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    Facebook, 10 ans déjà: les premiers utilisateurs ont 10 ans de plus aussi

    media Au Ghana, les candidats eux-mêmes ont créé leur page Facebook. AFP PHOTO/JOEL SAGET

    Le 4 février 2004 Mark Zuckerberg, étudiant à Harvard, lançait « TheFacebook ». Trombinoscopes, ensemble de photos, d’infos universitaires en ligne. Aujourd’hui, le réseau enregistre 1,2 milliards d’utilisateurs par mois. Alors Facebook, institution ou phénomène en déclin ? Pierre Mercklé, sociologue, maître de conférences à l’Ecole normale supérieure de Lyon répond aux questions de RFI.

    RFI : Est-ce qu’il est aujourd’hui raisonnable de parler d’un déclin de Facebook ?

    Pierre Mercké : Non, je ne pense pas. Pour employer des mots à la mode, on pourrait parler de ralentissement de la croissance ou de baisse de la croissance exponentielle. Mais bon, on parle toujours d’une croissance, c’est très clair. La seule chose, quand on regarde les courbes d’augmentation du nombre d’utilisateurs, on remarque simplement que le nombre d’utilisateurs croît un petit peu moins vite qu’avant. Autrement dit, au lieu d’être exponentielle, l’augmentation ralentit. Mais ça veut peut-être simplement dire qu’on se dirige vers un taux d’utilisation ou de saturation. On n’aura jamais une situation où tout le monde sera sur Facebook. Ça veut peut-être dire que ça devient un outil commun. Je crois que ça n’a pas plus de sens que de parler, à un moment donné du déclin du téléphone, parce que la croissance du téléphone n’a plus été exponentielle. Je crois qu’on est dans cet ordre d’idées en fait.

    Plutôt une saturation, est-ce que ça veut dire aussi que les gens restent moins longtemps sur Facebook ?

    Un certain nombre d’utilisateurs restent probablement moins longtemps parce qu’ils sont venus voir, l’outil ne correspondait pas forcément aux usages qu’ils en attendaient ou qu’ils en imaginaient. Ils vont sur d’autres moyens de communication, parce que ce sont des outils et qu'on peut en changer. Il y a aussi une part d’utilisateurs qui y passent un temps  relativement constant. Ce qu’on peut dire aussi, c’est qu'il s'agit d'une question d’âge aussi, une question de cycle de vie. Facebook a dix ans, et ça veut dire que les premiers utilisateurs de Facebook ont dix ans de plus que quand ils ont commencé à l’utiliser. Donc ils vieillissent, ils ont des enfants, ils ont d’autres activités. Ils étaient peut-être très présents à un moment donné. Ils ont dix ans de plus, ils font autre chose.

    → A (RE)ECOUTER : Facebook, le média des médias

    Est-ce que le profil justement, a changé ? Est-ce qu’ils sont toujours aussi accrocs ?

    Là où les plus âgés étaient très, très rares il y a quelques années, ils sont un peu mois rares aujourd’hui. D’abord parce que donc les jeunes utilisateurs ont vieilli puis aussi parce que des utilisateurs plus âgés y viennent. Dans tous les phénomènes d’innovation on constate cela. C'est-à-dire qu’il y a un point de basculement dans les courbes de diffusion. Au-delà de ce point, ceux qui ont été longtemps ou plus longtemps que les autres réticents y viennent parce qu’il faut communiquer. Donc typiquement on va avoir des grands-parents qui n’ont pas particulièrement une passion pour Facebook et qui n’ont pas envie forcément de s’exposer à longueur de journée sur Facebook, mais qui peuvent souhaiter tout simplement communiquer avec leurs petits-enfants. Et leurs petits-enfants sont là et ils n’utilisent plus le mail. Donc on va aller mettre un post sur Facebook, voir la photo du nouveau-né sur Facebook parce que c’est là qu’elle est.

    Même s’il y a des réseaux rivaux, surtout en termes de photos par exemple ?

    On est avec Facebook dans un usage qui est relativement installé. J’exagère, mais Facebook c’est presque un nom commun comme le téléphone ou le courrier. Et ça reste quand même de très, très loin le réseau social multi-usages dominant.

    On se souvient du lancement notamment chez certains parents :  il y avait de la retenue au niveau de la confidentialité. Est-ce que c’est quelque chose qui fait encore blocage ?

    Je crois que ce n’est pas quelque chose qui fait blocage, mais c’est quelque chose qui continue à inciter légitimement à la prudence et aussi à l’éducation aux médias. Ça ne concerne même pas seulement Facebook et ça ne concerne même pas seulement internet. C’est l’idée que quand on utilise des outils de communication il faut avoir une représentation aussi claire que possible des usages publics, privés qu’on en fait, des modes de diffusion des informations qu’on y fait circuler. Et ce qu’on peut dire, c’est que la connaissance de ce que Facebook et d’autres outils ont fait à la notion d’intimité ou de vie privée est meilleure qu’avant quand même. Je crois aussi que les institutions, y compris l’institution scolaire, sait aussi mieux éduquer qu’avant, à ces questions-là. Tout n’est pas parfait. De nouvelles générations arrivent. Ça fait partie de ce qu’on peut appeler l’éducation d’une façon générale. 

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