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    Afrique

    Lydia Nsekera: «J’ambitionne de transformer et de moderniser l’ACNOA»

    media La Burundaise Lydia Nsekera en 2016. YASUYOSHI CHIBA / AFP

    Lydia Nsekera, 51 ans, est l’une des quatre candidats à l’élection du/de la président(e) de l’Association des comités nationaux olympiques d’Afrique (ACNOA) qui aura lieu fin novembre 2018 à Tokyo. L’expérimentée et influente burundaise, qui siège à la Fédération internationale de football et au Comité international olympique, juge que le « mouvement olympique africain traverse une période très difficile » et ambitionne de « transformer et de moderniser l’ACNOA » si elle est élue.

    RFI : Lydia Nsekera, quand et pourquoi avez-vous décidé de vous présenter à l’élection du/de la président(e) de l’Association des comités nationaux olympiques d’Afrique (ACNOA) qui aura lieu fin novembre 2018 à Tokyo ?
     

    Lydia Nsekera : Comme tout dirigeant responsable, j’ai toujours suivi avec intérêt la situation de l’ACNOA. Mais c’est surtout depuis la crise qui a éclaté après les élections de Djibouti [la réélection de l’Ivoirien Lassana Pelenfo, en mai 2018, sans adversaire après la mise à l’écart du Camerounais Hamad Kalkaba Malboum, Ndlr] que j’ai ouvertement participé aux discussions formelles et informelles en relation avec cette crise et au-delà.

    A Prague, en novembre 2017, en écoutant les uns et les autres, j’ai pu réaliser de plus près les divisions qui existaient au sein de nos membres et les nombreux problèmes qui guettaient notre organisation. C’est aussi à Prague que j’ai été choisie parmi les trois personnalités invitées à siéger dans le comité de réforme de l’ACNOA.

    Durant les mois qui ont suivi, j’ai continué à discuter avec certains de mes collègues présidents de comités nationaux olympiques (CNO) africains pour qu’ensemble, on trouve des solutions adéquates afin de sauver notre organisation et surtout son image qui se ternissait de jour en jour !

    Plus les jours avançaient, plus je réalisais la profondeur des problèmes et j’ai vite compris qu’il fallait un homme courageux ou une femme courageuse capable de transformer notre chère organisation. Et au vu des divisions existantes, j’ai vite compris que l’ACNOA avait besoin de sang nouveau. Je me suis donc sentie interpellée de par mon expérience tant nationale qu’internationale. Nombre de mes collègues m’ont aussi approchée pour me demander de me présenter et j’ai dit « oui » !

    Comment jugez-vous l’état du mouvement olympique africain ?

    On ne peut pas se le cacher, le mouvement olympique africain traverse une période très difficile. Il y a trop de divisions au sein de nos membres. Nous faisons face à un problème sérieux de gouvernance.

    Quelle est votre ambition pour le mouvement olympique africain ?
     

    J’ambitionne de transformer et de moderniser l’ACNOA. Mon rêve le plus profond est celui de construire une Afrique unie ; que les sœurs et frères sportifs se mettent ensemble pour élever le sport africain au rang des grandes organisations sportives ! J’ambitionne d’instaurer un système de gouvernance basé sur la transparence ; un système qui permet à toutes les femmes et les hommes de chaque côté du continent de contribuer au fonctionnement et à la réussite de notre organisation. Je veux que nos athlètes soient traités comme des héros et qu’ils nous ramènent beaucoup de médailles. J’ai plusieurs ambitions mais je sais qu’il faut aller pas à pas…

    Quels sont les principaux axes de votre programme ?

    Comme je l’ai mentionnée dans mon manifeste électoral, mon ambitieux programme, qui s’étend sur deux ans, compte s’attaquer immédiatement aux sujets brûlants. Il s’agira entre autre de : mettre en place des réformes visant à instaurer la bonne gouvernance et la transparence ; engager des discussions avec les dirigeants des sept zones de l’ACNOA dans le but de décentraliser le pouvoir ; instaurer une politique focalisée sur nos athlètes ; assurer une participation réussie et visible aux Jeux olympiques 2020 de Tokyo ; mettre en œuvre de profondes réformes en vue de donner de la grandeur et de la visibilité aux Jeux Africains et autres événements sportifs sur le continent. Donc les Jeux de Plage, qui se tiennent au Cap-Vert l’année prochaine, et les Jeux Africains 2019 au Maroc, constituent bien évidemment une grande priorité.

    Nous allons aussi travailler avec le Sénégal pays-hôte des Jeux olympique de la Jeunesse en 2022 pour délivrer un excellent événement.

    Nous voulons aussi renforcer le partenariat avec le Comité international olympique (CIO), les confédérations sportives africaines, les TOP sponsors, les médias, l’Union Africaine, les Nations Unies et autres organisations gouvernementales et non gouvernementales.

    Quelles sont vos ambitions pour les athlètes du continent aux Jeux olympiques 2020, si vous êtes élue ?

    Si je suis élue, j’entends immédiatement mettre en place un comité ad hoc qui va étudier le moyen le plus sûr pour marquer la présence de notre continent à Tokyo ! Nous voulons aider les athlètes à se qualifier et à pouvoir participer à ces Jeux sans encombre !

    Quels sont vos principaux atouts en tant que candidate ? Votre expérience au sein d’organisation sportive comme la Fédération internationale de football (FIFA) et le CIO ?

    Mon accession à la FIFA et au CIO est le résultat d’un travail assidu au sein du mouvement sportif dans mon pays, le Burundi ! Je compare la situation de l’ACNOA à la situation de la Fédération de football du Burundi (FFB) quand j’ai pris sa présidence en 2004. Une Fédération qui avait des défis aussi importants et similaires que ceux de l’ACNOA et que j’ai su redresser rapidement ! C’était une expérience très enrichissante qui m’a ouvert les yeux sur la gestion des organisations sportives.

    Mon expérience au niveau du CNO du Burundi en tant que membre du bureau depuis 2006 puis présidente depuis 2017 m’a permis de comprendre les défis liés au fonctionnement des CNO ; surtout des CNO ayant peu de moyen comme la plupart des CNO africains ! Je peux aussi citer mon expérience à la Confédération africaine de football en tant qu’organisation africaine !

    Etre la seule candidate, face à trois hommes, est-il un avantage ?

    Moi j’aime la compétition et je pense que plusieurs candidatures permettent aux électeurs de comparer des programmes et d’élire la personne qui les rassure le plus… C’est ça la démocratie !

    Propos recueillis par écrit, le 9 novembre 2018,

    Lydia Nsekera, une femme de réseaux et d’influence

    Lydia Nsekera est la seule candidate à la présidence de l’ACNOA. Mais cela ne semble pas constituer un handicap pour cette personnalité expérimentée et influente. Titulaire d’une Licence en sciences économiques et administratives depuis 1992, la native de Bujumbura a d’abord travaillé dans le monde de l’entreprise, avant de s’intégrer dans celui du sport. D’abord en tant que dirigeante d’un club de football de son pays, puis en tenant les rênes de la fédération nationale (FFB) de 2004 à 2013. La FFB lui a servi de tremplin vers les comités exécutifs de la Confédération africaine de football (CAF) et la Fédération internationale de football (FIFA), une première pour une femme. Le foot lui a aussi permis de mettre un pied au Comité national olympique du Burundi (CNOB) en 2001, avant d’en prendre la tête en 2009. C’est ce même CNOB qui lui a ouvert les portes du CIO et de l’ACNOA. Avec ses états de service et son image pionnière, la Burundaise a même été présentée en 2015 comme un possible recours pour diriger une FIFA alors minée par des scandales de corruption.

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