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    Sports

    MMA: le Congolais Dalcha Lungiambula veut écrire son histoire à l’UFC

    media Le Congolais Dalcha Lungiambula avait battu le Sud-Africain Andrew van Zyl, en juin 2018, à l’Extreme Fighting Championship (EFC). EFC Worldwide

    Après Marc Diakiese, voici un deuxième Congolais à l’Ultimate Fighting Championship (UFC), la plus prestigieuse ligue d’arts martiaux mixtes (MMA) au monde. Après avoir régné sur l’EFC, une ligue sud-africaine, Dalcha Lungiambula compte bien briller au sein de l’UFC. Présentation d’un combattant né à Kinshasa.

    Une vocation, une passion, ça ne tient parfois pas à grand-chose. Celle de Dalcha Lungiambula pour les sports de combat est née le jour où son père lui a offert une tenue de karaté (« keikogi »), alors qu’il avait 8 ans. « J’ai vu le dessin sur le kimono et je me suis immédiatement intéressé aux arts martiaux, raconte ce Congolais né à Kinshasa. Il représentait un karatéka qui poussait un kiai [le cri, en karaté, Ndlr]. Ça m’a inspiré. J’ai voulu devenir un maître en arts martiaux et un sportif. C’est là que tout a commencé ».

    Le gamin opte finalement pour le judo, une discipline plus répandue en Afrique centrale et qui lui a bien réussi. « J’ai été champion national en RDC, se souvient-il. J’ai également défendu les couleurs de mon pays. J’ai été partout, grâce au judo. J’ai participé aux Championnats du monde, en Thaïlande [les Mondiaux juniors 2008, Ndlr] ».

    L’exil économique en Afrique du Sud

    Le Kinois garde un bon souvenir de ses jeunes années, passées à l’école et sur les tatamis d’un club de la commune de Ngiri-Ngiri. « Ma vie, c’était le sport, assure-t-il. Après l’école, je passais tout mon temps au judo. Si l’entraînement commençait à 16 heures, j’étais là une heure avant le début, pour disposer le matériel ».

    En 2009, Dalcha Lungiambula est toutefois rattrapé par la réalité économique. Son père, qui est électricien auto, a de plus en plus de mal à joindre les deux bouts. Le judoka peine également à subvenir aux besoins de ses proches. Il décide donc, à l’issue d’un déplacement avec son équipe en Afrique du Sud, de s’y installer « pour chercher quelques opportunités ». « Je me suis dit qu’il était temps, pour moi aussi, d’aider mes parents, de rester et de me battre, comme un homme ».

    Les premiers mois sont difficiles, même si Dalcha Lungiambula affirme ne pas avoir souffert de la xénophobie qui peut viser les Congolais en Afrique du Sud. « J’étais étranger, dans un endroit que je ne connaissais pas, sans le soutien de ma famille. J’ai cherché où manger et dormir. Mais je me suis battu », lance-t-il.

    La révélation MMA

    Après quelques mois à Johannesburg, l’intéressé part au Cap, chercher des petits boulots. C’est à la pointe australe du continent que la vie de Dalcha Lungiambula bascule une nouvelle fois. « Je travaillais comme agent de sécurité dans un bar. Et, un jour, un client m’a parlé du MMA. C’est à ce moment-là que je me suis intéressé à cette discipline, narre-t-il. Ce client m’a dit qu’avec le MMA, on pouvait gagner de l’argent. C’était une opportunité ».

    Le réfugié rejoint alors un club local. Après quelques combats amateurs, l’Extreme Fighting Championship (EFC), l’une des meilleures ligues professionnelles d’Afrique, le repère en 2014. À l’EFC, Dalcha Lungiambula se montre irrésistible, si l’on excepte une unique défaite (en 2015) en dix combats. À tel point que, après avoir gagné puis conservé la ceinture de roi des lourds-légers, celui qu’on surnomme « Champion » sollicite un affrontement avec le patron des poids lourds, Andrew van Zyl, en juin 2018. Et la victoire est encore au rendez-vous.

    Maître dans deux catégories de poids différentes à l’EFC, Dalcha Lungiambula se sent alors prêt à s’attaquer à l’Everest du MMA, l’Ultimate Fighting Championship (UFC). En décembre 2018, le Congolais paraphe donc un contrat avec l’UFC.

    Un bon début à l’UFC

    En juin 2019, à Minneapolis, Dalcha Lungiambula fait ses débuts aux États-Unis. Il s’y impose avec brio face à l’Américain Dequan Townsend. « En général, on ne donne pas beaucoup de chances aux combattants africains, commente le vainqueur. Lorsque tu pars aux USA, tout le monde te dit que c’est différent là-bas, que les gens travaillent dur, qu’ils sont costauds. Mais moi, j’ai une conviction bien personnelle : c’est que rien ne m’empêchera d’atteindre mon objectif. Je suis un grand champion. Si j’y suis parvenu en Afrique, je peux le faire dans le monde entier ».

    Avant sa première sortie à l’UFC, Dalcha Lungiambula croise la tête d’affiche de la soirée, Francis Ngannou. Avec la star camerounaise, il échange quelques mots bienveillants. « Il m’a demandé d’où je venais et dans quelle catégorie je combattais, confie le Kinois. Il m’a dit que les gens étaient costauds chez les Light-Heavyweight. Je lui ai répondu : ‘Ne t’inquiète pas, champion. Je le ferai, mon frère.’ Il a été surpris par mon premier combat. Il m’a envoyé un texto d’encouragement que j’ai beaucoup apprécié ».

    Comme lui, Ngannou est arrivé à l’UFC passé la trentaine. « Francis est une source d’inspiration pour moi et pour tout Africain qui veut faire du MMA. C’est la fierté du continent. Il nous donne l’envie, la motivation et la conviction qu’on peut y arriver. Et si vous regardez l’UFC, nous sommes de plus en plus nombreux. L’Afrique arrive. Je pense qu’on va conquérir tous les titres. It’s time for Africa to shine ».

    Être reconnu en RDC

    Prochaine étape pour Dalcha Lungiambula, le 9 novembre à Moscou, face au Russe Magomed Ankalaev. « Il est rapide, puissant et intelligent, admet l’Africain. Mais s’il est fort, je serai plus fort que lui. S’il est intelligent, je serai plus intelligent que lui. Sur tous les plans, je ferai le double de ce qu’il fera ».

    Avec un deuxième succès l’UFC et un onzième en douze combats pros de MMA, Dalcha Lungiambula espère bien, par ailleurs, être davantage (re)connu dans son pays. Populaire auprès de la communauté congolaise d’Afrique du Sud, il reste en effet relativement anonyme en RDC. « Le MMA n’a pas vraiment d’influence au Congo. Les gens ne connaissent pas cette discipline, contrairement à ce qu’il peut se passer en Afrique du Sud, en Angola ou au Nigeria, des pays qui ont des champions, assure-t-il. Mais je sais qu’un jour mon souhait se réalisera : je rentrerai dans mon pays et je dirai qui je suis. Et, pourquoi pas, rencontrer le président Félix Tshilombo Tshisekedi, comme le boxeur Junior Ilunga Makabu l’a fait, après avoir combattu en Russie ».

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