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    Affaire Dieudonné: une quenelle 2.0

    media Inventé par Dieudonné, le salut de la «quenelle», un bras tendu vers le bas et l'autre croisé à travers l'épaule, est interprété par certains comme un signe antisémite et revendiqué par d'autres comme un bras d'honneur anti-système. AFP

    Impossible en ce moment en France de manquer l’affaire Dieudonné concernant les propos visant le journaliste Patrick Cohen de France Inter. Une enquête a d'ailleurs été ouverte par le parquet de Paris concernant ces propos. Et François Hollande, lors de ses voeux pour 2014, a sans évoquer explicitement l'humoriste, promis de se montrer « intransigeant face aux discriminations en tous genres ». Mais depuis plusieurs jours, c’est la « quenelle », geste popularisé par Dieudonné qui ne cesse d’agiter la Toile.

    C’est internet qui a relancé l’affaire. Rappelez vous au départ, cette « quenelle » est apparue en 2005 lors d’un spectacle de Dieudonné. Il faisait référence à une nageoire d'un dauphin. Elle prend un caractère politique en 2009 avec une affiche pour les élections européennes où on le voyait faire le geste, une sorte de bras d’honneur à l’envers ou salut nazi selon les interprétations. Dieudonné a d’ailleurs toujours revendiqué le caractère « anti-système » de la quenelle.

    Mais pourquoi en reparler aujourd’hui ? Parce qu’une photo a resurgi sur Twitter le 17 décembre. On y voit pour la deuxième fois des comédiens du Parc Astérix en région parisienne faire le geste controversé. La direction s’excuse aussitôt de cette méprise sur son compte. Trop tard ! La machine internet est lancée. Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, a même annoncé son souhait « d’interdire ce geste et les spectacles de l’humoriste. »

    La Toile s'enflamme

    Les partisans de l’humoriste le défendent sur leur compte Facebook et Twitter. D’autres vont jusqu’à se photographier faisant une quenelle dans le mémorial de la Shoah, devant le Mur des Lamentations ou près d’un panneau explicite comme : « rue de la juiverie ». Un blog sélectionne les images les plus choquantes.

    On a vu aussi des sportifs, comme Anelka faire le geste en soutien à Dieudonné lors d’un match, le 28 décembre. Une photo du basketteur Tony Parker, vielle de trois ans selon lui, est aussi réapparue sur la Toile. Les deux joueurs se sont par la suite excusés.

    Ironie du sort, le 30 décembre, le quotidien Le Parisien - Aujourd’hui en France a publié sur son site une photo du ministre de l’Intérieur Manuel Valls entouré d’adolescents faisant une quenelle. Et la photo datait de septembre 2013.

    Pas de jurisprudence pour la quenelle

    Pour le moment, il n’existe pas de loi l’interdisant. Le problème réside dans le fait que le terme « quenelle » n’est pas défini. C'est ce que rappelle Maître Tewfik Bouzenoune, avocat pénaliste au barreau de Paris : « Dans la mesure où ce geste n'est pas identifié par la loi comme relevant d'une certaine idéologie, il faut en amener la preuve. Donc, quand une quenelle est faite devant le mémorial de Shoah ou devant une "rue des juifs", on imagine que cette quenelle, quand elle est faite dans ces circonstances, renvoie à une idéologie qui peut être taxée d'antisémite. Et alors, [la personne] pourrait être poursuivie si l'on démontre que derrière le geste, il y a une forme d'apologie de l'antisémitisme. »

    Les propos racistes publiés sur les réseaux sociaux visés par la loi

    Attention tout de même : si pour le moment, les internautes ne risquent rien pour la publication de photos de « quenelle », il en est tout autrement pour les propos à caractère raciste ou incitant à la haine vis-à-vis du sujet. Twitter et Facebook sont soumis au droit de la presse.

    Les internautes peuvent donc être poursuivis pour injures ou diffamation : « Le droit de la presse s'applique in extenso à Twitter, poursuit l'avocat. Vous êtes responsables de vos propos dans la mesure où ils sont publics. Twitter est une interface publique qui vous permet de diffuser publiquement des propos qui sont susceptibles d'être poursuivis au titre de l'injure ou de la diffamation. »

    La ministre déléguée à l’Economie numérique, Fleur Pellerin, l'a aussi rappelé mardi 31 décembre : « Toute personne propageant des propos racistes sur les réseaux sociaux peut être condamnée. »

    TOUR DU NET QUENELLE "INTERVIEW INTEGRALE" 01-01-14 01/01/2014 Écouter

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