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    Sports

    Cédric Vitu: la boxe et rien d’autre

    media Cédric Vitu sera opposé au tenant du titre, l’Argentin Brian Carlos Castano, invaincu en 14 combats. Photo: KPLP/RINGSTAR

    Elu meilleur boxeur européen de l’année 2017, Cédric Vitu va disputer samedi 10 mars son premier Championnat du monde face à l’Argentin Brian Castano pour le titre de champion du monde WBA des super-welters. Celui que l’on surnomme « Titi », qui comptabilise 46 victoires dont 19 K.O pour seulement 2 petites défaites, espère passer dans une autre dimension.

    « Je ne sais rien faire d’autre que boxer ». Short rouge et tee-shirt noir, le visage en sueur après un entraînement privé organisé par la chaîne CANAL+, diffuseur de son combat, Cédric Vitu se livre sans filtre au jeu des questions-réponses.

    A 32 ans, celui qui a bien eu du mal à faire rentrer de l’argent pour financer sa carrière s’apprête à combattre l’Argentin Brian Castano pour le titre de Champion du monde WBA des super-welters. Avec 46 victoires pour 48 combats, le gaucher de Creil (Nord de la France), né d’un père gadjo (ndlr: qui n’appartient pas à la communauté gitane) et d’une mère « voyageuse » sera face au champion en titre.

    De la galère aux projecteurs

    Dans le vestiaire, en compagnie de sa garde rapprochée, il admet ne pas être un « grand parleur », et raconte simplement qu’il ne veut pas « laisser passer cette chance ». « Actuellement, il n’y a pas de champion du monde en France. On en a besoin. Je vais le devenir samedi (10 mars) », balance l’homme au regard malicieux. Les phrases sont courtes, la détermination tenace. Pourtant, l’homme aurait tellement de choses à raconter. Même à son adversaire, il n’a rien à dire : « Moi je boxe. De toute façon il ne parle pas français ! »

    Cédric Vitu finit par entrer un peu dans la confidence, parle de son parcours cabossé. « La vie n’a pas été simple. C’est ma douzième année de professionnalisme. J’ai boxé dans des gymnases devant 200 personnes pour pas grand-chose. J’ai dormi dans des salles de boxe, dans des foyers. Aujourd’hui j’ai faim ».

    Cedric Vitu compte 46 victoires pour 2 défaites. Photo: KPLP/RINGSTAR

    A l’âge de cinq ans, Cédri Vitu enfilait déjà les gants pour taper sur son frère dans la chambre. Il imitait le paternel, devenu par la force des choses son entraîneur. « Au départ je faisais du foot. Ensuite, quand j’ai commencé la boxe, les gens me soutenaient, me disaient que j’avais du talent. Au fur et à mesure j’ai pris conscience que je pouvais faire quelque chose dans ce milieu. », assure Vitu, suivi massivement par la communauté gitane qui adore son sport. Une communauté dont il est fier, même s'il affirme combattre pour la France avant tout. 

    « L’enfance d’un fils de boxeur, c’est de voir son père aller courir tous les matins avec son tee-shirt jaune. Je me souviens que quand j’allais le voir boxer avec ma mère et mon frère, je disais : "vas-y papa, tue-le" », a-t-il raconté il y a dix ans dans une interview télévisée.

    Cédric Vitu a l'air d'avoir tout connu, et est passé à côté du pire. Un soir de juillet 2006, dans son quartier de la Cavée-de-Senlis à Creil, il discute avec les copains quand deux hommes à moto surgissent. L’un d’entre eux tire sur le groupe, d’une rafale d’arme automatique. Taoufik, 19 ans, et Anis, 30 ans, ses amis, ne se relèveront pas, tués sous ses yeux. Vingt-huit douilles sont passées autour de lui. Depuis ce jour maudit, il rend souvent hommage aux deux disparus.

    Le Français Cédric Vitu affrontera l’Argentin Brian Castano. CANAL +

    Volé à Manchester pour un championnat d’Europe

    Le parcours de Cédric Vitu a été jalonné d’embûches. Des évènements qui auraient pu l’éloigner à tout jamais du Noble art. « Quand j’ai été volé à Manchester pour un championnat d’Europe, j’ai dit: "j’arrête". Ensuite, je me suis dit : "si tu arrêtes tu vas faire quoi ? Tu ne sais pas danser, ni chanter. T’es dans la merde (SIC)" », lâche-t-il hilare.

    Pourtant, le 24 novembre 2012, a considérablement ralenti sa carrière. En Angleterre, face au Biélorusse Sergey Rabchenko, une défaite controversée aux points le prive d’un titre de champion d’Europe qui lui tendait les bras. « Il s’est fait avoir lors de ce premier combat. Les juges ? C’était Ray Charles, Stevie Wonder et Gilbert Montagné réunis, expliquait à l’époque au quotidien Le Monde l'ancien boxeur Julien Lorcy. Il lui manque le rythme du combat. Mais c’est un bon gars et il a un gros potentiel. » Ce sont souvent des petits sponsors qui ont aidé Cédric Vitu à continuer dans sa voie.

    « Cédric n’a jamais eu la chance de combattre pour un Championnat du monde, car il n’a pas eu l’encadrement et les relations nécessaires pour cela. Il mérite d’être sur le devant de la scène », raconte à RFI Jérôme Abiteboul, dirigeant de Ringstar France, filiale française de Ringstar Sports, promoteur du combat et de Tony Yoka. « Il y a un gros engouement autour de moi, je dois assurer », répond aujourd’hui l'interéssé.

    Quelques heures avant ce combat, dans quel état d’esprit est Cédric Vitu ? « J’essaye d’être le plus cool possible. Mais je sais que je vais être face à quelqu’un qui n’aura qu’une envie, m’arracher la tête. J’aurais préféré faire du ping-pong, mais j’ai choisi la boxe et je suis là pour ça ! », conclut Cédric Vitu avant de vous tendre la main et d'esquisser un sourire.

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