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    Afrique

    Hamad Kalkaba Malboum: «Tirer les leçons d’Asaba» 2018 pour Oran 2020

    media Le Camerounais Hamad Kalkaba Malboum, lors des Championnats d'Afrique d'athlétisme 2018 à Asaba. PIUS UTOMI EKPEI / AFP

    Le président de la Confédération africaine d’athlétisme, Hamad Kalkaba Malboum, dresse le bilan des Championnats d’Afrique 2018 à Asaba qui ont fait couler beaucoup d’encre. Pour rfi.fr, le Camerounais évoque également les prochaines échéances comme l’édition 2020 à Oran et la Coupe continentale 2018 en République tchèque.

    RFI : Hamad Kalkaba Malboum, quel bilan tirez-vous des Championnats d’Afrique 2018 à Asaba ?

    Hamad Kalkaba Malboum : Après avoir suivi la dernière journée de compétition à Asaba, j’ai pu constater que l’essentiel avait été assuré, c’est-à-dire sur le plan sportif. Le positif, pour moi, l’emporte largement sur les aspects négatifs qui ont émaillé notre événement.

    [Concernant les aspects négatifs, Ndlr] Quand les athlètes sont arrivés à Lagos, ils n’ont pas eu les égards qu’ils auraient pu attendre. C’était dû à la fois à des circonstances indépendantes de la volonté de la Confédération africaine d’athlétisme et à celle des organisateurs. Selon ces derniers, ces problèmes étaient dus d’une part à la situation météorologique et d’autre part à un manque d’informations adressées aux délégations arrivées à Lagos.

    Ça a affecté notre événement dès le départ. Mais la compétition à Asaba s’est déroulée de manière régulière durant quatre jours. Et il y a eu de belles performances. Les athlètes ont finalement été très contents de leur participation.

    Enfin, ces Championnats d’Afrique nous ont permis de former une équipe d’Afrique pour la Coupe continentale 2018.

    On a beaucoup parlé des problèmes d’organisation. Quels sont les points positifs que vous évoquez ?

    Le premier point, à mon sens, c’est la participation de nos meilleurs athlètes. Le Kenya, l’Afrique du Sud, l’Ethiopie et les autres délégations sont venues avec ce qu’elles avaient de mieux comme représentants.

    Le deuxième point positif, c’est l’adhésion du public qui a été très présent au stade. Les spectateurs étaient enthousiastes et ont encouragé tous les athlètes.

    Enfin, il y a les progrès réalisés par des pays qui n’avaient jamais gagné de médailles auparavant et qui ont décroché au moins une médaille de bronze. Je suis très très content, par exemple, que la Béninoise Odile Ahouanwanou en heptathlon ait remporté la première médaille d’or de l’histoire de son pays, aux Championnats d’Afrique. Dès le départ, j’avais dit que mon objectif était que chaque pays en Afrique ait la capacité de pouvoir accéder aux podiums.

    Où auront lieu les Championnats d’Afrique 2020 ?

    Ils auront lieu à Oran. C’est ce que la Fédération algérienne d’athlétisme a décidé, lors de la cérémonie de clôture à Asaba, lorsque nous avons remis le drapeau à son président.

    Je pense que cette édition 2020 en Algérie sera réussie. D’abord, parce que l’Algérie a l’habitude d’organiser de grandes compétitions. Et, ensuite, parce que l’Algérie, bien qu’étant un pays du nord du continent, est un pays profondément africain.

    Enfin, nous allons tirer les leçons d’Asaba pour être plus réguliers, plus proches des exigences des athlètes et pour prendre mieux en compte leurs situations.

    Abidjan organisera les Championnats d’Afrique des moins de 20 ans et des moins de 18 ans, en 2019. Pourquoi cette ville ?

    Quand des athlètes émergent quelque part, c’est le signe qu’il y a du potentiel. Nous voulions accompagner Marie-Josée Ta Lou, Murielle Ahouré et les garçons.

    Au sein de la jeune population de Côte d’Ivoire, il y a sûrement d’autres talents de ce niveau. Il faut les identifier. L’intérêt d’une telle compétition, c’est qu’elle entraîne souvent un programme de détection généralisée des jeunes talents, dans les écoles par exemple, avec pour but d’inscrire des athlètes dans toutes les épreuves. Et c’est souvent comme ça qu’on commence à avoir des résultats.

    Nous avons fait cette expérience au Kenya. Aujourd’hui, vous avez un Kényan qui saute à 2 mètres 30 en hauteur [Mathew Sawe, champion d’Afrique en 2016 et 2018, Ndlr]. Ça ne s’est pas fait comme ça, au hasard. C’est venu du fait que nous ayons organisé les Championnats d’Afrique à Nairobi, en 2010, que le Kenya s’est aligné dans toutes les épreuves, y compris en saut à la perche. Vous avez vu par la suite Julius Yego devenir champion du monde du lancer du javelot et Nicholas Bett, qui vient malheureusement de nous quitter, être champion du monde du 400 mètres haies.

    Donc, je pense que ces Championnats d’Afrique seront une occasion d’accompagner les résultats de la Côte d’Ivoire pour qu’il n’y ait pas de rupture après les retraites d’athlètes comme Ta Lou ou Ahouré.

    Dans un mois, il y a la Coupe continentale 2018 à Ostrava en République tchèque, les 8 et 9 septembre, durant laquelle des équipes représentent chaque continent vont s’affronter. L’Afrique vous paraît-elle en mesure de finir en tête du classement, devant les Amériques et l’Europe notamment ?

    C’est notre ambition ! Dans l’ancienne formule, qu’on appelait Coupe du monde [de 1977 à 2006, Ndlr], l’Afrique a déjà gagné quatre fois, chez les hommes. Mais la nouvelle formule ne nous a pas toujours souri puisque nous avons fini deux fois à la troisième place, en 2010 et en 2014. Mais nous ne sommes pas condamnés à rester à cette troisième place.

    Nous voulons finir en tête du classement et nous connaissons nos faiblesses. Elles se trouvent surtout dans des concours, comme les lancers. Nous avons certes fait des efforts sur ces plans-là. Mais quels que soient les résultats, nous ne serons pas déçus. C’est une étape importante d’aller à Ostrava avec une équipe de jeunes qui se sont exprimés à Asaba.

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