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    Technologies

    #Euromaïdan : une révolution en ligne

    media Image de la vidéo de Mustafa Nayyem, journaliste ukrainien d’origine afghane le 30 novembre dernier. @YouTube

    Facebook pour lancer la révolution, les smartphones pour la filmer, les chaînes de télé web pour la suivre en direct ou encore Instagram pour publier les photos de la résidence abandonnée du président en fuite, une fois le régime tombé. En Ukraine, la révolte de la place Maïdan à Kiev s’est transformée en celle de l’internet et des réseaux sociaux.

    En Ukraine, à Kiev, tout a commencé avec un statut Facebook rédigé par Mustafa Nayyem, journaliste ukrainien d’origine afghane. « Après avoir discuté tous ensemble nous avons décidé qu’à partir de demain nous allions nous réunir à 18 heures !!! Pendant la journée ceux qui pourront vont faire la garde. Faites suivre aux autres. Merci ». Le message publié le lendemain du 21 novembre, après la décision du président Viktor Ianoukovitch de ne pas signer un accord d'association avec l'Union européenne, va entraîner sur la place de l'Indépendance de Kiev des centaines et des milliers de manifestants qui vont devenir des dizaines de milliers, quelques jours plus tard.

    Mustafa Nayyem est également un des fondateurs de Hromadske TV, une chaîne de télé web qui est devenue, elle aussi, un des symboles de cette révolution. Son nom veut dire « télé sociale » ou « citoyenne » en ukrainien. Créée en été 2013 par un groupe de journalistes indépendants, elle a été financée par crowdfunding et des fondations internationales (mais aussi par l’ambassade des Etats-Unis à Kiev qui les a financé à la hauteur de 400 000 grivnas en septembre 2013, soit environ 40 000 euros). Hromadske TV est devenue une source indispensable pour suivre le mouvement contestataire en Ukraine. Avec des caméras et des correspondants dispersés dans des endroits différents de Kiev, des invités et des experts en studio, des appels sur Skype et des retransmissions en direct sur YouTube, la chaîne, a été constamment citée par les plus grosses agences russes et ukrainiennes. La vidéo de Mustafa Nayyem montrant la dispersion des manifestants, le 30 novembre dernier, a comptabilisée presque un million de vues sur YouTube.

    «Nécessité des médias indépendants»

    On a également vu apparaître d’autres chaînes en streaming (lecture en continu), comme Espresso TV dont les flux, étaient repris par les chaînes de télé russes et ukrainiennes. « L’Euromaïdan a montré la nécessité des médias indépendants en Ukraine», explique à RFI Iryna Slavinska, journaliste à Hromadske Radio et Ukraïnska Pravda. «En fait, tous les médias dit « traditionnels » en Ukraine sont partagés entre les oligarques et servent, ainsi, les intérêts des groupes politiques soutenus par leurs propriétaires ». « Les médias qui appartiennent à l’Etat se sont depuis longtemps transformés en voix propagandistes qui changent la tonalité de leur contenu avec le changement des autorités dans le pays », note-t-elle. Malgré les deux noms identiques Hromadske TV et Hromadske Radio, ce sont deux rédactions différentes. « Mais nous sommes deux équipes amicales et partageons les mêmes valeurs et les mêmes principes », insiste Iryna.

    « Si nous étions aussi solicités, c’est parce qu’à partir du 21 novembre dernier chaque Ukrainien a ressenti un manque d’information pour comprendre ce qui se passait », analyse la jeune journaliste. Hromadske TV a introduit la pratique des streamings que n’importe quel volontaire possédant un smartphone ou une tablette pouvait assurer pour eux. A Hromadske Radio, « nous avons créé une émission Les voix de Maïdan. Dans le cadre cette émission nous avons été les premiers à donner la parole aux simples manifestants, ceux qui campaient sur la place Maïdan sans être des personnes publiques », raconte-t-elle. En outre, selon Iryna, l’objectif de cette radio web, c’est aussi de « s’arrêter sur l’analyse de ce qui se passe, de parler de l’avenir de l’Ukraine. »

    Les réseaux sociaux étaient également plus que jamais utilisés par les manifestants d’Euromaïdan : Facebook, Twitter mais aussi et surtout Vkontakte, principal acteur des réseaux sociaux russophones. Sur Vkontakte, s’organisaient les militants du mouvement nationaliste radical Pravy Sektor avec plus de 300 000 membres dans chacun de deux groupes. Sur Facebook, une page Euromaïdan, SOS a vu le jour, suivie par plus de 80 000 personnes. Les juristes y donnaient des conseils gratuits à ceux qui se faisaient arrêter. Les journalistes et activistes publiaient des informations sur leurs camarades et confrères blessés ou tués. On y cherchait également les disparus de Maïdan. Tout ceux dont on pensait qu’ils pouvaient avoir été enlevés ou torturés par les forces de l’ordre comme c’est arrivé à Dmytro Boulatov, leader du mouvement AutoMaïdan.

    Trois mois debout, jour et nuit, sous la neige et sous la pluie, dans la boue et dans la fumée, dans les tentes et sur les barricades, après presque une centaine de morts et un millier de blessés, Maïdan a tenu. « Maïdan c’est chacun qui y vient», explique Mustafa Nayyem, trois mois après son message sur Facebook dans une interview au portail russe colta.ru. « En quelque sens, chaque habitant de Kiev, voire chaque Ukrainien fait partie du Maïdan, car il peut y venir et exprimer son avis, dire son "oui" ou son "non". Ceux qu’on appelle "les leaders" ne jouent en réalité qu’un rôle auxiliaire ». Pour lui, Maïdan est devenu aujourd’hui « une force politique indépendante ». « Les gens ne partiront pas avant les élections », assure-t-il.

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