Pour sortir élégamment de l’âge ingrat numérique

En Californie, une loi pour protéger les ados négligents sur les réseaux sociaux vient d’être votée. Ce texte surnommé «la loi-gomme» va entrer en vigueur le 1er janvier 2015 et permettra aux ados de faire face au voyeurisme et aux dérapages bien souvent inhérents aux réseaux sociaux.
Les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Instagram…) représentent un plongeon dans la grande inconnue pour un adolescent. Ou juste une dangereuse insouciance. Utilisés par ces derniers, ils sont souvent le reflet sur la Toile d’une activité tumultueuse, de fêtes, d’amusement. Ils peuvent donc -quand la bise fut venue- se retourner contre eux, une fois entrés dans l’âge adulte. Lors d’un entretien d’embauche par exemple, mais aussi dans leur vie de tous les jours.
Une nouvelle chance après une bavure numérique
Car il a toujours été compliqué de se démêler de cette pelote de laine que représente un historique de vie numérique, surtout à l’âge ingrat. On a même la sensation que cette glu 2.0 sera de plus en plus forte, les années passant… C’est pour cette raison que la Californie a souhaité changer la donne en offrant une nouvelle chance après une bavure numérique en quelque sorte.
Ainsi selon l’AFP, la loi californienne va permettre aux adolescents de faire disparaître de leurs pages personnelles sur les réseaux sociaux les photos ou commentaires embarrassants téléchargés sur un coup de tête ou après une soirée trop arrosée.
« La loi-gomme »
Le texte, surnommé « la loi-gomme », a été promulgué en début de semaine par le gouverneur de Californie Jerry Brown. Il entrera en vigueur le 1er janvier 2015, le temps pour les sites internet concernés de s’adapter à la nouvelle réglementation. Les défenseurs de la loi voulaient s’assurer que les erreurs de jeunesse des internautes ne les poursuivraient pas toute leur vie, notamment professionnelle, alors que les profils des réseaux sociaux sont de plus en plus observés et contrôlés lors des embauches.
« Une protection révolutionnaire pour nos enfants »
« C’est une protection révolutionnaire pour nos enfants, qui agissent souvent de façon impétueuse en téléchargeant des photos ou des messages déplacés avant de penser aux conséquences », a déclaré le parlementaire démocrate Darrell Steinberg, auteur de la loi. Le texte ne protège cependant pas les jeunes des commentaires ou photos les concernant téléchargés par des tiers, et ne permet pas aux adultes de gommer leurs erreurs de jeunesse. « Les erreurs de jeunesse suivent leurs auteurs toute leur vie et leurs empreintes numériques les suivent où qu’ils aillent », déclare James Steyer, fondateur de l’ONG Common Sense Media, favorable à la loi, dans les colonnes du San Francisco Chronicle.
Le texte pourrait avoir des effets pervers
Les opposants à la loi assurent qu’elle complique encore la tâche des sites internet, qui doivent déjà composer avec les multiples législations locales, dans chaque État américain. D’autres affirment que le texte pourrait avoir des effets pervers, en obligeant les sites internet à récolter encore plus d’informations personnelles auprès des jeunes internautes.
« En plus de la nécessité de connaître l’âge (de l’internaute), les sites devront savoir s’il habite ou non en Californie », déclare à l’AFP Stephen Balkam, président du Family Online Safety Institute (FOSI). Les réseaux sociaux Twitter et Facebook proposent déjà cette fonctionnalité sur leurs sites.

Delicious
Digg
Facebook
Twitter
Yahoo!
Technorati

















Réagissez à cet article
(0) Réaction