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    Le quotidien québécois «La Presse» mise tout sur la tablette

    media «La Presse», un journal québécois de 130 ans, cessera dès le 1er janvier 2016 d’imprimer son contenu sur papier cinq jours par semaine, pour offrir seulement sa version numérique sur tablette à ses abonnés. Capture d'écran

    Au Québec, un quotidien a pris une décision radicale. La Presse, un journal francophone âgé de 130 ans, cessera dès le 1er janvier 2016 d’imprimer son contenu sur papier en semaine pour offrir seulement sa version numérique sur tablette à ses abonnés branchés. Seul le journal du samedi sera imprimé.

    De notre correspondante à Montréal,

    Cela fait plusieurs années que cette révolution se prépare. Il y a cinq ans, La Presse s’est offert un modèle numérique pour tablette exclusif, un outil qui lui aurait coûté presqu’une trentaine de millions d’euros. Graphiques animés, vidéos, diaporamas, extraits sonores, le contenu offert aux utilisateurs de tablettes diffère grandement du contenu papier. D’autant plus que La Presse a embauché une seconde rédaction orientée vers le numérique, avec ses propres informaticiens et graphistes.

    L’atmosphère y ressemble davantage à une entreprise de nouvelle technologie qu’à un journal classique. Au fil des ans, le lectorat de La Presse +, le nom du journal sur tablette, n’a cessé de prendre de l’ampleur. Il tournerait autour de 400 000 utilisateurs par jour qui y consacrent une cinquantaine de minutes à la lecture des articles. Le nombre d’abonnés papier, lui, ne cesse de décliner pour s’établir à environ 80 000 lecteurs. En cessant d’imprimer le journal cinq fois par semaine, La Presse ferait des économies d’environ 20 millions d’euros.

    Un virage audacieux

    Les dirigeants de La Presse affirment que leur auditoire sur La Presse + a progressé de 20 % depuis deux ans. Difficile pour l’instant de savoir si leur modèle est véritablement rentable. Précision importante, l’abonnement à la version numérique du journal est gratuit. Les rentrées d’argent viennent donc exclusivement de la vente de publicité, ce qui risque peut-être à terme de poser des problèmes de déontologie pour les journalistes.

    Des revenus pouraient aussi venir de la commercialisation de l’outil lui-même mis au point par les artisans de la Presse +. Il y a quelques jours, Le Toronto Star, un autre quotidien canadien, a conclu une entente avec le quotidien montréalais pour utiliser une partie de son contenant numérique. D’autres journaux se montrent intéressés comme le USA Today. La rentabilité financière ou non de ce projet reste cependant assez nébuleuse. On sait que le groupe de publications dont fait partie La Presse perd de l’argent. La Presse + a d’ailleurs largement bénéficié de la contribution financière de journaux satellites. En plus, le quotidien est intégré à un très grand groupe d’influence au Canada, Power Corporation qui, lui, réalise des profits impressionnants.

    La Presse mise tout sur la tablette

    La Presse + est conçu essentiellement pour tablettes. Il s’agit d’un choix délibéré des dirigeants : tout miser sur ce support dont certains spécialistes du milieu prédisent déjà la disparition d’ici quelques années. Plusieurs études montrent que les moins de 25 ans ont beaucoup moins l’habitude de lire sur tablette, et préfèrent les téléphones intelligents. Ils consomment également l’information sur des réseaux sociaux comme Facebook plutôt que de fréquenter les sites des grands médias.

    Que se passera-t-il dans quelques années si les lecteurs de La Presse + boudent la tablette ? Peut-être que ce modèle numérique va délaisser la production de nouvelles et d’informations pour devenir un canal de divertissement ou de diffusion d’autres contenus. Pourquoi, par exemple, ne pas imaginer une alliance avec Netflix ou un autre groupe pour diffuser des films, des spectacles, des matches ?

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