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    Sports

    Sports de combat: la France ouvre la porte à une légalisation du MMA

    media Lors d'un combat d'arts martiaux mixtes (MMA) à Londres, le 16 mars 2019, entre Nathaniel Wood et Jose Quinonez. REUTERS/Matthew Childs

    La ministre des Sports, Roxana Maracineanu, a annoncé qu’un « appel à manifestation d’intérêt » a été lancé afin de voir si une ou des fédérations existantes était en mesure d’encadrer en France le MMA (mixed martial arts). Un sport interdit de compétition sur le territoire français mais qui compte pourtant des clubs et des licenciés.

    « Les sports de combat doivent respecter certaines règles. Et ces règles, c’est tout d’abord l’intégrité physique. Ne pas mettre les gens dans une situation dégradante, par exemple dans une cage ou encore ne pas frapper quelqu’un qui est au sol et qui ne peut pas se défendre. Cela est impossible pour moi. Le sport, ce n’est pas la guerre », disait Jean-Luc Rougier en 2011 sur la chaîne L’Équipe TV. Le président de la Fédération française de judo a toujours été un farouche adversaire des arts martiaux mixtes (MMA). Plusieurs années plus tard, le MMA est-il en train de sortir de sa semi-clandestinité dans l’Hexagone ?

    « Enfin quelqu’un prend ses responsabilités »

    En effet, mardi 2 avril 2019, Roxana Maracineanu a émis l’idée d’une reconnaissance du MMA, discipline qui mêle les techniques de différents sports de combat et arts martiaux (boxe anglaise, judo, ju-jitsu, lutte, boxe thaï) et où les coups au sol sont permis, le tout dans une cage. La ministre des Sports a ouvert la porte à une légalisation du MMA en France, à condition qu'une ou des fédérations déjà structurées prennent en charge ce sport de combat extrême.

    « Enfin quelqu’un prend ses responsabilités et décide de faire avancer le dossier. J’applaudis cette annonce », explique à RFI Bertrand Amoussou, ancien judoka, président de la Commission française de MMA. « Il est temps de mettre de la réglementation pour permettre à tous les pratiquants de pouvoir évoluer dans de bonnes conditions. Il faut des entraîneurs certifiés et ce serait bien que les compétiteurs ne s’expatrient plus pour combattre. C’est mon combat depuis 14 années », ajoute-t-il.  

    « Le développement du MMA en France est un dossier complexe depuis de nombreuses années. La déclaration de la Ministre des Sports est une véritable avancée vers la structuration d’une discipline en pleine expansion dans le monde entier, notamment au niveau amateur », a déclaréKerrith Brown, président de la Fédération Internationale de Mixed Martial Arts.

    Accompagner le MMA

    Le ministère des Sports va donc lancer un appel auprès des fédérations qui seraient prêtes à prendre cette discipline sous leur coupe à titre expérimental. Jean-Luc Rougier va-t-il changer son fusil d’épaule ? La Fédération de judo connaît actuellement une baisse de licenciés. La fédération de karaté ou encore celle de lutte pourraient aussi se positionner ? Sans compter celle des sports de contacts et disciplines associées. « Cette fédération de MMA a envie d’être accompagnée pour pouvoir exister. Elle va donc être abritée au sein d’une autre fédération », explique la ministre.

    « Sur ce sport très pratiqué en France, mais pas reconnu, il y a le danger que des éducateurs interviennent sans diplômes, le danger que cette pratique se déroule avec des personnes pas très bien intentionnées. Je pense à l'aspect radicalisation dans le sport ou par le sport […] On a envie de réglementer pour avoir un œil sur cette discipline », a aussi confié Roxana Maracineanu.

    « On est peut-être jeune et c’est plus sage d’aller sous la tutelle d’une fédération existante quelques années avant de prendre notre indépendance. C’est une démarche humble et responsable », dit Bertrand Amoussou qui a déjà rencontré les présidents de la Fédération de lutte et de judo.

    Un sujet récurrent en France

    En France, le sujet de la légalisation du MMA est récurrent. L'ancienne ministre des Sports, Laura Flessel, qui a démissionné en septembre 2018, avait dit, un an plus tôt, qu'elle attendait les résultats de l'observatoire. L'ancien secrétaire d'État aux Sports, Thierry Braillard, avait au contraire pris fin octobre 2016 un arrêté ministériel interdisant clairement toute compétition.

    En effet, cet arrêté avait redéfini les conditions d’organisation des manifestations publiques de sports de combat, et d’en exclure le MMA. Les « coups de poing, coups de pieds, coups de coude et coups de genoux visant un combattant au sol », techniques caractéristiques du MMA, sont interdits, indique le texte. De plus, le combat doit obligatoirement avoir lieu sur un tapis ou à l'intérieur d'un ring.

    Légal aux États-Unis, où il est très médiatisé, le MMA génère beaucoup d'argent et devient de plus en plus populaire.

    Sur le territoire français, il existe près de 240 clubs de MMA (entre 30 000 et 50 000 pratiquants), selon la Commission française de MMA. Avec la Norvège, la France est le seul pays au monde à interdire les compétitions.


    La position de la Fédération française de judo

    « Notre fédération est souvent citée dans les médias et par les divers intervenants sans qu’elle se soit réellement exprimée ou que l’on ait vérifié sa position. Pour rappel, le MMA est une pratique très minoritaire parmi les 1 300 000 licenciés des sports de combats et arts martiaux en France. Et si l’on parle des compétiteurs, cette pratique est quasi inexistante », a écrit Jean-Luc Rougé dans un communiqué de la Fédération française de judo (FFJ). « Le législateur doit d’abord s’interroger sur ce qui est du sport et ce qui ne l’est pas, ce qui entre dans le champ d’application du sport ou non. On ne doit pas limiter cette réflexion au MMA uniquement, mais on doit y associer certains arts militaires où l’on apprend à tuer et blesser ainsi que d’autres sports de combat violents et qui pour certains sont enseignés au grand public dans des salles de sport municipales », avance encore Jean-Luc Rougé. En ce qui concerne l’intégration du MMA dans le système sportif français, et à la FFJ, Jean-Luc Rougé indique : « Le MMA loisir ne pose aucun problème et c’est pour cela que l’enquête parlementaire n’a pas vu d’obstacle à sa légalisation. Notre fédération avec quelques ajustements techniques peut tout à fait gérer ces activités avec ses clubs et ses enseignants, et cela très rapidement. » Et d’ajouter : « Pour les combats professionnels il en est tout à fait autrement. Les combats sont organisés par des sociétés privées qui n’ont pas, entre elles, les mêmes exigences de contrôles et suivi médicaux. Il existe aussi des variantes d’arbitrage qui peuvent être importantes, notamment lorsqu’un combattant est en difficulté physique. Si nous devions intégrer ou accompagner le MMA, nous demanderions la possibilité d’interdire certaines manifestations. Pour les combats professionnels, on ne peut donc faire de règles par discipline, car de nombreux sports de combat et arts martiaux naissent et meurent chaque année. Il en a déjà été recensé plus de 200 en France. »

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