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    Sports

    [Série 2/3] Dale Mulholland, première leçon de l'URSS

    media Dale Mulholland à l'entraînement en URSS en 1989. Bill Pegram/Dale Mulholland

    Au milieu des années 1980, un jeune footballeur américain s'est mis en tête d'aller jouer en URSS. Un défi qui allait faire de lui le premier Occidental à évoluer de l'autre côté du Rideau de fer. Suite d’un incroyable itinéraire que nous vous racontons en trois épisodes.

    [Première partie] Dale Mulholland, un footballeur américain au pays des Soviets

    (...) Ce n’est que deux ans plus tard, en 1988, à l’occasion d’un tournoi de football organisé à Séoul, en Corée du Sud, en marge des Jeux olympiques d’été, que la chance finira par lui sourire. « Je résidais au village olympique, et par un beau matin, de retour de l’entraînement, je suis tombé nez à nez avec l’équipe nationale de Russie qui regagnait sa résidence. Réalisant que je pouvais facilement me glisser parmi eux, je me suis rapproché et j’ai vu l’un des frères Savichev du FK Torpedo Moscou qui m’observait et me souriait. Il se doutait que je préparais quelque chose ».

    Une rencontre forcément inespérée et inattendue qui permet à Mulholland de repérer un bâtiment où se trouvent des officiels soviétiques. « Je me suis présenté devant une dame qui était assise à un bureau avec derrière elle le drapeau soviétique et un portrait de Gorbatchev accroché au mur. Elle me dit :"Dobrý den, Kak tibia zavout ?" [Bonjour, comment t'appelles-tu ?]. Je lui réponds en anglais en lui demandant si je peux rencontrer monsieur Gavrilin. "Il est ici", me répond-elle, "qui dois-je annoncer ?"  Prié d’attendre, je m’exécute avant de voir se présenter à moi quelques minutes plus tard un certain Stanislav Belyaev. Un authentique gentleman pétri de bonnes manières et s’exprimant dans un anglais parfait, même meilleur que le mien. On ne pensait qu’à une seule chose à l’époque : le KGB ! ».

    Un footballeur qui bouge comme un danseur de ballet

    L’année suivante, au mois de février, un autre hasard incroyable se produit, avec la venue aux Etats-Unis du Lokomotiv Moscou pour y disputer des matchs de foot en salle. Force du destin oblige, l’équipe vient même jouer à Tacoma, la ville natale de Dale Mulholland ! Présent dans les tribunes, il assiste à la défaite sévère de son futur club, battu 7-3 par les Tacoma Stars. « Il ne faut pas oublier qu’à l’époque le football pratiqué aux Etats-Unis se jouait en salle. Si le match s’était déroulé à l’extérieur à 11 contre 11, le score final aurait été inversé en faveur du Lokomotiv qui aurait sérieusement fait tousser les Tacoma Stars », observe-t-il. Après la faillite commerciale de la NASL (North American Soccer League) en 1984, une petite ligue de foot en salle avait pris le relais à travers une douzaine de villes américaines. « Le foot en salle était alors joué dans des patinoires de hockey transformées avec des surfaces artificielles et avec 6 joueurs de chaque côté » se souvient Mulholland.

    Le résultat du match mis à part, ce jour-là Mulholland a surtout découvert Aleksandr Golovnya. Immédiatement, il l’identifie comme le joueur soviétique idéal pour venir jouer aux Etats-Unis. « Il bougeait comme un danseur de ballet, si léger sur ses pieds, doté d’une excellente technique, très efficace dans ses dépassements, et en plus il avait un petit air de Mikhail Baryshnikov ». Après le coup de sifflet final, Mulholland est allé à la rencontre de Iouri Siomine, l’entraîneur et manager du Lokomotiv, à l’occasion d’un cocktail au bar de l’hôtel où séjournait l’équipe soviétique. Le caractère mondain de la petite sauterie où se presse le gratin local empêche toute discussion approfondie. « On m’a conseillé de revenir le lendemain pour le petit-déjeuner afin de présenter mon projet. Il a été très bien accueilli et de manière particulièrement favorable par Aleksandr Golovnya. Sur le moment, j’ai même suggéré un échange d’entraîneurs entre un club américain et un club soviétique, si Siomine était intéressé. Et il l’était ! ».

    Rêve imminent

    Si le vœu de Dale Mulholland d’évoluer en URSS venait de trouver une formidable accélération, la décision finale restait du ressort de Goskomsports. « L’Histoire était de notre côté et la patience est toujours une vertu. Le processus avait démarré trois ans auparavant, et bien que ce soit un peu lent par rapport au monde hyper-rythmé d'aujourd'hui, un peu d'encouragement ici et là tous les six mois était tout ce dont j’avais besoin. Je n'ai jamais abandonné et maintenant le rêve semblait imminent ».

    A l’automne 1989, Mulholland termine chez les Orlando Lions la saison inaugurale de la nouvelle tentative de former une ligue nationale professionnelle extérieure aux États-Unis. A l’occasion de l’un de ses échanges téléphoniques avec Kim Bohuny, cette dernière lui annonce que Vyacheslav Gavrilin se trouve actuellement à Seattle, à l’occasion des Goodwill Games. Littéralement les « Jeux de la bonne volonté », il s’agit d’une rencontre sportive internationale, créée en 1986 par Ted Turner, magnat de la télévision câblée CNN, en réaction aux boycotts successifs des Jeux olympiques de 1980 et de 1984 par les États-Unis et l'Union soviétique.

    «Est-ce le moment ?»

    Pour combler le temps mort entre deux saisons aux Etats-Unis, Mulholland a signé avec les Sing Tao Tiger à Hong Kong pour une période de six mois. Ce qui fait déjà de lui le premier américain à jouer dans la ligue hongkongaise. Avant de s’envoler pour l’Asie, il effectue un crochet par Seattle pour y rencontrer enfin Vyacheslav Gavrilin. Et cette fois-là est la bonne, Gavrilin accepte le principe de l’échange. Peu de temps après, Mulholland assiste à la chute du Mur de Berlin depuis Hong Kong. « Je me suis alors dit qu’en effet, il était presque temps ! ».

    Quelques semaines plus tard, à la mi-décembre, Gavrilin donne le feu vert à Mulholland. « Je l’ai appelé depuis Hong Kong en lui demandant ‘Est-ce le moment ? ' J'ai prononcé la question un peu comme le personnage de dentiste de Lawrence Olivier dans le film Marathon Man (« C’est sans danger ? »). Et il a dit: ‘Il est en effet temps. Quand pouvez-vous revenir aux États-Unis ? Il y a un agent à New York que vous devez rencontrer avant qu'il ne retourne à Moscou ».

    Deux jours plus tard, Gavrilin reçoit Mulholland dans son bureau à Seattle, où il lui explique qu’un certain Aleksandr Pruit, agent de joueurs, peut l’aider à aller en URSS. Pruit est présent sur le sol américain dans le cadre d’une tournée du CSK Moscou similaire à celle effectuée l’année précédente par le Lokomotiv. « Le jour suivant, je me suis rendu à New York où j'ai rencontré l'agent Pruit qui, à son tour, m'a présenté à Yuri Aiviazhan, un diplomate qui travaillait pour les Nations unies à l'époque ».

    Tandis que Yuri Aiviazhan s’occupe de lui obtenir son visa, Mulholland qui est retourné passer quelques jours à Tacoma, se retrouve subitement sous les feux des projecteurs. Des journalistes du monde entier prennent d’assaut la ligne téléphonique de la demeure familiale. « Je n’avais pas encore quitté les Etats-Unis, que le responsable de la programmation du David Letterman Show essayait déjà de me faire venir sur NBC », raconte-t-il. Face à toutes les sollicitations qu’il reçoit, Mulholland produit invariablement la même réponse : « Attendez au moins que je signe un contrat et que je puisse jouer en URSS pour vous raconter quelque chose ». De retour à New York, son visa en poche, il s’envole pour Moscou : « Yuri m’avait réservé un billet avec une compagnie yougoslave, dans un avion gris volant à travers des nuages tout aussi gris. Le gris était la couleur que j’allais voir le plus souvent dans les mois qui suivirent ». L’arrivée nocturne à l’aéroport de Moscou-Cheremetievo, balayé par un vent glacial, ne lui dévoile qu’un très bref aperçu de l’URSS.

    Première leçon de l'URSS

    Sa première vision de ce pays dont il ne connaît rien lui est dévoilée dès son réveil le lendemain matin. Logé chez Aleksandr Pruit, il aperçoit par la fenêtre de la cuisine une cohorte de vieilles babouchkas enveloppées d’écharpes et emmitouflées dans leurs vestes en laine, se rendant à petits pas dans la neige épaisse vers un marché local. Voilà pour la carte postale, mais la première véritable expérience de Mulholland en URSS allait se produire quelques minutes plus tard. « Dans la salle de bain, j’ai aperçu sur une étagère de nombreux produits fabriqués aux Etats-Unis, comme du dentifrice Colgate, de la lessive Tide et du shampooing Pert. A première vue, j’étais assez étonné que ces produits soient disponibles en Union soviétique. J’en ai attrapé un au hasard, mais il était vide. J’ai voulu en regarder un autre, puis un autre, et encore un autre… Ils étaient tous parfaitement vides ».

    Il comprend alors que la présence de ces produits est en fait un témoignage des voyages à l’étranger de son agent. « J'ai réalisé que ces flacons avec des noms de marque représentaient l'Ouest, l'Amérique et la liberté. Ces bouteilles vides colorées étaient un symbole de statut. Mes yeux se sont remplis de larmes et une boule s'est formée dans ma gorge. Et je me sentais si mal d’avoir pris de telles choses pour acquises tout au long de ma jeune existence. Je me suis alors juré de ne plus jamais rien prendre pour acquis. C'était la première leçon que m'enseignait l'URSS ».

    À suivre...

    ► Prochain épisode publié dimanche 1er juillet : [3/3] «Prouve que tu as le niveau pour jouer avec nous»

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