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    Afrique

    Hugues Fabrice Zango, la tête et les jambes de l’athlétisme burkinabè

    media Le Burkinabè Hugues Fabrice Zango, le 1er juillet 2017 à Paris. Thomas Samson / AFP

    Hugues Fabrice Zango s’apprête à disputer les Championnats du monde d’athlétisme en salle 2018 (1er au 4 mars à Birmingham), un mois après avoir battu le record d’Afrique du triple saut (en intérieur). C'est un nouveau défi pour ce Burkinabè de 24 ans qui mêle avec brio des études d’ingénieurs et sa carrière sportive. Portrait.

    « Là, je suis au laboratoire. C’est midi, donc j’en profite pour répondre au téléphone », lâche un Hugues Fabrice Zango détendu à quelques jours de ses premiers Championnats du monde d’athlétisme en salle (1 au 4 mars 2018 à Birmingham).

    A 24 ans, ce Burkinabè mêle à la fois de brillantes études en ingénierie électrique dans le Nord de la France et une carrière en athlétisme qui l’a déjà amenée aux Jeux olympiques 2016. « Pour moi, mener les deux de front n’est pas trop contraignant, sauf lorsqu’il y a des compétitions », assure celui qui boucle sa deuxième année de master tout en préparant un doctorat.

    Un nouveau record d’Afrique

    De fait, le natif d’Ouagadougou a une tête bien remplie et des jambes de feu, le tout sans avoir les chevilles qui enflent. Et pourtant, l’intéressé a de quoi être fier. Le 27 janvier dernier, il a explosé le record d’Afrique du triple saut en intérieur, vieux de 36 ans, avec un bond à 17 mètres 23.

    « Je savais que si certaines conditions étaient réunies – pas de fatigue, peu d’examens à l’école à passer – je pouvais réussir quelque chose, raconte-t-il aujourd’hui. Mon objectif n’était pas vraiment de sauter à 17 mètres 23 mais à 17 mètres 05 pour faire les minima [qualificatifs pour les Mondiaux 2018, Ndlr]. Mais,  avec cette performance, j’ai été comblé ».

    Des débuts en athlétisme à l’âge de 17 ans

    Briser la barrière des 17 mètres, cela a longtemps paru inimaginable à Hugues Fabrice Zango. « Au tout début, je sautais à 13 mètres, se souvient-il. J’avais vu que le record du monde était à 18 mètres environ. Mais je me disais que c’était impossible de sauter aussi loin. […] A la fin de ma carrière, j’espérais atteindre les 15 mètres ».

    Le Burkinabè est alors âgé de 17 ans et vient de vraiment découvrir l’athlétisme lors d’une compétition scolaire, à « Ouaga ». Ce jour-là, il tape dans l’œil d’un entraîneur qui le pousse plus tard à persévérer.

    L’intéressé n’est pourtant pas forcément prédisposé à réussir en sports. « J’ai fait du taekwondo quand j’étais en classe de 6e et 5e. Après, je n’ai plus rien fait de manière encadrée. Je jouais juste au football dans mon quartier », poursuit-il. « Il n’y a pas de sportifs dans ma famille. Je suis le premier », sourit ce fils d’inspecteur des impôts et d’enseignante, qui a par ailleurs un frère et une sœur.

    En France pour étudier et préparer les JO 2016

    En 2015, Hugues Fabrice Zango a l’impression de ne plus progresser. Il décide donc d’aller en France, un pays réputé en triple saut qu’il a notamment découvert lors des Jeux de la Francophonie 2013 de Nice.

    Sa licence en poche, il part pour le Nord du pays afin d’y poursuivre son cursus et s’améliorer. Les délais l’empêchent toutefois d’effectuer la rentrée 2015-2016. Il met donc à profit cette année blanche pour préparer des Jeux olympiques 2016, au club Artois athlétisme.

    Si l’apprenti-ingénieur ne brille pas particulièrement à Rio, avec la 34e meilleure performance, ces JO ne constituent pas son plus mauvais souvenir loin de là.

    Le couac de Londres 2017

    L’été dernier, Hugues Fabrice Zango devait en effet disputer ses deuxièmes Mondiaux en extérieur, après ceux de Pékin en 2015. Mais une histoire de visa l’empêche de se rendre en Grande-Bretagne. « C’était la première fois que j’avais un problème comme celui-là et j’espère que ça ne se répètera plus, soupire-t-il. Franchement, après ça, je n’avais plus envie de m’entraîner. Il a fallu repartir tout doucement. Tout ça est derrière moi, désormais. Mais ça a été un vrai coup dur ».

    Le Burkinabè vit alors pourtant d’un été brillant avec l’or à Abidjan, en triple saut toujours. « Je n’ai pas pu savourer ma médaille aux Jeux de la Francophonie lorsque j’ai su que je ne pourrais pas aller à Londres », expose-t-il.

    Devenir Champion d’Afrique et battre un nouveau record

    Ce premier sacre majeur booste tout de même son ambition. « J’ai fini beaucoup de fois deuxième. Monter sur la première marche du podium, ça ne fait pas le même effet. J’ai envie de revivre ça », lance-t-il.

    Si possible dès cet été, lors des Championnats d’Afrique 2018 au Nigeria. « Là-bas, je veux conquérir le titre, prévient celui qui avait décroché l’argent en 2016. C’est mon gros objectif. Je veux être premier et pas deuxième, cette fois-ci ».

    Au passage, Hugues Fabrice Zango espère battre un autre record, détenu depuis 2007 par le Marocain Tarik Bouguetaïb : 17 mètres 37 en extérieur. « C’est jouable, estime le Burkinabè. Je ne trouve pas que le record d’Afrique en triple saut soit très élevé. C’en est d’ailleurs presqu’écœurant parce que cette performance ne permettrait même pas de prétendre à une médaille olympique. Or, j’ai des ambitions olympiques ».

    Un visa pour la gloire, à Birmingham ?

    Avant, pourquoi pas, de briller aux Mondiaux 2019 de Doha et aux JO 2020 de Tokyo, Hugues Fabrice Zango espère réussir un beau coup à Birmingham. « Je me suis très bien entraîné, juge-t-il. Je pense en tout cas être au mieux de ma forme pour aborder sereinement ces Mondiaux en salle. Il y a un peu d’anxiété mais au niveau physique, ça va. Maintenant, il faut qu’au niveau psychologique, ça passe ».

    Il ajoute : « Si j’arrive à réitérer ma meilleure performance, je suis sûr de finir parmi les quatre premiers. Mais le refaire, c’est quelque chose… Et ce ne sera pas si simple que ça. »

    Au moins, cette année, le vice-champion d’Afrique n’a pas eu de mal à avoir son visa pour la Grande-Bretagne. « Cette fois, j’ai tout ce qu’il me faut. Il me reste à faire mon sac », conclut-il en riant, avant de retourner à des recherches pour sa future thèse.

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