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    Jeux africains/Escrime: Inès Boubakri, femme en or

    media La Tunisienne Inès Boubakri lors des Jeux africains 2019 au Maroc. Photo: Farid Achache RFI

    Ce lundi 26 août, la Tunisienne Inès Boubakri a encore brillé sur le continent en remportant une nouvelle médaille d'or aux Jeux africains face à l'Égyptienne Noha Hany (15-8). Médaillée de bronze lors des Jeux olympiques de Rio en 2016, l'escrimeuse a désormais le regard vers les Jeux de Tokyo, dans l’espoir de décrocher sa première médaille d’or dans une compétition mondiale. Rencontre.

    De notre envoyé spécial à Rabat,

    La salle d’échauffement de l’escrime est pratiquement vide. Inès Boubakri enchaîne une série d’abdominaux avant d’entamer sa journée marathon pour un nouveau titre aux Jeux africains. Elle était déjà en or en Algérie en 2007 et à Brazzaville en 2015.

    Inusable Inès Boubakri

    En juin dernier, l'escrimeuse avait remporté son 13e titre lors des Championnats d’Afrique à Bamako au Mali. À 30 ans et malgré une carrière bien remplie, Inès Boubakri semble inusable. Coûte que coûte, l’athlète tunisienne continue de consacrer sa vie à son sport, déterminée à décrocher un jour l’or mondial ou olympique. La médaille de bronze à Rio en 2016 ne suffit pas à satisfaire sa soif.

    Pourtant, quatre ans après sa déconvenue aux Jeux de Londres, l’escrimeuse avait pris sa revanche au Brésil. Alors qu’elle s’était inclinée en quarts de finale en 2012, la Tunisienne était montée sur le podium un mercredi 10 août sur le sol brésilien. Une date qui est entrée dans l’histoire de l’escrime : en battant la Russe Aïda Shanaeva, Inès Boubakri devenait la première femme africaine médaillée aux Jeux olympiques en escrime.

    La fille d’Henda Zaouali, qui avait elle-même participé aux Jeux d'Atlanta en 1996 (défaite au premier tour à l'épée), vivait un des plus beaux jours de sa vie avec son mari, le fleurettiste français Erwann Le Péchoux, à ses côtés. « J’espère que ça sera un message pour tous les Tunisiens. Pour la femme tunisienne, pour la femme arabe ! Pour dire qu’il faut y croire, la femme existe, elle a sa place dans la société  », avait-elle déclaré.

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    La confiance en plus

    « Dans ma tête, je suis plus forte, avance-t-elle aujourd’hui. J’ai plus confiance en moi, je me dis que tout est possible. En demi-finale à Rio, je n’étais pas loin (défaite 12-9 face à l'Italienne Elisa Di Francisca au fleuret, ndlr). Pour la médaille de bronze, j’étais menée et je me suis dit qu’il fallait y croire. Il ne faut jamais baisser les bras. » Lors des Mondiaux 2018 en Chine, après ceux des Mondiaux 2014, elle est rentrée avec le bronze autour de son cou. « J’ai prouvé à ceux qui en doutaient que Rio n’était pas un hasard », avance-t-elle, un peu déçue par certaines critiques.

    En attendant, la médaille de Rio est dans un coin de l’appartement à côté de celle de son mari. « J’y repense quand je fais le ménage et que je donne un coup de chiffon sur la boîte, lâche-t-elle dans un éclat de rire. J’en ai encore des frissons. Mais Rio, c’est fait et il y a une suite à écrire. »

    Chaque jour, Inès Boubakri se lève pour « accomplir » son rêve. Mais elle ne s’arrête pas à cela. Souvent, elle se transforme en ambassadrice du sport féminin dans le monde arabe et sur le continent africain. « J’ai eu la chance de faire une campagne promotionnelle avec l’équipementier Nike pour représenter la femme du Moyen-Orient. Je voulais faire passer deux messages aux jeunes filles : pratiquer le sport et croire en ses rêves. Je suis fière de cela », explique-t-elle.

    « J’espère que Tokyo va aussi me sourire »

    Inès Boubakri regrette que l’escrime en Afrique n’évolue pas beaucoup et ne compte pas au niveau mondial. « On manque de moyens. Par exemple, les jeunes Tunisiens n’ont pas eu de stage avant de venir. Les escrimeurs africains ont du mal à sortir de leur pays pour voir ce qui se passe ailleurs. Ceux qui s’entraînent à l’étranger s’en sortent mieux. » Seul l’Égyptien Alaaeldin Abouelkassem est entré dans l’histoire de ce sport en devenant le premier escrimeur africain à décrocher une médaille d’argent en fleuret lors de Jeux olympiques de Londres en 2012.

    « J’espère que Tokyo va aussi me sourire. Je ne vais rien faire de plus que les autres saisons. J’irai en en stage en Asie avant les Jeux pour m’acclimater au décalage horaire et au climat », conclut Inès Boubakri.

    La journée marathon est terminée. Demain, Inès Boubakri fera un passage par Tunis avant de rentrer en France où elle s'entraîne à Bourg-la-Reine en banlieue parisienne. Cette nouvelle médaille d’or acquise sur le continent africain aura aussi sa place dans son appartement. En attendant celle du Graal olympique !

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