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    Technologies

    Collateral Freedom: la stratégie de RSF pour casser la censure en ligne

    media En Chine, internet est particulièrement surveillé. Ici un internaute se heurte à un refus d'accès au site d'un journal indépendant, à Pékin, le 4 janvier 2013. AFP PHOTO

    A l'occasion de la journée contre la censure en ligne, samedi 12 mars, Reporters sans frontières (RSF) a débloqué six sites internet dans cinq pays. Le nom de cette opération, dont c'est la deuxième édition : #CollateralFreedom. Dix points pour comprendre.

    • Quel est l’objectif de l’opération Collateral Freedom ?

    Depuis 2008, l'organisation publie un rapport annuel sur la cybercensure. Mais l’année dernière, changement de stratégie. Reporters sans frontière est passé à l’offensive avec l'opération Collateral Freedom. L’idée : rendre l’information en ligne accessible dans les pays où elle est prohibée par les « ennemis d’Internet ». Concrètement, cela signifie débloquer des sites internet censurés. En 2015, RSF avait rendu accessibles onze sites d’information. Pour cette deuxième édition, six sites ont été débloqués : Radio Free Asia et Defend the Defenders (Vietnam), Sarawak report (Malaisie), Boxun (Chine), Sendika.org (Turquie), European Saudi Organization for Human Rights (Arabie Saoudite).

    • Le travail d'activistes chinois comme source d'inspiration

    RSF s’est inspiré de l'organisation GreatFire, « un projet initié par deux d’activistes chinois pour contourner la fameuse muraille de Chine », l’organe de surveillance et de censure mis en place par le gouvernement, explique Jean-Marc Bourguignon, qui a mis en place l'opération à RSF. Depuis 2013, GreatFire crée des sites miroirs et a mis en ligne les outils qu'elle utilise, notamment le code informatique. Cette année, RSF a organisé un hackathon afin d'améliorer le programme et le rendre plus simple pour permettre à d'autres de s'en emparer.

    • Des sites miroirs, c'est quoi ?

    Pour rendre accessibles ces sites, le principe consiste à utiliser des sites miroirs, c’est-à-dire à dupliquer les médias censurés et à les héberger sur d’autres serveurs, à des adresses différentes. Pour éviter que les pays bloquent à leur tour ces services, GreatFire et RSF désormais ont une stratégie, souligne Jean-Marc Bourguignon : « On utilise des très gros fournisseurs de services type Amazon, Microsoft ou Google. L’avantage avec ces grosses plateformes, c’est qu’il est très compliqué pour les gouvernements de les censurer parce qu’ils s’y amusent, ils se coupent de près d’un tiers de tous les services sur Internet, que ce soit du e-commerce ou des transactions financières par exemple. »

    • Pourquoi l'expression « Collateral Freedom » ?

    « Liberté collatérale » en français. Parce que si les pays persistent à vouloir censurer ces sites, ils subiront des « dommages collatéraux », notamment des conséquences économiques liées au blocages des grosses plateformes (Amazon, Google, etc.), « dont aujourd'hui aucun gouvernement ne peut se passer », pointe le spécialiste de RSF. 

    • Cette technique est-elle imparable ?

    « Malheureusement sur Internet il n’y a pas de technique imparable », selon Jean-Marc Bourguignon. Techniquement, les pays censeurs peuvent toujours bloquer les sites. « Demain la Chine peut bloquer Amazon, mais ils ne le feront pas, croit-il savoir, car ils savent qu’ils auront de gros soucis derrière avec les établissements financiers par exemple. On joue sur ça. » Les sites débloqués en 2015 sont toujours actifs.

    Les treize pays où RSF a débloqué des sites ces deux dernières années. Crédit : RSF

    • Comment les sites débloqués ont-ils été choisis ?

    « Les sites sont choisis par les bureaux recherche de RSF (Asie, Moyen-Orient, etc). On demande en fait à chacun de nous fournir des sites web qui, dans leurs pays, passent de l’information, et sont régulièrement ennuyés par les autorités », indique Jean-Marc Bourguignon.

    • Y-a-t-il eu des réactions ?

    « L’année dernière, certains des sites miroirs ont subi des attaques. Par ailleurs, un de ces services nous a contacté parce qu’un pays l’avait bloqué en réaction et ils nous ont fait une offre commerciale que nous avons refusée. Du coup, le pays a tout simplement arrêté de bloquer le service », rapporte le spécialiste de RSF. L’ONG loue en effet un service à l’hébergeur comme n’importe quel autre client. Mais elle ne prévient pas de la finalité. 

    • Des risques pour les internautes ?

    Pour limiter le risque pour les internautes d'être repérés par les autorités de leur pays, l'URL hébergée sur les serveurs a été « cachée », rendant moins lisible le nom du site censuré. Les autorités peuvent donc seulement voir qu'il y a une connexion à un site de Microsoft ou de Google, par exemple. Mais pas au-delà.

    • Peut-on contribuer à l'opération ?

    Le hashtag #CollateralFreedom doit permettre de faire connaître l'existence des sites miroirs. Et pourquoi pas de permettre à d'autres personnes d'utiliser la même méthode. « Quelqu’un qui bidouille du code et qui sait lire peut débloquer à son tour des sites ou des blogs », confirme le spécialiste. Il met cependant en garde : il faut toujours demander l’autorisation au site que l’on veut « mirrorer ». Pour des questions légales, mais aussi pour ne pas mettre en danger des sites. D'après Jean-Marc Bourguignon, « certains médias ont refusé le déblocage parce qu’ils craignent des représailles ». RSF appelle également les internautes qui le souhaitent à participer financièrement à l'opération.

    •  Une appli pour détecter les sites censurés

    L'organisation de défense de la liberté de la presse a aussi lancé l’application RSF Censorship Detector, « un programme mis au point par deux bénévoles de Brest qui s’installe dans Google Chrome. Il s’agit d’un petit bouton dans le navigateur qui permet automatiquement de détecter si le site que vous allez visiter est potentiellement censuré dans les pays », détaille le spécialiste. Le bouton permet aussi la redirection vers les sites miroirs. L'utilité est double : au-delà des utilisateurs des pays, l'appli permet de « sensibiliser » tout le monde. « Pour que les gens se disent : moi j’ai accès à ce site, mais d’autres personnes ne le peuvent pas ».

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    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.