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    Le film «The interview», les hackers et l’Internet nord-coréen

    media Le film «The Interview», une comédie américaine qui raconte une tentative d'assassinat sur le dictateur nord-coréen Kim Jong-un. REUTERS/Kevork Djansezian/Files

    Le piratage informatique de Sony Pictures Entertainment, attribué par le FBI au régime de Pyongyang, et la coupure totale d'Internet pendant plus de neuf heures en Corée du Nord, le 23 décembre, ont mis à jour l'existence d'un réseau web dans le pays le plus fermé du monde. Pourtant, l'accès à la Toile reste encore réservé à une poignée de personnes en Corée du Nord.

    Le feuilleton internet de ces dernières semaines aura été celui du film américain The Interview, une comédie américaine qui raconte une tentative d'assassinat sur le dictateur nord-coréen Kim Jong-un. Une comédie qui n'a pas fait rire Pyongyang, qui a tout de suite parlé d'un « acte de guerre ».

    Peu après, la filiale américaine de Sony,  productrice du film, a été attaquée par des cyberpirates. Le président américain Barack Obama a alors promis une riposte, et en début de semaine l’Internet nord-coréen est tombé en panne pendant plus de neuf heures. L’information principale, pour beaucoup, aura été l’existence d’un réseau internet dans le pays le plus fermé au monde.

    Un accès au web limité

    En Corée du Nord, très peu de gens ont accès à Internet : seules un peu plus d’un millier d’adresses IP ont été recensées, contre 112 millions en Corée du Sud. Cet Internet est opéré de Chine par l’entreprise d’Etat China Unicom, et ne passe que par quatre tuyaux - contre, là encore, 150 000 aux Etats-Unis. Y ont accès les membres de l’intelligentsia au pouvoir, mais aussi des étudiants et des scientifiques triés sur le volet.

    Car la Corée du Nord a beau être le pays le plus fermé au monde, il lui faut bien se renseigner sur ce qui est fait à l’étranger dans des domaines aussi variés que l’ingénierie, les innovations technologiques, l’économie ou l’agriculture. Par contre, il y a tout le temps quelqu’un dans une petite pièce à côté pour regarder en temps réel sur quels sites vont ces «internautes». Et pour éviter les défections, ils sont très grassement payés et ont droit, par exemple, à des avantages immobiliers.

    L’intranet « Kwangmyong »

    Ce qui tient véritablement lieu d’Internet en Corée du Nord est un réseau intranet totalement contrôlé par le pouvoir, le « Kwangmyong » (« brillant » en coréen), qui fonctionne avec des logiciels japonais piratés. Moins de 10% de la population y aurait accès pour surfer sur 1 000 à 5 000 sites de propagande, d’éducation et d’archives scannées.

    Petit détail amusant : à chaque fois que le nom du président Kim Jong-un y apparaît, un programme le rend automatiquement plus grand que les autres mots d'environ 20%. Kwangmyong propose aussi un système rudimentaire de courriels, évidemment tous les avec attention par la censure, sachant que, de toute façon, chaque ordinateur personnel est enregistré au bureau de police.

    Un réseau 3G

    Les smartphones sont autorisés et marchent bien en Corée du Nord grâce à un réseau 3G, Koryolink, créé avec une compagnie égyptienne. Deux millions de personnes y seraient abonnées sur 25 millions d’habitants. Mais là encore, seul l’accès à l’Intranet est autorisé.

    Il y a quelques mois, les autorités nord-coréennes avaient interdit aux ambassades étrangères dans le pays d’utiliser un réseau wifi, de peur que les habitants de Pyongyang en profitent pour se connecter au véritable Internet. Certains tentent parfois de s’approcher de la frontière au nord pour attraper, sur des portables de contrebande, le réseau 3G ou le wifi chinois. Pour contourner toutes ces restrictions, les Sud-Coréens envoient des ballons avec des clés USB contenant l'intégralité du Wikipedia sud-coréen.

    Une armée de 1 200 hackers

    Avec toutes ces restrictions, difficile de croire que Pyongyang puisse être soupçonnée d’avoir piraté la firme américaine Sony. Mais la Corée du Nord est comme tous les pays : elle doit pouvoir se protéger de cyber-attaques, elle doit aussi pouvoir les mener. Depuis des années, des hackers sont formés dès leur plus jeune âge. Il y en aurait actuellement 1 200 en Corée du Nord. Depuis son arrivée, Kim Jong-un aurait fait passer les effectifs du secteur cybernétique de l’Etat de 3 à 6 000 personnes.

    Les attaques semblent, certes, difficilement tenables avec un tel réseau. Mais celles, très agressives et efficaces, qui visent la Corée du Sud ces dernières années, et que Pyongyang a toujours niées, sont menées depuis l’étranger (les adresses IP sont souvent chinoises). Selon le site Bloomberg, l’attaque envers Sony aurait été menée en utilisant le wifi d’un hôtel thaïlandais. Mais comme à chaque fois, tout cela reste très opaque, qu’il s’agisse du piratage qu’a connu Sony ou des problèmes du réseau nord-coréen en début de semaine. D'autant qu’il n’est pas exclu qu’il soit tout simplement tombé en panne.

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