ème, juste derrière l’Arabie saoudite. « Nous sommes le pays-hôte, ce qui est un avantage, mais nous devons comprendre que nos joueurs ne sont pas très bons, reconnaît Ivan, un Moscovite fan de football. Aller en quarts de finale, ce serait génial ! Je serai fier de mon équipe si nous allions jusque-là ».

    Est-ce dû aux mauvais résultats de leur équipe nationale, ou au fait que le football n’est pas le sport le plus populaire du pays ? L’engouement pour ce Mondial 2018 est en tout cas loin d’être au rendez-vous. La Russie a encore six mois devant elle pour se passionner et pour y croire… « Ça va être difficile, mais au moins on a de l’espoir, sourit Ivan. L’espoir, ça fait partie de notre mentalité, de notre âme…Nous devons espérer ! »

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