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    Afrique

    Jean Todt: «Des signes encourageants pour le sport auto en Afrique de l’Est»

    media Le Français Jean Todt, le 27 février 2018 à Nairobi. TONY KARUMBA / AFP

    Jean Todt est le président de la Fédération internationale automobile (FIA), une FIA qui gère à la fois de grandes compétitions sportives mais aussi des problématiques liées à la mobilité. Envoyé spécial de l’ONU pour la prévention et la sécurité routière, le Français se dit par ailleurs préoccupé par la mortalité sur les routes en Afrique. Entretien.

    RFI : Jean Todt, vous êtes le président d’une Fédération internationale automobile qui est représentée dans 27 pays d’Afrique. La FIA est peu ou pas présente dans de nombreux pays francophones d’Afrique de l’Ouest ou d’Afrique centrale. Est-ce un combat particulier pour vous, en tant que Français ?

    Jean Todt : Ma nationalité n’est pas du tout engagée par rapport à nos membres. Et, effectivement, nous cherchons à augmenter la participation des pays africains en tant que membres de la FIA.

    Mais, être membre ne suffit pas. Ce qui est important ensuite, c’est la qualité des activités, aussi bien dans le développement du sport automobile que dans celui  des activités en matière de mobilité.

    Malheureusement, on a souvent des clubs qui sont des petits clubs avec des problèmes de ressources économiques. Nous cherchons d’ailleurs à les aider souvent, à se développer. […]

    Dans de nombreux pays africains, l’automobile est un outil vital et la mécanique une activité quasiment quotidienne. Comment expliquez-vous que les sports autos ne soient pas aussi populaires en Afrique que certains sports collectifs ou certains sports de combats, par exemple ?

    Il y a déjà un problème de coûts. Mais il y a des pays où le sport automobile est quasiment un sport national. Prenez par exemple les pays d’Afrique de l’Est, comme le Kenya, l’Ouganda ou la Tanzanie. Le sport automobile y est très populaire, notamment les rallyes. Dans cette région, il y a eu des rallyes historiques comme l’East African Safari Rally.

    En Afrique francophone, il y a eu le rallye du Maroc. Il y a d’ailleurs d’autres disciplines internationales au Maroc, comme la Formule Electrique [une compétition avec des monoplaces électriques, Ndlr] ou le Championnat du monde des voitures de tourisme (WTCR). Donc, il y a des activités en Afrique.

    Il y a eu une course de Formule 1 qui se déroulait en Afrique du Sud avec des circuits tout à fait adaptés au déroulement de ces courses. Et il y a encore des projets.

    Mais c’est vrai que l’Afrique est passée à travers une crise économique et que, malheureusement, la compétition automobile en a subi les conséquences.

    Aujourd’hui, avec nos clubs, nous essayons de les entraîner dans des programmes qui débutent avec d’autres disciplines, comme le karting [courses de petits véhicules monoplaces, Ndlr], le drifting [compétition de dérapages, Ndlr] […] qui sont peu onéreuses. Il faut donc repartir pour recréer des programmes sportifs.

    Si on en revient au rallye, j’étais au Kenya dernièrement pour rencontrer le président Uhuru Kenyatta. Dans ses souhaits, il s’est engagé à faire en sorte que l’East African Safari Rally revienne parmi les plus beaux rallyes du monde [le Championnat du monde WRC, Ndlr]. On va les accompagner pour cela. Et il y a des signes extrêmement encourageants qui existent pour le redéveloppement du sport automobile dans ces pays.

    Il n’y a plus eu de Grand Prix de Formule 1 en Afrique depuis 25 ans. Est-ce qu’à court ou moyen terme, on peut s’attendre à un retour du Championnat du monde de F1 sur le continent africain ?

    Il faut l’espérer. Mais toute cette partie commerciale et de contacts avec des promoteurs potentiels est laissée au promoteur du Championnat du monde de Formule 1 de la FIA , c'est-à-dire Formula 1. Ce sont eux qui sont chargés de discuter avec les pays et avec les promoteurs concernés.

    En ce qui nous concerne, nous ferons tout pour les accompagner avec une issue positive. […]

    Pour le moment, la compétition africaine phare en matière de sports autos, c’est le Championnat d’Afrique de rallye. Que pensez-vous de cette compétition ?

    Il n’y a pas qu’elle. Il y a également un Championnat du monde de rallycross en Afrique du Sud. Il y a également la Formule E à Marrakech et le Championnat de voitures de tourisme, au Maroc.

    Et, évidemment, l’Afrique se prête très bien aux rallyes, dans la mesure où il y a souvent des pistes extrêmement spectaculaires. [...]

    Et puis, il y a ce Championnat africain des rallyes qui n’est pas facile à organiser parce qu’il faut évidemment des concurrents. On en revient toujours à un aspect financier qui limite souvent la participation des concurrents.

    Lorsque vous voyez un pilote aussi réputé que Stéphane Peterhansel, multiple vainqueur du Dakar, disputer le Bandama, le rallye de Côte d’Ivoire, qu’est-ce que cela vous inspire ?

    Je trouve ça formidable ! Vous faites d’ailleurs bien de rappeler l’existence du rallye de Côte d’Ivoire. En Afrique, il y a eu d’autres épreuves mythiques. Pas que l’East African Safari Rally. Il y a aussi eu le rallye du Maroc ou le rallye du Bandama qui est ensuite devenu le rallye de Côte d’Ivoire.

    J’ai eu le plaisir, lorsque j’étais beaucoup plus jeune, de participer en tant que coéquipier à tous ces rallyes. J’en garde des souvenirs merveilleux parce que c’étaient des rallyes de grande qualité. Et nous faisons tout pour que ça redevienne des rallyes majeurs dans le cadre de nos championnats ; avec des contraintes en matière de sécurité qui sont différentes.

    Avant, les rallyes de Côte d’Ivoire, du Kenya et du Maroc se déroulaient sur des pistes ouvertes. Aujourd’hui, ce genre de situation n’est plus possible. Aujourd’hui, on ne peut organiser une épreuve de rallye que si la piste ou la route est fermée. Donc, évidemment, ça nécessite des moyens supplémentaires en termes financiers et humains.

    Comme Stéphane Peterhansel, vous avez disputé plusieurs fois le Dakar. Est-ce que comme lui, vous êtes nostalgique de l’époque où ce rallye-raid mythique se déroulait en Afrique et non pas en Amérique du Sud ?

    […] Même si le Dakar ne fait pas partie des épreuves qui sont organisées sous l’égide de la FIA, je le dis avec une certaine nostalgie. […] Le Dakar se déroule en Amérique latine, une terre extrêmement propice à l’organisation des épreuves de rallye, avec une passion formidable. Mais, pour moi, en ce qui concerne le Dakar, la légitimité serait réellement qu’il soit organisé en Afrique.

    Aujourd’hui, on connaît les raisons qui font que cela n’a plus été possible [à cause de la menace terroriste, Ndlr]. J’espère que ces pays retrouveront la paix nécessaire pour pouvoir organiser des épreuves routières permettant de voir des contrées merveilleuses, parmi les plus belles du monde.

    Quand vous repensez à toutes les personnes décédées sur le Dakar, à l’époque où vous étiez Directeur de Peugeot Talbot Sport, vous dites-vous qu’on marchait sur la tête en matière de sécurité ?

    Malheureusement, ça existe toujours ! A l’époque où je participais au Dakar, il y avait souvent des victimes qui étaient des spectateurs, des personnes mal placées.

    Récemment, j’ai organisé une réunion exceptionnelle pour pouvoir analyser chaque incident survenu au cours d’une compétition automobile. Malheureusement, la plupart des incidents surviennent lors d’événements qui ne sont pas organisés avec le professionnalisme nécessaire. Et, souvent, ça touche des spectateurs qui sont mal placés sur les routes. Donc, on a mis en place une cellule de crise pour accompagner les organisateurs de ces épreuves. C’est exactement ce que nous voulons faire concernant des épreuves africaines. […]

    Si on en revient à l’Afrique de manière plus générale, environ 40% des victimes sont des piétons. C’est insupportable ! C’est quelque chose sur lequel, il faut s’engager de manière drastique et immédiate.

    En parallèle à vos activités de président de la FIA, vous êtes Envoyé spécial de l'ONU pour la sécurité routière. Est-ce que l’Afrique est beaucoup plus touchée que les autres continents par la mortalité sur les routes ?

    Probablement le plus touché, oui, avec 20% des 1,25 million de personnes qui meurent chaque année sur les routes. Soit 250.000 morts sur les routes, en Afrique. Le continent représente également environ 20% du nombre de blessés. […]

    C’est un sujet qui nous concerne évidemment beaucoup, que nous abordons beaucoup et que nous continuons d’aborder avec les différents représentants des gouvernements : les présidents de ces pays, les ministres des Transports, de la Santé… Il y a aussi les autres agences des Nations Unies ou d’autres organisations comme l’Agence française de développement pour que des programmes sérieux soient mis en place. La France est très solidaire et très prompte à aider les pays africains afin que cette situation améliore.

    Car on a la recette ! C’est l’éducation. L’éducation est faible pour la population africaine en matière de sécurité routière. Il y a également l’application des lois mais on sait qu’elle est insuffisante. Il y a aussi les véhicules qui sont très vieux, très souvent, que ce soient les deux-roues ou les quatre-roues. Le transport public est relativement faible. Il y a les routes qui ne sont malheureusement pas toujours en bon état comme elles pourraient l’être dans d’autres pays, notamment en Europe. Et puis, il y a aussi l’aide médicale aux victimes après les accidents qui est souvent, là aussi, inefficace.

    Jean Todt: une icône du sport auto devenue celle de la sécurité routière

    Jean Todt est une figure incontournable de l’univers des sports automobiles. Avant de devenir le président de la FIA en 2009, ce Français âgé de 72 ans a eu une carrière sportive bien remplie. D’abord comme copilote de rallye de 1966 à 1981, période durant laquelle il gagne de nombreuses courses. Puis en tant que directeur sportif de Peugeot Talbot (PTS), de 1982 à 1993. Sous son égide, PTS remporte notamment quatre années de suite le Dakar, de 1987 à 1990, en catégorie autos. Mais c’est surtout en tant que patron de l’écurie de Formule 1 Ferrari (1993-2007) que Jean Todt se fait connaître. Son duo avec Michael Schumacher fait des merveilles : le prodige allemand est champion du monde de F1 de 2000 à 2004. Après quelques années en tant que Directeur et administrateur de Ferrai (2004-2009), Jean Todt se lance à l’assaut de la FIA. Il bat l’ex-pilote Ari Vatanen, en 2009. Il est ensuite réélu en 2013 et 2017.

    En 2015, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon le nomme envoyé spécial pour la sécurité routière. Un titre qu’il conserve lorsqu’Antonio Guterres succède à Ban Ki-moon. Car Jean Todt accorde une très grande importance à cette fonction. A travers plusieurs grandes campagnes de prévention comme #3500LIVES, il se fait le chantre de la prudence au volant. Un combat qu’il ne trouve pas du tout contradictoire avec sa fonction de promoteur de la performance sportive. « Tout est lié, assure-t-il. Pour réussir en compétition automobile, il faut être extrêmement organisé et respectueux des règles. La compétition automobile, c'est effectivement de la vitesse, mais de la vitesse contrôlée. Et si la vitesse n’est pas contrôlée, il y a des conséquences fâcheuses. Lorsque vous voyez tous les progrès réalisés en matière de sécurité, c’est absolument impressionnant. Pour moi, la compétition automobile est un spectacle, un sport, mais doit être également un laboratoire. Parce que les progrès que nous faisons en matière de sécurité lors des compétitions automobiles doivent pouvoir se reporter sur la route ».

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