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    Voile: Jean-Luc Van den Heede, routard déroutant

    media Jean-Luc Van den Heede est resté sept mois seul en mer sur un petit bateau. Photo: Christophe Favreau

    L’expérimenté marin français Jean-Luc Van den Heede, a remporté mardi 29 janvier aux Sables d’Olonne (Vendée), après près de 212 jours en mer, la « Golden Globe Race », une course en solitaire autour du monde « à l’ancienne », sans moyens de navigation moderne. Autrement dit à la boussole, au compas et au sextant. A 73 ans, « VDH » boucle ainsi son sixième tour du Globe. Le plus long, c’est sûr, le plus fou, sans doute. Même s’il vous dira forcément le contraire.

    Depuis les Sables d’Olonne,

    Ce retour du héros avait quelque chose de lyrique. Un temps de chien, le ciel au niveau de la mer, une escorte de bateaux, bien sûr, mais aussi d’hommes et de femmes, massés comme toujours sur l’iconique digue des Sables d’Olonne. Debout sur son monocoque de 36 pieds (environ 10 mètres), construit avant 1988, Jean-Luc Van den Heede, gaillard charismatique, natif d’Amiens mais Sablais d’adoption, salue la foule comme un empereur romain. Prophète en son pays, star en mondiovision.

    « Salut, ça va ? »

    Le décor est planté, ne manque qu’une phrase, une formule pour signer définitivement l’exploit, l’inscrire dans l’Histoire. Sur le ponton, des micros, de France, du Royaume-Uni, d’Allemagne et d’ailleurs l’attendent. Van den Heede, l’habitué des bons mots, a, c’est sûr, préparé son coup. On se frise la moustache. Enfin, il se rapproche, il arrive, constate son retour à la civilisation, sourit dans sa petite barbe blanche, puis lâche, avec son habituelle bonhomie, comme s’il venait de remporter une régate dans une flaque d’eau : « Salut, ça va ? ». Contrepied parfait, bienvenue dans le show « VDH » : la bouteille de champagne, symboliquement tendue par son unique prédécesseur (la première édition avait eu lieu en 1968), Sir Robin Knox-Johnston, se vide par éclaboussures sur les journalistes.

    Son premier discours sera long et débridé. Aux explications ultra-techniques succèdent des blagues potaches, ponctuées d’un rire communicatif. Puis, avant de rejoindre le podium officiel, le skipper, chanteur dans une autre vie - il fût aussi professeur de mathématiques -  fait monter à bord son ami, l’interprète de variétés Hugues Aufray, pour une reprise enjouée du classique Santiano.

    Un éternel enthousiaste

    On pensait récupérer un homme épuisé par 7 mois de mer, sonné par ce retour brutal sur terre, on le retrouve frais comme un gardon, soulagé d’en finir, bien sûr, mais l’œil vif et l’énergie d’un jeune cabri. « Nous l’avons vu ici une semaine avant le départ, il chantait avec ses amis des tubes rock … Et là c’est le même » s’étonne Alain, un habitant de la région. Sa femme, Nadine, renchérit : « C’est un éternel enthousiaste, avec une sacrée joie de vivre … Nous sommes transis de froid, mais il fallait rester pour l’écouter. Il rit tout le temps, même quand il raconte les mauvais moments de son aventure. »

    Comme ce jour de novembre où il se réveille, en plein Pacifique, le mat à l’état de « spaghetti », à moitié dans l’eau. Quand VDH annonce son chavirage, l’abandon semble inévitable. Il prévient sa compagne, Odile (ce qui lui vaudra une pénalité, les communications étant interdites), commence à se dérouter vers le Chili, puis, à la surprise générale, se ravise : « J’ai commencé à réparer petit à petit, et j’ai vu que ça tenait, détaille-t-il, alors je me suis dit qu’en y allant prudemment, ça pouvait le faire. En tout, je suis monté 7 fois dans mon mat. Forcément j’ai perdu du temps dans l’affaire, mais j’avais déjà une belle avance ».

    Un choix payant, rétrospectivement, pour celui qui, avec deux podiums sur le Vendée Globe (2e en 1993 et 3e en 1990) et un record du tour du Monde d’est en ouest, partait avec le meilleur pedrigree des 17 engagés (4 autres seulement sont encore en course). Mais attention, n’allez pas classer Jean-Luc Van den Heede dans la catégorie des ogres dévoreurs de trophées. Cette course, pour lui c’était d’abord un défi : « faire un tour du globe avec le bateau de Monsieur Tout-le-Monde et les moyens de navigation des pionniers de la première édition. »

    Une vision « vintage » de la voile

    Le premier des pionniers, justement, Sir Robin Knox-Johnston, 79 ans, était peut-être aussi heureux que VDH lui-même : « C’est le successeur idéal, explique le Britannique. Jean-Luc est un ami de 35 ans, c’est un grand marin et surtout nous partageons la même vision de notre sport. »

    Une vision « vintage », à contre-courant de la tendance actuelle, des bateaux qui « volent » et des records qui tombent. Avec ses 212 jours, Jean-Luc Van den Heede aura passé 3 fois plus de temps en mer que le vainqueur du dernier Vendée Globe, Armel Le Cléac’h, « Mais je n’ai pas eu le temps de m’ennuyer, précise « VDH », il y a toujours quelque chose à faire avec ces contraintes de navigation spécifiques. Pour moi, le 1er juillet (ndlr : date du départ), c’était hier ! ». Et pour les proches ? (il fait semblant d’être ému) « Pour être politiquement correct, je devrais dire que mes enfants m’ont manqué, que ma femme m’a manqué, mais quand on part pour un tel projet, on en discute avant, et ça ne se fait pas contre leur volonté. »

    En parlant de volonté, lui en a une concernant ses premières nourritures terrestres depuis 7 mois : ce sera un plateau de fruits. Enfin de fruits de mer. Le contrepied, encore et toujours.

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