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    Afrique

    MMA: Marc Diakiese, le Congolais qui veut devenir roi de l’UFC

    media Le Congolais Marc Diakiese, lors de son dernier combat, le 22 juillet 2018 à Hambourg, face à Nasrat Haqparast. Photo by Jeff Bottari/Zuffa LLC/Zuffa LLC via Getty Images

    Marc Diakiese affronte l'Irlandais Joseph Duffy, ce 16 mars 2019 à Londres, lors de l’UFC Fight Night London, après trois défaites de suite au sein de la ligue Ultimate Fighting Championship (UFC). Le jeune Congolais naturalisé britannique espère à cette occasion reprendre son ascension. Il rêve toujours de devenir champion du monde d’arts martiaux mixtes (MMA).

    Ce 16 mars 2019, Marc Diakiese espère souffler ses 26 bougies sans voir 36 chandelles. Le Congolais affronte en effet l’Irlandais Joseph Duffy, le jour de son anniversaire, dans la catégorie des poids légers de l’Ultimate Fighting Championship (UFC), la plus prestigieuse ligue d’arts martiaux mixtes (MMA) au monde. Celui qu’on surnomme « Bonecrusher » – « le briseur d’os » – prend part à l’UFC Fight Night London, dans une immense O² Arena de Londres qu’il connaît bien, lui, le naturalisé britannique. « Je me suis déjà battu dans celle salle, rappelle l’intéressé. J’ai donc hâte d’y être ».

    C’était il y a pile deux ans. Marc Diakiese avait alors pulvérisé son adversaire en 30 secondes. Il portait ainsi sa belle série de victoires à 12 en autant de matches de MMA, dont trois d’affilée au sein de l’UFC. Mais, depuis, la machine à gagner s’est enrayée et a perdu ses trois derniers affrontements. « Je ne me sens pas sous pression, jure-t-il pourtant, joint par téléphone par rfi.fr. C’est une occasion pour moi de prendre du plaisir. Je ne suis pas inquiet à l’idée de perdre. Je vais me battre tout simplement, parce que j’adore ça ».

    Parti seul du Congo à l’âge de 12 ans

    Il vaut mieux aimer l’adversité quand on a eu l’enfance de Marc Diakiese. C’est à 12 ans que le natif de Kinshasa a quitté ses parents pour rejoindre, seul, un oncle, en Angleterre. « Je cherchais juste à avoir une meilleure vie, explique-t-il, assurant ne pas avoir été renié par son père à cette époque, contrairement à ce qu’indique un article du journal The Sun. Ça m’offrait l’opportunité d’aller à l’école ».

    La scolarité de Marc Diakiese n’a pourtant pas été un long fleuve tranquille entre ses difficultés à parler anglais et les nombreuses brimades de certains camarades de classe. « Les autres essayaient de me malmener mais j’ai dépassé ça », se souvient-il.

    Des débuts difficiles

    De fait, Marc Diakiese a parfois dû user de ses poings pour se faire respecter, lui qui faisait surtout du sport avec ses pieds, au sein de l’académie de Leeds United, avant de laisser tomber le foot à cause de la distance avec Doncaster. Mais il explique s’être mis au MMA davantage par envie que par besoin d’apprendre à se défendre. « J’ai commencé à m’entraîner il y a sept ou huit ans », se souvient-il, avec plaisir. A ses débuts en MMA, le tout jeune adulte travaillait dans le secteur ferroviaire. « C’était vraiment galère, explique-t-il. Parfois, je tombais de sommeil pendant le boulot ».

    Aujourd’hui, grâce à son contrat signé en 2016 avec l’UFC, Marc Diakiese peut se consacrer à 100% au MMA, sa seule préoccupation ou presque, hormis, évidemment, sa compagne et leurs deux enfants. « Je pense que tout le monde devrait faire des arts martiaux mixtes, parce qu’ils apprennent à être discipliné, assure-t-il. Pas seulement lors d’un combat, mais aussi en général. Parce que dans la vie, il faut respecter les autres ». C'est cette philosophie qui l'avait par exemple poussé à accepter de poser pour la revue Gay Times Magazine.

    Pas encore prophète en son pays

    Pour l’heure, la réputation de Marc Diakiese n’est pas encore vraiment parvenue jusqu'aux oreilles de ses compatriotes. Et pour cause. « Je ne vois pas souvent des Congolais venir vers moi ou me reconnaître », regrette l’expatrié. Il espère que cette situation va changer. « Être congolais, ça représente beaucoup pour moi, lance-t-il. J’en suis fier. Durant mon combat, je viendrai avec un drapeau » de la RDC.

    Marc Diakiese n’est pas retourné à Kinshasa depuis qu’il a laissé les siens. « Je suis encore jeune, vous savez, répond-il. Et le Congo est un pays totalement différent. Je voulais m’habituer aux gens ici et me construire une meilleure vie avant d’y retourner, ce que j’essaie de faire. Mais je pense qu’après mon prochain combat, si tout se déroule comme prévu, j’y retournerai ». Sans ceinture de roi des poids légers certes. Mais « Bonecrusher » n’a pas dit son dernier mot. Il espère encore briller autant que son ami le Camerounais Francis Ngannou, ou que le Nigérian Kamaru Usman, premier Africain sacré champion du monde de l’UFC.

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